Jean Pormanove : Kick accuse le gouvernement français de profiter d’une tragédie

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🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Après la mort d’un streamer, la ministre du Numérique cible Kick, accusée de manquement à la loi. Une riposte virulente de la plateforme dénonce un coup monté.
  • Clara Chappaz invoque la loi de 2004 pour exiger le retrait de contenus. Kick, avec seulement 75 modérateurs, devient la cible idéale d’une logique de contrôle.
  • Kick se défend en affirmant sa transparence et sa coopération avec les autorités. Une politique de modération stricte mais difficile à appliquer uniformément.
  • L’affaire soulève des questions sur les pratiques de communication politique et les limites de la modération en ligne. Un drame humain exploité pour des fins politiques?

Après la mort d’un streamer au terme d’un marathon en direct, la ministre du Numérique Clara Chappaz a choisi de faire de Kick un exemple en annonçant des poursuites pour manquement à la loi.

Face à cette annonce, les communicants de Kick n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Ils pointent du doigt ce timing suspect entre l’information des médias et les démarches officielles

Dans un communiqué sans filtre, la plateforme balance :

« Nous sommes déçus d’apprendre que les médias ont été informés des démarches de la ministre avant Kick. Ça sent le coup monté à plein nez ! On dirait bien qu’il ne s’agit pas de protéger les créateurs ou les clients, encore moins de se soucier de l’industrie… Non, c’est juste un show politique qui exploite une tragédie personnelle »

La ministre dégaine la loi de 2004

Mardi, Clara Chappaz a sorti les griffes, invoquant la loi sur la confiance dans l’économie numérique de 2004, et plus précisément son article 6-3, qui permet aux juges d’exiger le retrait de contenus jugés « dommageables ». Autrement dit : censurer plutôt que dialoguer.

Une loi datant de l’époque des premiers smartphones : voilà l’arsenal de nos dirigeants.

Selon la ministre, « Kick n’a pas fait tout ce qui était possible pour mettre fin à la diffusion d’un contenu dangereux » et ne dispose que de 75 personnes pour assurer la modération, dont aucune ne parle français.

Kick, qui attire de plus en plus de créateurs lassés des règles étouffantes de Twitch, devient une cible idéale.

Ce réflexe de contrôle s’inscrit dans une logique plus large : chaque espace d’expression libre devient suspect.

La riposte de Kick

Kick, affirme jouer la transparence. Sur son site, la plateforme détaille sa politique de modération : tolérance zéro pour certains contenus.

Sont ainsi bannis les contenus pédocriminels, les incitations à la haine, le « doxing », les images pornographiques ou les nus, la violence graphique ainsi que les messages terroristes.

 La société souligne :

« Nous coopérons pleinement avec les autorités françaises depuis des mois. Nous n’avons jamais reçu de demande de suppression de contenu ou de suspension de comptes que nous aurions refusée. »

Et d’ajouter :

« Nous n’avons jamais essayé et n’essaierons jamais de nous soustraire à nos obligations réglementaires. »

Calcul politique et limites de la modération

Cette affaire évoque certaines pratiques de communication politique : prévenir d’abord la presse, puis afficher une inquiétude publique, tout en tirant parti d’un drame humain.

Le gouvernement se présente en protecteur, mais son indignation arrive tardivement. Quand d’autres géants du web laissaient prospérer des contenus autrement plus nocifs, aucune action notable n’était constatée.

Les politiques de modération, même les plus strictes sur le papier, restent difficiles à appliquer de manière uniforme. L’histoire récente montre que la régulation s’évapore souvent dès qu’il s’agit de protéger certains intérêts ou de ménager des acteurs influents.

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