2027 : les vautours politiques planent déjà sur la France en crise

Les prétendants à l'Élysée se pressent pour prendre date

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La crise institutionnelle française s’aggrave, mais les candidats à la présidentielle de 2027 se positionnent déjà. Les ambitions personnelles prennent le pas sur l’intérêt national.
  • À gauche, l’éparpillement règne : les initiatives de Marine Tondelier échouent face à la ligne solitaire de LFI. Les Insoumis maintiennent leur calendrier de destitution.
  • Les macronistes Édouard Philippe, Gérald Darmanin et Gabriel Attal préparent activement leur avenir. Darmanin évoque une possible candidature en 2027.
  • À droite, la tempête fait rage avec des fractures internes et des prétendants comme Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand. Les universités d’été du Medef deviennent une répétition de campagne.

L’absence de majorité stable à l’Assemblée nationale n’empêche pas les ambitieux de se positionner pour la prochaine présidentielle.

Pendant que la France s’enfonce dans une crise institutionnelle sans précédent, les prétendants à l’Élysée se pressent déjà pour prendre date.

Matignon n’est pas encore officiellement vacant que les manœuvres s’accélèrent. La décision de François Bayrou de se soumettre à un vote de confiance qu’il a toutes les chances de perdre a bouleversé la rentrée politique.

Après la chute de Michel Barnier et avec la menace d’un nouveau revers pour Bayrou, le tout en moins d’un an, l’exécutif s’enlise dans un cycle d’instabilité. Faute de coalition solide à l’Assemblée, la paralysie menace durablement le pays.

Certes, Emmanuel Macron a rappelé qu’il n’hésiterait pas à utiliser tous les outils constitutionnels en cas de blocage. Mais chacun sait qu’un scrutin législatif supplémentaire ne garantirait pas une majorité stable.

D’où les appels, à gauche, à droite et même à l’extrême droite, à provoquer une présidentielle anticipée. Une idée balayée d’un revers de main par Macron.

Résultat : dans l’attente de 2027, les mises en scène des aspirants à l’Élysée deviennent chaque jour plus visibles.

La gauche en désordre

À gauche, c’est l’éparpillement. Le 1er septembre, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a proposé de réunir tous les partis « sans exclusive » pour « se mettre dans une pièce pour et qu’on prépare la suite », que ce soit une dissolution, la nomination d’un Premier ministre de gauche ou même une destitution.

Mais l’initiative a tourné court : Manuel Bompard (LFI) a sèchement décliné. Fidèles à leur ligne solitaire, les Insoumis suivent leur propre calendrier.

Ils avaient déjà prévu une procédure de destitution du chef de l’État avant même l’annonce de Bayrou et ont seulement décalé l’échéance au 23 septembre, à la reprise de la session parlementaire ordinaire.

Blocage politique : Philippe, Darmanin et Attal se positionnent

Édouard Philippe, déjà en mouvement, agit comme si Macron avait quitté l’Élysée. Pas « du tout » partisan d’une dissolution, même si elle peut s’avérer « inéluctable », le maire du Havre considère que seule l’élection présidentielle de 2027 permettra de sortir du blocage.

« Quant aux décisions qui permettront à la France d’aller beaucoup mieux, elles relèvent d’un débat public de fond. Elles relèvent d’une élection présidentielle, elles relèvent d’une majorité qui permettra de les mettre en œuvre. Et aujourd’hui elles sont inatteignables », a-t-il lancé devant ses jeunes militants, dans des propos relatés par Le Monde.

À Tourcoing, Gérald Darmanin a lui aussi soigné sa rentrée politique. Il a insisté sur son mot d’ordre : « l’empathie sociale », qui représenterait selon lui « désormais l’enjeu des prochains mois et, je l’espère, des prochaines années ».

Tout en gardant une certaine prudence en tant que membre du gouvernement Bayrou, il prévient qu’il ne faut pas « mettre la charrue avant les bœufs » au sujet de 2027.

Mais il n’écarte rien : « Si nous ne faisons pas ce à quoi je crois, oui je m’intéresserai évidemment à l’avenir de mon pays, et j’essaierai d’y contribuer directement », a-t-il confié à La Voix du Nord.

Gabriel Attal n’est pas en reste. Président de Renaissance et chef de file des députés du groupe, l’ancien Premier ministre affirme vouloir consacrer « toutes ses forces » au fonctionnement de l’Assemblée, tout en se projetant déjà vers l’avenir.

Sur France Inter, le 27 août, il a lâché : « Il faut probablement tout réinventer. Si on continue avec le même modèle, la même Constitution, les mêmes institutions, on sera confronté aux mêmes problèmes ».

Une semaine plus tôt, il avait déjà lancé une offensive sur la GPA, manière de se démarquer à la fois de la droite et d’Édouard Philippe.

La droite en pleine tourmente

À droite, la tempête est tout aussi forte. Le vote de confiance a révélé les fractures entre députés et Bruno Retailleau.

Une opportunité pour Laurent Wauquiez, moins enclin à soutenir Bayrou, qui gagne des points dans la bataille interne pour incarner le candidat naturel de LR en 2027.

La liste des prétendants s’allonge encore : David Lisnard, maire de Cannes, ou Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, qui déclarait le 1er septembre « se préparer » pour la présidentielle.

La tension est telle que les universités d’été du Medef, le 28 août, se sont transformées en répétition générale de campagne.

Gabriel Attal, Fabien Roussel, Manuel Bompard, Marine Tondelier, Bruno Retailleau et Jordan Bardella se sont affrontés dans un débat mêlant propositions, attaques frontales et séduction ouverte de l’électorat patronal. Tout y était : les postures, les piques et l’air de campagne avant l’heure.

Ambitions personnelles : le frein à l’action collective

Les Français méritent mieux que cette mascarade où l’intérêt personnel prime sur l’intérêt national.

Le pays est plongé dans l’immobilisme, et les ambitions individuelles tiennent lieu de projet collectif.

La présidentielle de 2027 apparaît déjà comme l’horizon unique, alors que l’urgence serait de gouverner.

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