Le grand retour de Macron à Marseille : entre guerre des gangs et chantiers pharaoniques

Le grand retour d'Emmanuel Macron à Marseille

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Emmanuel Macron revient à Marseille pour lutter contre le narcotrafic et la violence meurtrière. Découvrez ses actions sur le terrain.
  • Le président inaugure un nouveau commissariat et agrandit la prison des Baumettes. Un engagement fort contre le crime.
  • Il fait le point sur « Marseille en grand », un projet pharaonique de 5 milliards d’euros. Suivez les avancées et les critiques.
  • Macron aborde aussi la régulation des réseaux sociaux et l’interdiction aux moins de 15-16 ans. En savoir plus sur ses propositions.

Emmanuel Macron a posé pied à Marseille ce midi pour sa cinquième escale en un mois, poursuivant ses échanges directs avec les lecteurs de la presse régionale, après Toulouse, Arras, Mirecourt et Saint-Malo.

Le chef de l’État revient dans la cité phocéenne, épicentre des trafics illicites qui gangrènent le quotidien, sur ses deux grands chevaux de bataille du moment : la lutte contre les narcotrafiquants et la régulation des réseaux sociaux.

Sur le terrain, il inaugure un nouveau commissariat ainsi que l’agrandissement de la prison des Baumettes.

Marseille est en première ligne dans la lutte contre le narcotrafic et la violence meurtrière qui l’accompagne. Ces projets s’inscrivent dans le sillon du méga-projet urbain « Marseille en grand », lancé en 2021.

L’onde de choc de l’assassinat et la rhétorique de guerre

L’assassinat de Mehdi Kessaci, le 13 novembre dernier à Marseille, a tétanisé la ville et frappé les esprits dans le reste de l’hexagone, désormais gagné par la multiplication des faits criminels liés au narcotrafic.

L’exécutif a promis une bataille sans merci en la matière, semblable à celle menée contre le terrorisme. Le gouvernement a saisi cette tragédie pour hausser le ton.

« C’est une guerre que nous menons », martèle le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Emmanuel Macron renchérit : « L’État gagnera cette nouvelle bataille ».

Ces déclarations interviennent alors que le chef de l’État, en retrait des enjeux de politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, a pris les devants sur ce sujet.

Il a réuni à deux reprises ministres et acteurs concernés à l’Élysée depuis l’assassinat.

Depuis janvier, 17 personnes sont mortes dans des violences liées au trafic de drogue dans les Bouches-du-Rhône, selon un décompte de l’AFP.

Amine Kessaci, lui-même figure de la résistance locale, a lancé un « appel aux décideurs » sur Ici Provence pour que soit mise en place « une convention citoyenne de la lutte contre le narcotrafic pour justement créer un espace de parole et de donner la parole » aux habitants.

Le président aborde également la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux. Il veut interdire l’accès aux jeunes de moins de 15 ou 16 ans.

« Marseille en grand » : un bilan contesté entre ambitions et réalités

Emmanuel Macron fera aussi le point sur le plan « Marseille en grand », lancé en grande pompe en 2021 pour aider la cité phocéenne à rattraper ses retards, avec cinq milliards d’engagements de l’État à la clé. Ce méga-projet patine encore sous le poids des coûts exorbitants et des retards chroniques.

La Cour des comptes a dénoncé en octobre 2024 un suivi « indigent » et un « défaut de cohérence » de cette initiative.

Elle est destinée à rénover les écoles insalubres, développer les transports en commun, réduire la fracture géographique et sociale entre quartiers nord et sud et renforcer les effectifs de police.

Le président balaie les critiques. Il a répliqué, la veille de sa visite dans La Tribune Dimanche :

Nul ne peut nier que les choses bougent et que l’État est au rendez-vous avec constance et sans tergiverser.

L’Élysée assure que les deux-tiers des crédits sont désormais engagés.

La Présidence souligne la livraison de 15 écoles, des projets en cours sur 86 autres, ou l’arrivée de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône.

Il visitera aussi le chantier d’extension de la gare Saint-Charles, un investissement de 3,6 milliards d’euros avec gare souterraine, espaces végétalisés, jardins et zones piétonnes.

Cependant, l’impatience grandit chez les élus. Benoît Payan, maire divers gauche de Marseille, a critiqué ouvertement sur France Inter :

Le compte n’y est pas. Depuis un an, on a vu une doctrine du ministère de l’Intérieur qui n’a pas mis le paquet comme le paquet aurait dû être mis sur le narcotrafic.

Le maire a également redemandé que le futur Parquet national contre la criminalité organisée (Pnaco) soit installé à Marseille. Il a aussi réclamé « des effectifs stables de police judiciaire pour remonter les pistes de blanchiment ».

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