Selon un rapport publié mercredi par l’Institute for Policy Studies (IPS), les trois Américains les plus riches – Jeff Bezos, Bill Gates et Warren Buffett – possèdent désormais plus de richesse que la moitié la plus pauvre de la population américaine, soit environ 160 millions de personnes.

Les « 60 familles » américaines, dont l’énorme richesse avait été révélée en 1923 par le journaliste Ferdinand Lundberg, ont été remplacées par seulement trois milliardaires dont la richesse combinée est de plus de 264 milliards de dollars.

Le rapport de l’Institute for Policy Studies, « Billionaire Bonanza: The Forbes 400 and the rest of us » (Aubaine pour les milliardaires : Les 400 de Forbes et le reste d’entre nous), révèle que les 25 Américains les plus riches sont plus riches que les 56 % les moins riches de la population des États-Unis. La valeur nette des 400 plus riches est à peu près égale à celle des deux tiers des moins riches du pays, soit un total de 200 millions de personnes. Selon les auteurs du rapport, les États-Unis sont devenus « une aristocratie héréditaire de la richesse et du pouvoir ».

La concentration sans précédent de la richesse est un phénomène international. Oxfam a rapporté en juin 2017 que les 5 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, contre les 80 personnes les plus riches en 2015. Aujourd’hui, chacun des 5 premiers milliardaires possède autant que 750 millions de personnes, plus que la population totale de l’Amérique latine et le double de la population des États-Unis.

Wealth share by wealth decile. Credit: People’s Policy Project

Le rapport de l’IPS explique que les données américaines « sous-estiment nos niveaux actuels de concentration de la richesse » parce que « l’utilisation croissante des paradis fiscaux et des fiducies [transferts temporaires de propriété] à l’étranger a rendu la dissimulation des actifs plus répandue que jamais auparavant. Un rapport de 2017 publié par Alstadsaeter, Johannesen et Zucman et intitulé « Qui possède la richesse dans les paradis fiscaux ? » estime que les super-riches du monde possèdent entre 5700 et 32 000 ​​milliards de dollars cachés à la fiscalité ou aux analyses statistiques.

Alors que les super-riches dominent, les 90 % les plus pauvres font face à des difficultés et à des crises qui ne varient qu’en termes d’immédiateté. Le rapport de l’IPS mesure la valeur nette des familles ouvrières en soustrayant la valeur des biens durables comme les automobiles, les appareils électroménagers et les meubles. Selon leurs estimations, plus de 19 % des ménages américains – environ 60 millions de personnes – ont une « valeur nette de zéro ou négative » lorsque les biens durables en sont soustraits.

Au-delà des 20 % les plus pauvres, le rapport explique que « même les familles à revenu faible et moyen qui ont une certaine richesse n’ont souvent pas de liquidités – liquidités ou épargne – à leur disposition. Plus de 60 % des Américains déclarent ne pas avoir suffisamment d’économies pour couvrir une urgence de 500 dollars. »

Même au-dessus des quelque 200 millions de personnes sans épargne, les conditions des personnes entre le 60ᵉ et le 90ᵉ centiles sont également difficiles. L’essentiel de cette partie de la valeur nette de la classe ouvrière découle des investissements en matière de logement, et lorsque celle-ci est soustraite, la plupart manquent de suffisamment de ressources pour survivre après quelques années de retraite. Selon une étude récente du Census Policy Institute sur les données du recensement, l’épargne-retraite s’est effondrée ces dernières années dans tous les tranches d’âge.

Le rapport de l’IPS s’appuie sur les données de l’Enquête sur les finances des consommateurs de la Réserve fédérale américaine, que le World Socialist Web Site a analysé en détails le mois dernier. Alors que les hyper-riches ont accumulé de vastes sommes, une couche plus large, comprenant les 10 % les plus riches, s’est aussi considérablement enrichie ces dernières années au détriment des masses laborieuses. Les 10 % les plus riches des États-Unis – la base sociale et politique pour les politiques de genre et d’identité – possèdent 77,1 % de la richesse totale, tandis que les trois quarts inférieurs en possèdent seulement 10 %.

L’explosion de l’inégalité sociale n’est pas un processus accidentel. C’est le fruit d’une campagne de plusieurs décennies menée par les partis démocrate et républicain pour transférer des milliers de milliards de dollars de la classe ouvrière dans les poches des riches. Les « réussites » des deux partis au cours des quarante dernières années sont une litanie de réductions d’impôts pour les riches, de coupes dans les programmes sociaux, la désindustrialisation de vastes régions du Midwest, l’éviscération des règlements encadrant les grandes entreprises et la dépense de milliards de dollars pour la guerre impérialiste, la surveillance de l’État, la déportation et l’incarcération massives.

L’administration Obama a marqué une étape dans cette longue contre-révolution sociale définie par le sauvetage de Wall Street en 2008-2009, la restructuration de l’industrie automobile en 2009 et la faillite de Détroit en 2013-14. Avec l’aide de l’administration démocrate, l’élite dirigeante s’est enrichie en profitant de la crise financière.

En conséquence, les États-Unis sont maintenant une oligarchie. Grâce à son immense richesse et au contrôle des grandes sociétés, les super-riches ont établi une domination totale sur toutes les institutions officielles du pouvoir politique, culturel et intellectuel.

Les tribunaux, le congrès et le président agissent non seulement au nom d’intérêts concurrents au sein de l’aristocratie ; ils sont de plus en plus directement dirigés par des millionnaires et milliardaires, comme c’est représenté le plus directement dans la figure de Donald Trump. L’armée mène une guerre permanente à travers le monde pour protéger les profits des entreprises. Les médias traditionnels ne sont rien de plus que le service de propagande officielle de l’oligarchie américaine. Les syndicats, à leur manière typiquement brute et corrompue, sont payés par les entreprises pour surveiller les travailleurs et réprimer l’opposition.

Les obsessions et les préoccupations de cette couche privilégiée de la population sont totalement étrangères aux préoccupations des 90 % les plus pauvres. Le coût des soins de santé monte en flèche ; des milliers de familles d’immigrants sont déchirées chaque semaine par la déportation ; près de 100 personnes meurent chaque jour d’abus d’opiacés ; la dette étudiante écrase toute une génération ; des millions sont dévastés par les inondations, les incendies et les ouragans ; des États entiers ont été dépouillés de leurs cliniques pour femmes ; un ancien combattant se suicide toutes les 80 minutes ; et ainsi de suite.

Le Congrès ne tient aucune audition sur ces sujets. Leurs calendriers sont replis d’audiences sur l’ingérence présumée de la Russie dans la politique américaine et la nécessité de mettre les médias sociaux et les entreprises technologiques au pas en censurant les médias anti-establishment. Les démocrates et les républicains travaillent sans relâche pour parvenir à un accord sur un projet de loi fiscale qui remettra des milliers de milliards aux riches et aux sociétés, les républicains du Sénat ayant annoncé leur version jeudi.

La croissance astronomique des inégalités et l’absence de mécanismes institutionnels permettant à la population de satisfaire ses revendications sociales font présager une explosion historique de la lutte des classes. Des grèves et des protestations impliquant des dizaines de millions de travailleurs et de jeunes sont inévitables, mais elles doivent être guidées par un programme socialiste.

La richesse des milliardaires doit être expropriée et redistribuée à ceux qui en ont besoin. Les sociétés au moyen desquelles ils tirent leurs richesses doivent être saisies, placées sous contrôle démocratique et réorganisées par les travailleurs eux-mêmes pour subvenir aux besoins publics et non pour le profit privé.

Des entreprises comme Amazon, de Bezos, peuvent être utilisées pour livrer des médicaments, de la nourriture, de l’eau et du matériel de construction aux zones sinistrées et aux zones pauvres. Les logiciels de l’entreprise de Bill Gates, Microsoft, ou d’autres qu’ils pourraient développer, peuvent être utilisés pour introduire un niveau d’organisation sociale sans précédent dans l’économie mondiale, permettant de contrôler la production pour éliminer la rareté de toutes les ressources de base et réparer les dégâts causés à l’environnement. Toutes les industries peuvent être utilisées pour servir les intérêts de l’humanité.

Sous le socialisme, dans toutes les industries et dans tous les pays, les travailleurs se réuniront dans leurs ateliers, leurs usines et leurs bureaux pour élaborer une perspective pour unifier les forces productives mondiales dans la poursuite de l’égalité et du progrès. Mais la classe dirigeante n’abandonnera pas volontairement sa richesse. Pour rejoindre la lutte pour le socialisme, contactez-nous aujourd’hui.

Un commentaire

  • Dans le Delacroix (non sur les tableaux des billets de banque, anciens) , qui guide le Peuple, * la Liberté ou un parti politique, * une riche ou une pauvre* un républicain ou un démocrate (tant ces mots sont délavés à force d'avoir été traînés dans la boue et pas seulement des tranchées....)Répondre à cette question, c'est trouver la solution au "que devons nous faire?". Et c'est valable, chez nous, comme chez les ricains ou tout autre.... Le flambeau s'est apparemment éteintBon courage sur l'Alya de la Liberté.https://wp.me/p4Im0Q-2aV