🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le gouvernement, face à la grogne des agriculteurs, organise une réunion d’urgence. Le Premier ministre s’implique, mais les éleveurs restent sceptiques.
- Les contestations sont alimentées par l’abattage systématique des troupeaux et le traité de libre-échange avec le Mercosur.
- Les négociations échouent, renforçant les blocages. Cinq autoroutes perturbées, les agriculteurs déterminés à continuer leur mouvement.
Le gouvernement, tâtonnant sur la réponse à apporter à la contestation paysanne, semble bien impuissant.
Jusque-là en retrait, le Premier ministre a décidé de s’impliquer plus franchement.
Il a convoqué, ce mardi 16 décembre dans la matinée, une réunion d’urgence à Matignon.
Plusieurs ministres et préfets ont répondu à cet appel : Annie Genevard (Agriculture), Laurent Nuñez (Intérieur), Gérald Darmanin (Justice), Laurent Panifous (Relations avec le Parlement), Maud Bregeon (porte-parole), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Nicolas Forissier (Commerce extérieur), et Benjamin Haddad (Europe).
Ces conciliabules sentent plus le show de communication que la vraie prise en compte du ras-le-bol des campagnes.
La ministre de l’Agriculture tente de désamorcer la tension, assurant publiquement : « Le gouvernement ne sous-estime pas la crise agricole », a-t-elle martelé sur Sud Radio ce 16 décembre.
Abattages et Mercosur : le foyer de la colère
La contestation se nourrit de deux fronts majeurs. D’une part, les agriculteurs sont échaudés par l’imminence de la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur qui doit intervenir cette semaine.
D’autre part, ils sont révoltés par les consignes de l’État concernant la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Pour tenter d’endiguer cette maladie, les autorités prévoient l’abattage systématique des troupeaux dès lors qu’un animal est contaminé. Une décision jugée absurde et injuste par les éleveurs.
Annie Genevard s’est rendue à Toulouse le 15 décembre pour échanger avec les premiers concernés.
Ce dialogue de deux heures avec des éleveurs furieux a permis à la ministre d’ouvrir la porte à une évolution des procédures.
Elle met toutefois en garde contre tout relâchement : « La sécurité sanitaire doit nous guider ».
Surtout, elle annonce la mise en place d’une « cellule de crise ». Le but de cette structure sera de « mettre autour d’une même table des experts en santé animale et des représentants des agriculteurs » pour discuter de solutions alternatives à l’abattage systématique. Ces promesses n’ont cependant pas suffi à rassurer les éleveurs.
L’Échec des négociations durcit les blocages
L’entrevue avec la ministre a laissé un goût amer. Les agriculteurs en colère sont sortis de la réunion tout aussi remontés.
Christophe Goizet, porte-parole de la Confédération paysanne en Ariège, a livré un témoignage sans concession au micro de Pyrénées FM :
On a été méprisés. Annie Genevard a fait une conférence de presse avant la réunion. Elle n’avait pas envie de regarder notre protocole, c’était deux heures de réunion pour rien, sauf pour nous montrer jusqu’où elle est capable de pousser son mépris.
Sébastien Durand, patron de la Coordination rurale locale, a renchéri, pointant la posture de la ministre :
Au début elle nous a pris par la tristesse, on a presque cru qu’elle allait pleurer. Mais très vite elle nous a manqué de respect. C’est invraisemblable.
Pendant ce temps, les blocages continuent et s’enracinent. Guillaume Bénazet, secrétaire des Jeunes agriculteurs en Haute-Garonne, a été clair auprès de l’AFP :
Tout ce qu’on avait proposé, notamment la fin de l’abattage total, rien n’a été étudié. Donc on continue. Les blocages ne sont pas prêts de se lever.
En Haute-Garonne, l’autoroute A64 est toujours bloquée au niveau de Carbonne, sur 180 kilomètres.
Les agriculteurs y ont passé leur quatrième nuit. À quelques kilomètres, à Muret, de la terre et des bottes de paille ont été installées sur la chaussée par une intersyndicale large (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne).
Selon un décompte du Figaro, cinq autoroutes sont perturbées à travers le territoire. Une manifestation est également en cours sur un passage à niveau à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne).
Elle bloque les circulations entre Toulouse et Castelnaudary sur l’axe Bordeaux-Marseille, a indiqué SNCF Réseau.
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