François Bayrou déclenche la colère de Giorgia Meloni avec ses accusations de « dumping fiscal »

Giorgia Meloni

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • François Bayrou accuse l’Italie de dumping fiscal pour rejeter la taxe Zucman, provoquant la colère de Giorgia Meloni.
  • Meloni dénonce des accusations infondées et rappelle avoir doublé certains impôts pour les expatriés.
  • Bayrou utilise souvent des comparaisons européennes alarmistes, critiquées par Pierre Moscovici et Matteo Renzi.
  • La stratégie de la peur vieille comme le monde sert à imposer des restrictions, mais Bayrou devrait balayer devant sa porte.

Friand des comparaisons avec les autres pays de l’Union européenne, François Bayrou a cette fois brandi l’Italie pour justifier son refus de la taxe Zucman :

« L’Italie est aujourd’hui en train de faire une politique de dumping fiscal »

Un argument qu’on entend souvent dans la bouche des politiciens qui s’opposent à toute hausse d’impôt pour les plus aisés, comme si ces derniers étaient toujours au bord du départ, valises à la main.

De quoi faire sourciller jusqu’en Italie : notre argent encore mal géré !

Lors d’un entretien sur CNews, franceinfo, LCI et BFMTV, le Haut-Commissaire au Plan a fermement rejeté la taxe Zucman, que la gauche présente comme une solution miracle pour ponctionner les plus fortunés. Le camp présidentiel et ses alliés s’y opposent tout aussi catégoriquement.

Bayrou n’y va pas par quatre chemins : selon lui, cette taxe ne ferait qu’accélérer le départ des riches contribuables vers des terres plus clémentes fiscalement.

La riposte italienne

Giorgia Meloni a recadré vertement la France.

Sur X, la dirigeante italienne a répondu sans détour à l’accusation de paradis fiscal. Ses affirmations seraient « totalement infondées » et même « stupéfiantes ».

Elle a rappelé avoir :

« carrément doublé l’impôt pour certaines catégories d’expatriés vivant dans la botte. »

Pas vraiment l’attitude d’un pays qui cherche à attirer les riches par des ristournes fiscales.

Tout en ajoutant :

« C’est plutôt nous qui sommes victimes depuis des années des soi-disant ‘paradis fiscaux européens’ qui nous piquent nos ressources. »

Et de conclure par un tacle sur la France post-dissolution :

« Notre économie marche bien parce que l’Italie est stable et crédible. »

Aïe. Quand on voit le chaos politique actuel chez nous, la pique touche juste.

Même Matteo Renzi, l’ancien Premier ministre, pas vraiment un homme de droite, a jugé nécessaire de réagir, affirmant que François Bayrou « ne semble pas trop savoir de quoi il parle » et que « ce n’est pas l’Italie qui pratique le dumping », ajoutant que le gouvernement français ferait mieux d’apprendre à reconnaître ses vrais alliés.

Les réactions italiennes, de la droite comme du centre-gauche, montrent bien que certains dirigeants français s’aventurent en terrain glissant sans vérifier leurs infos.

Comparaisons économiques douteuses

Ce n’est pas la première fois que Bayrou agite l’épouvantail européen.

Dès la présentation de son budget bancal, le 15 juillet, il avait déjà ressorti la Grèce pour nous faire peur.

Son disque rayé prédit que la France court vers le même précipice : d’abord on nous effraie, ensuite on nous serre la ceinture.

Faisant preuve de retenue Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, a jugé nécessaire de relativiser ces comparaisons alarmistes, rappelant que la France n’est pas la Grèce et que sa situation budgétaire reste solide, loin de la faillite.

La vieille stratégie de la peur

Ce jeu politique est vieux comme le monde : pour imposer des restrictions, on brandit le spectre d’un voisin effondré.

La peur sert d’outil de gouvernance. Ceux qui prêchent l’austérité sont souvent les mêmes qui n’ont jamais hésité à gaspiller l’argent public quand cela servait leurs intérêts.

Bayrou et ses acolytes devraient peut-être balayer devant leur porte avant de faire la leçon sur les finances.

IMPORTANT - À lire

François Bayrou et Giorgia Meloni s'affrontent sur la question du "dumping fiscal" italien. Mais au-delà de cette polémique, quels sont les vrais enjeux géopolitiques et économiques entre la France et l'Italie ? Notre revue papier approfondit chaque mois l'analyse des relations internationales.

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