L’Amérique abandonne l’Europe à son sort face à la Russie et à ses propres démons

La Russie salue la nouvelle doctrine américaine

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La nouvelle stratégie américaine épargne la Russie et critique l’Europe, marquant une rupture avec les précédentes politiques.
  • Le document souligne un « effacement civilisationnel » en Europe dû à l’immigration, provoquant des réactions vives des eurodéputés.
  • Les États-Unis promettent un réajustement de leur présence militaire, laissant l’Europe face à ses responsabilités.
  • Des pourparlers en Floride pour la paix en Ukraine échouent, sous la pression de la vision imposée par Washington.

La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine, dévoilée vendredi dernier, a été accueillie avec un enthousiasme significatif par les autorités russes ce dimanche 7 décembre.

Ce document stratégique, que chaque nouvelle administration américaine présente traditionnellement, marque cette fois une rupture claire avec les habitudes précédentes.

Cette stratégie, reflétant le nationalisme affirmé de la présidence Trump, épargne la Russie.

Elle omet de la qualifier de « menace directe ». En contrepartie, elle critique ouvertement l’Europe.

Néanmoins, l’Europe est simultanément encouragée à retrouver sa propre puissance d’antan.

C’est une aubaine pour Moscou. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a exprimé une satisfaction prévisible.

Il a déclaré que ces ajustements « sont globalement conformes à notre vision ».

Peskov a ajouté espérer que la nouvelle orientation de Washington puisse permettre à la Russie de « poursuivre de manière constructive le travail commun (avec les États-Unis) pour trouver un règlement pacifique en Ukraine ».

Cette révolution diplomatique confirme l’essoufflement de l’ordre mondial façonné par les élites occidentales.

La critique de l’Europe et la politique America First

Le texte diffusé par le gouvernement américain réaffirme officiellement sa « stratégie de sécurité nationale » en plein accord avec la position de Donald Trump en faveur de « l’Amérique d’abord ».

Loin d’être timide, le document s’en prend vivement aux Européens. Il soutient que le Vieux continent est confronté à un « effacement civilisationnel » dû aux vagues migratoires.

Cette mise au point salutaire pour certains a déclenché de vives réactions du côté européen.

« Ce document est inacceptable et dangereux. L’administration Trump n’a pas à se mêler de nos politiques intérieures », a notamment taclé sur X l’eurodéputée et présidente du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen, Valérie Hayer.

La « stratégie de sécurité nationale » américaine touche un point sensible. Nos élites s’offusquent quand on leur parle d’invasion migratoire, mais beaucoup de citoyens constatent les conséquences de cette politique des frontières passoires.

Les eurocrates peuvent s’indigner de l’ingérence américaine. Ils feraient mieux d’écouter leurs électeurs.

Le document américain dit tout haut ce que nombre d’Européens pensent tout bas depuis des années.

Pendant que nos dirigeants s’émeuvent d’un rapport venu d’outre-Atlantique, les problèmes concrets liés à l’immigration massive restent sans réponse. Nos élites préfèrent s’offusquer plutôt que d’agir.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a tenté d’arrondir les angles.

Elle a estimé que « les États-Unis restent notre plus grand allié (…) nous n’avons pas toujours été d’accord sur différents sujets, mais je pense que le principe général reste le même. Nous sommes les plus grands alliés et nous devons rester unis ».

Derrière ces belles paroles se cache un message plus révélateur des ambitions bruxelloises.

En revanche, « l’Europe a sous-estimé son propre pouvoir. Vis-à-vis de la Russie, par exemple (…) nous devrions avoir davantage confiance en nous », a-t-elle affirmé.

Ces déclarations interviennent alors que l’UE peine à masquer son embarras face à Trump.

Le virage stratégique des États-Unis

Ce document marque une nette rupture par rapport à la dernière stratégie américaine, publiée par Joe Biden en 2022.

Celle-ci mettait l’accent sur l’acquisition d’un avantage compétitif sur la Chine et qualifiait la Russie de « dangereuse ».

La nouvelle stratégie, en revanche, ne donne « aucune évaluation » de la menace russe, souligne auprès de l’AFP Kristine Berzina, du cercle de réflexion German Marshall Fund, basé à Washington.

Le document évoque « l’anxiété européenne vis-à-vis de la Russie », mais « ne précise pas si les États-Unis s’inquiètent d’une éventuelle agression russe, alors que cela devrait être une préoccupation pour les États-Unis, non seulement en Europe, mais aussi dans l’Arctique, au Moyen-Orient, en Afrique et dans le Pacifique », souligne cette chercheuse.

Le document promet également qu’il n’y aura pas d’élargissement de l’Otan, anéantissant une fois de plus les espoirs de l’Ukraine.

Le virage stratégique est confirmé par la promesse d’un réajustement de la présence militaire mondiale :

Un réajustement de notre présence militaire mondiale pour répondre aux menaces urgentes sur notre continent et un éloignement des théâtres dont l’importance relative pour la sécurité nationale américaine a diminué ces dernières années ou décennies.

La doctrine Trump sonne le glas de l’unilatéralisme :

L’époque où les États-Unis soutenaient l’ordre mondial tout entier, tel Atlas, est révolue.

Ce repositionnement arrive à point nommé. Nos élites européennes s’accrochent à un protectorat américain qui s’évapore.

La réalité frappe à notre porte : l’Empire se replie. Il nous laisse face à nos responsabilités.

C’est une occasion unique pour l’Europe de retrouver sa souveraineté, si nos dirigeants avaient le courage de saisir cette opportunité.

Les pourparlers en Floride

L’annonce de la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine est intervenue à un moment éloquent : des responsables ukrainiens étaient en pourparlers en Floride avec des émissaires de Donald Trump.

L’objectif était de discuter du plan élaboré par Washington pour mettre fin à près de quatre ans de guerre en Ukraine.

Malheureusement, trois jours de discussions n’ont produit aucun progrès apparent.

Ces discussions secrètes en Floride interviennent dans un contexte où Washington impose sa vision.

Les émissaires ukrainiens sont repartis les mains vides après ce qui ressemble à une perte de temps orchestrée.

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