Les parlementaires creusent le déficit à 5,3 %

Roland Lescure désapprouve le texte voté par le Sénat

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Les sénateurs ont voté le PLF 2026, portant le déficit à 5,3 % du PIB, malgré les objectifs du gouvernement.
  • Le ministre Roland Lescure dénonce une dérive « inacceptable », appelant à des efforts pour réduire le trou budgétaire.
  • Les compromis sur le budget de la Sécurité sociale et les modifications sénatoriales expliquent l’écart avec les prévisions initiales.
  • Une commission mixte paritaire tentera de trouver un compromis vendredi, mais les Français réclament des solutions concrètes.

Lundi 15 décembre 2025, les sénateurs ont donné leur feu vert à une première mouture du Projet de loi de finances (PLF) pour 2026.

Ce vote, acté par 187 voix contre 109, intervient quelques jours après l’épineux budget de la Sécurité sociale, validé in extremis par les députés le 9 décembre dernier.

Le problème est de taille : le texte adopté par la chambre haute porte le déficit du Produit Intérieur Brut (PIB) français à 5,3 %. Une gabegie qui tombe mal alors que l’inflation érode le pouvoir d’achat des Français.

La colère de Lescure

Roland Lescure, ministre de l’Économie, a fustigé cette dérive, la jugeant « inacceptable ». S’agissant du trou budgétaire incontrôlé, le ministre a d’ailleurs lancé, furieux, depuis la tribune :

Avec le budget que vous venez de voter, ça ne passe pas.

Les élites parlementaires s’offrent des accords coûteux, alors que le contribuable trinque, coincé entre une dette explosive et des prix qui flambent au quotidien.

Le gouvernement Lecornu II visait initialement un déficit plafonnant à 4,7 %, ce qui aurait nécessité de dégager environ 30 milliards d’euros d’économies. Les sénateurs ont toutefois torpillé cet objectif ambitieux.

Pour tenter d’atteindre un palier intermédiaire, fixé à 5 % ou moins, l’exécutif mise désormais sur les travaux d’une commission mixte paritaire (CMP), composée de députés et sénateurs, dont la réunion se tiendra vendredi 19 décembre.

Roland Lescure insiste :

Il faut qu’on trouve une manière de se sortir de cette ornière (…) Je suis persuadé qu’on peut le faire, mais on va avoir besoin des efforts de tout le monde.

Compromis et mesures controversées

La différence entre les projections gouvernementales et le texte finalement adopté s’explique par les compromis concédés sur le budget de la Sécurité sociale, ainsi que par les modifications spécifiques apportées par les sénateurs, notamment concernant la taxation des holdings.

Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, tente de tempérer les débats. Elle déclare :

L’instabilité a un prix, la stabilité en a un aussi : celui de croire au compromis. Je le crois possible, je le souhaite.

L’appel de Lescure à un sursaut en commission mixte paritaire résonne comme un vœu pieux.

Les Français, eux, attendent des efforts réalistes, pas des reniements qui pèsent sur leurs épaules jour après jour.

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