🔥 Les essentiels de cette actualité
- La visite de Vladimir Poutine en Inde renforce une coopération immense, malgré les sanctions américaines sur les achats de pétrole russe.
- Les discussions incluent l’industrie aéronautique, la défense et l’énergie, avec des négociations sur des chasseurs et des systèmes antiaériens.
- L’Inde, en quête d’un ordre multipolar, maintient ses liens avec la Russie et résiste aux pressions occidentales.
Le président russe Vladimir Poutine a été accueilli jeudi en ami en Inde, une visite qui confirme la profondeur d’une coopération qu’il juge lui-même « immense ».
Ce déplacement intervient dans un climat de tension inédit. Les États-Unis ont imposé des sanctions douanières à New Delhi.
Ces mesures punitives sanctionnent l’Inde pour ses achats massifs de pétrole russe
Vladimir Poutine, qui ne s’était plus rendu dans la capitale indienne depuis 2021 a été personnellement accueilli à l’aéroport par le Premier ministre Narendra Modi.
En soirée, un dîner privé devait précéder les entretiens officiels prévus pour le lendemain.
Le chef de l’État russe a exprimé sa « grande joie » de retrouver son « ami » Modi, comme il l’a confié à India Today avant son départ.
Il a réitéré que « l’étendue de notre coopération avec l’Inde est immense », citant des secteurs stratégiques comme l’industrie aéronautique, la construction navale, l’énergie nucléaire et l’exploration spatiale.
Le maître du Kremlin est notamment accompagné de son ministre de la Défense, Andreï Belooussov, en vue de discussions probables sur l’acquisition de chasseurs et de systèmes antiaériens.
L’axe énergétique : une aubaine pour l’Inde
Le Premier ministre Modi a salué son homologue sur X : « Ravi d’accueillir mon ami, le président Poutine. Je me réjouis de nos échanges ce soir et demain. »
Il a ensuite souligné la solidité de leur lien : « L’amitié indo-russe est une amitié éprouvée par le temps qui a grandement profité à nos peuples. »
Une photo des deux dirigeants dans leur voiture officielle a illustré cette affirmation.
L’énergie figure en tête des sujets de discussion. L’Inde est l’un des principaux importateurs de pétrole russe.
Elle va à contre-courant des mesures de rétorsion imposées par les Occidentaux à cause du conflit ukrainien.
L’Inde, qui importe 85 % de l’or noir qu’elle consomme, y a trouvé un moyen d’obtenir ses fournitures à un prix avantageux.
En 2024, la Russie a livré aux raffineries indiennes 36 % du brut qu’elles utilisent, selon les données de la plateforme d’informations commerciales Kpler.
La défense, le commerce et l’équilibre délicat
Le volet défense reste essentiel. Même si l’Inde se tourne vers d’autres fournisseurs, y compris la France, et privilégie l’autoproduction, la Russie demeure une source majeure de matériel militaire.
Selon l’Institut international de Stockholm pour la recherche sur la paix (SIPRI), la part des équipements russes dans l’arsenal indien a reculé de 76 % sur la période 2009-2013 à 36 % en 2019-2023.
Malgré ce recul, la confrontation militaire avec le Pakistan en mai a réaffirmé l’intérêt de New Delhi pour l’achat de nouveaux missiles sol-air russes de type S-400. M. Peskov a assuré que ce sujet « sera évoqué pendant la visite ».
La presse indienne a également mentionné l’intérêt de l’armée indienne pour le chasseur russe de 5e génération Su-57.
Le commerce bilatéral a atteint un record de 68,7 milliards de dollars sur l’année 2024-2025, faisant de la Russie le quatrième partenaire commercial de l’Inde.
Cependant, le déséquilibre est frappant : plus de 90 % de cette somme, soit 63,8 milliards de dollars, correspond aux importations indiennes, principalement des hydrocarbures.
L’Inde exporte en retour des produits comme des machines-outils et des médicaments.
L’aspiration indienne à un ordre multipolaire
Jusqu’à présent, l’Inde a évité de condamner ouvertement la Russie dans le conflit ukrainien, tout en réussissant à maintenir ses liens avec l’Europe et les États-Unis.
Le chef du gouvernement indien a par ailleurs affirmé son attachement à un ordre mondial « multipolaire », résistant aux injonctions occidentales à rompre avec la Russie.
Poutine a lui aussi évoqué la question ukrainienne, en soulignant que les négociations avec les États-Unis représentent « une tâche complexe, une mission ardue que le président Trump s’est lui-même donnée ».
Faisant allusion aux Européens que Moscou accuse de vouloir empêcher un accord, il a ajouté : « Parvenir à un consensus entre des parties en conflit n’est pas chose aisée mais je crois que le président Trump s’y emploie sincèrement. Je pense que nous devons nous engager dans cet effort plutôt que d’y faire obstruction. »
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