Les boomers, boucs émissaires de la dette publique selon Bayrou

Les boomers, boucs émissaires de la dette publique selon Bayrou

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • François Bayrou accuse les boomers d’avoir gonflé la dette publique pour leur confort, déclenchant une polémique.
  • Laurent Wauquiez critique cette approche, défendant les boomers et pointant la gauche et la classe politique comme responsables.
  • Édouard Philippe rejette la lutte des âges, réhabilitant les boomers et appelant à des discussions entre partis.

Bayrou allume la mèche d’une nouvelle guerre générationnelle

François Bayrou a provoqué un tollé en accusant les « boomers » d’avoir gonflé la dette publique pour leur propre « confort ».

Jeudi soir, sur TF1, le Premier ministre a directement pointé cette génération, notamment les retraités, présentés comme responsables d’une large part de l’endettement du pays.

Le lendemain, il a bien tenté de rectifier le tir en assurant qu’il ne visait pas les retraités, mais le mal était fait : la polémique avait déjà éclaté.

Wauquiez tire à boulets rouges

Samedi 30 août, en pleine rentrée politique, Laurent Wauquiez et Édouard Philippe ont pris leurs distances avec la charge du Béarnais. Depuis le Mont Mézenc, où il revient chaque année depuis quinze ans, le président du groupe LR à l’Assemblée a étrillé cette approche.

C’est une erreur d’ouvrir une fracture entre générations […]. C’est tellement facile de faire d’une génération un bouc émissaire, [prétendre qu’elle] porterait toute la responsabilité de la situation actuelle.

Wauquiez a ensuite désigné les véritables fautifs selon lui : la gauche, mais aussi « une classe politique qui n’a pas eu le courage ensuite de revenir » sur des décisions majeures, comme les 35 heures ou le RSA.

Puis il a choisi d’incarner son propos.

Je ne veux pas qu’on esquive nos responsabilités. Nos “boomers”, ils ont le visage de mon père que j’ai toujours vu travailler […]. Les boomers, ils ont le visage de ma maman, qui nous a élevés […], qui s’est battue pour travailler.

Le message a fait mouche auprès de ses partisans, galvanisés par cette défense de l’héritage familial.

Une mise à distance qui n’est pas anodine, alors même que Wauquiez réclame une consultation des adhérents LR sur le vote de confiance.

La lutte des âges selon Philippe

Édouard Philippe, lui, a choisi une autre ligne. Depuis Sucy-en-Brie, au congrès des Jeunes Horizons, l’ancien Premier ministre a rejeté sans détour le vocabulaire utilisé par Bayrou.

Je ne crois pas du tout qu’on puisse faire quoi que ce soit de grand en France en segmentant ou en antagonisant une partie de la population. Je n’ai pour ma part jamais adhéré à la lutte des classes. Je n’adhère pas plus à la lutte des âges.

Il a tenu à réhabiliter les boomers, rappelant que cette génération était « la première qui, arrivant à la retraite, doit souvent prendre à sa charge la situation […] de leurs parents ».

« Je n’accuse pas les boomers d’égoïsme », a-t-il insisté, plaidant par ailleurs pour des discussions entre les partis « de gouvernement », dans l’espoir de stabiliser la situation politique.

Les tensions politiques internes

Entre la charge brutale de Bayrou et les contre-feux allumés par Wauquiez et Philippe, le paysage politique révèle une fois encore son incapacité à dépasser les querelles de façade.

Les fractures se multiplient, les postures se succèdent, et le pays continue de s’enfoncer tandis que ses dirigeants s’écharpent sur des slogans.

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