Apple prêt à avaler Mistral AI, le roi français de l’IA

Arthur Mensch

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Apple prêt à racheter Mistral AI, la pépite française de l’IA, valorisée à 10 milliards de dollars. Un virage stratégique pour Cupertino face à la concurrence.
  • Tim Cook envisage de rompre avec la tradition des développements internes pour rattraper le retard en IA. Une fracture idéologique au sein d’Apple.
  • La souveraineté numérique française menacée. Un échec pour l’Europe si Mistral passe sous pavillon étranger. Les politiques doivent agir.
  • Si Apple avale Mistral, ce serait la plus grosse acquisition de son histoire. Un séisme pour Cupertino et un désastre symbolique pour la France.

Encore une pépite française menacée par les géants américains !

Selon des révélations du média américain The Information, Tim Cook et son état-major ont sérieusement envisagé de s’offrir Mistral AI, fierté nationale de l’intelligence artificielle.

Ce champion tricolore pourrait-il tomber dans les griffes de la firme à la pomme ?

Apple face au virage de l’IA

Le PDG d’Apple, d’habitude si frileux à l’idée de signer de grosses acquisitions, semble prêt à rompre avec la tradition.

Cupertino a toujours privilégié le développement interne, mais l’intelligence artificielle rebat les cartes. La perspective d’un rachat de Mistral marquerait un virage radical.

Le malaise est palpable : Siri se fait ridiculiser par ChatGPT, et les actionnaires s’impatientent.

Tim Cook sait qu’il joue gros. Dans les couloirs feutrés d’Apple, Eddy Cue milite pour croquer des start-ups spécialisées afin de rattraper le retard. Craig Federighi, lui, s’accroche à la doctrine sacrée du « tout fait maison ».

Une véritable fracture idéologique secoue l’entreprise : continuer à miser sur l’orgueil maison ou céder à la logique implacable du capitalisme technologique, qui préfère avaler l’innovation plutôt que la créer.

Mistral AI, la pépite française

Pendant ce temps, Mistral suit son chemin. En 2023, la start-up était déjà valorisée à plus de 2 milliards d’euros à peine un an après sa création. Deux ans plus tard, elle pèse autour de 10 milliards de dollars. Un bond vertigineux qui traduit son potentiel.

Ses modèles d’IA, plus économes et véloces que ceux des mastodontes américains, et son chatbot Le Chat font trembler la Silicon Valley.

L’entreprise a déjà noué des alliances avec Stellantis, Orange et Free, et affiche clairement sa volonté d’indépendance. Les fondateurs répètent qu’ils ne veulent pas brader leur bébé, même face aux sirènes californiennes.

Apple et ses emplettes stratégiques

Historiquement, Apple n’a jamais été friande des folies financières. Ses plus grosses emplettes, Beats à 3 milliards, les modems d’Intel à 1 milliard, restent loin des sommes qu’exigerait Mistral.

La firme préfère d’ordinaire des rachats ciblés : P.A. Semi et Intrinsity pour ses processeurs, PrimeSense pour Face ID, SoundJam pour iTunes, Siri déjà tout fait plutôt que développé en interne.

Et puis il y a NeXT, l’entreprise de Steve Jobs pendant son exil, dont le système d’exploitation est devenu la base de tous les logiciels Apple.

Chaque fois, la stratégie a été claire : acheter pour renforcer, mais sans débourser des montants astronomiques. Mistral pulvériserait ce modèle.

La souveraineté française en ligne de mire

C’est là que la menace prend toute son ampleur. Alors que nos dirigeants nous rebattent les oreilles avec la « souveraineté numérique », ils laissent nos fleurons à portée de rachat.

Voir Mistral passer sous pavillon étranger serait un échec stratégique pour l’Europe entière, déjà incapable de créer ses propres géants.

La BPI a investi dans la pépite, les politiques jurent qu’il faut protéger nos champions, mais l’histoire nous a appris que l’État français sait brader ses joyaux au plus offrant.

La tentation américaine est là, immense, et l’issue dépendra de notre capacité à tenir tête aux dollars qui s’amoncellent.

Impact d’un rachat

Si Apple mettait la main sur Mistral, ce serait la plus grosse acquisition de son histoire, dix fois plus lourde que ses emplettes passées.

Un séisme stratégique pour Cupertino, et un désastre symbolique pour la France.

Encore un fleuron qui pourrait tomber, nos cerveaux enrichissant potentiellement les multinationales, pendant que les décideurs restent passifs face à cette possible mainmise étrangère.

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