Ursula von der Leyen : l’hyperprésidente qui agace Bruxelles

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Depuis sa reconduction en 2024, Ursula von der Leyen concentre le pouvoir à la tête de l’UE, irritant les Vingt-Sept et le Parlement.
  • Sa diplomatie unilatérale, comme son appel direct à Netanyahou en 2025, contourne les États membres et suscite la controverse.
  • Von der Leyen place ses proches aux postes clés, contrôlant ainsi les décisions et court-circuitant les services intermédiaires.
  • L’usage répété de l’article 122 alimente les critiques sur un déficit démocratique croissant au sein de l’Union.

Une concentration du pouvoir sans précédent à la tête de l’UE

Depuis sa reconduction à la tête de la Commission européenne en 2024, Ursula von der Leyen s’est imposée comme une figure centrale, mais aussi clivante, de la scène bruxelloise. En un an, l’ancienne ministre allemande a consolidé son influence au point d’irriter une large partie des Vingt-Sept et de provoquer l’inquiétude au Parlement européen.

Son mode de gouvernance, vertical et ultra-personnalisé, tranche radicalement avec les pratiques collégiales traditionnellement en vigueur à Bruxelles. De nombreux diplomates et eurodéputés dénoncent aujourd’hui une « personnalisation du pouvoir jamais vue » au sein des institutions européennes.

Une diplomatie unilatérale qui fait grincer les dents

Dernier épisode en date : le 15 juin 2025, au lendemain des premières frappes israéliennes sur l’Iran, Ursula von der Leyen contacte directement Benyamin Netanyahou pour lui exprimer son soutien, en réaffirmant « le droit d’Israël à se défendre ». Ce n’est pas tant la prise de position qui a choqué, mais le fait qu’elle l’ait prise seule, sans concertation avec les États membres ni débat préalable avec le Conseil européen.

Cette diplomatie directe, menée depuis le 13e étage du Berlaymont – siège de la Commission à Bruxelles – reflète une méthode désormais bien rodée : décisions centralisées, conseillers triés sur le volet (souvent allemands), et arbitrages rendus dans un cercle restreint, à l’abri des débats institutionnels.

Une mainmise stratégique sur l’appareil administratif

Pour renforcer son contrôle, von der Leyen a méthodiquement placé ses proches aux commandes des Directions générales clés, notamment celles du Climat et du Budget. Cette stratégie d’occupation des postes stratégiques assure un contrôle renforcé des flux d’information et des leviers décisionnels.

Conséquence directe : les grandes orientations politiques passent désormais systématiquement par son cabinet, court-circuitant souvent les services intermédiaires et les commissaires eux-mêmes.

L’article 122, levier d’une gouvernance par dérogation

Autre point de crispation : l’usage répété de l’article 122 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ce dispositif juridique permet à la Commission de prendre des mesures exceptionnelles en contournant le Parlement européen.

Von der Leyen y a eu recours à plusieurs reprises : d’abord pendant la crise du Covid-19 pour l’achat de vaccins et le financement du chômage partiel, puis plus récemment pour débloquer un plan de 150 milliards d’euros consacré au réarmement de l’Europe. Ce fonctionnement par dérogation alimente les critiques sur un déficit démocratique croissant au sein de l’Union.

Une présidence de plus en plus contestée

Si Ursula von der Leyen s’impose comme une stratège redoutable et une dirigeante capable de mobiliser l’appareil européen, son autoritarisme latent et sa centralisation excessive suscitent un malaise grandissant. Au sein des institutions comme parmi les États membres, les voix s’élèvent pour dénoncer une dérive personnelle du pouvoir au détriment du fonctionnement collectif de l’Union.

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