SNCF : la démission du gouvernement paralyse la nomination de Jean Castex

Jean Castex voit son entrée à la SNCF retardée par la crise politique

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La démission de Sébastien Lecornu paralyse les nominations à la SNCF et La Poste, retardant l’arrivée de Jean Castex.
  • Les procédures administratives sont gelées, le Sénat suspend ses travaux, laissant les usagers face à des services publics défaillants.
  • Jean Castex, symbole de l’élite administrative, attend sa validation dans un système où tout semble déjà décidé.

Son rêve d’enfant était à portée de main. Mais il va devoir patienter encore un peu avant de le réaliser.

Jean Castex, dont l’arrivée à la présidence de la SNCF semblait acquise, voit son entrée en gare retardée par la crise politique provoquée par la démission de Sébastien Lecornu.

Remise ce lundi 6 octobre à Emmanuel Macron, cette démission a gelé toutes les procédures administratives en cours, dont celle concernant la nomination de l’ancien Premier ministre.

Le 26 septembre, l’Élysée avait annoncé, sans réelle surprise, que le chef de l’État avait choisi son ancien bras droit pour succéder à Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF.

Dans le même communiqué, la présidence confirmait également le choix de Marie-Ange Debon, actuelle dirigeante de Keolis, pour présider le conseil d’administration de La Poste.

Un nouvel exemple du fameux « spoil system » à la française, où les postes clés du service public se distribuent entre initiés pendant que les Français subissent les retards, les grèves et la lente agonie de leurs infrastructures.

Retard des nominations : le Sénat met tout à l’arrêt

Problème : ces nominations doivent être validées par les deux chambres du Parlement.

Or, avec la démission du Premier ministre, le processus est intégralement suspendu.

« En conséquence de la démission du Premier ministre (…), les travaux législatifs demeurent suspendus. Le Sénat ne siégera donc pas en séance publique demain mardi 7 octobre, ni mercredi 8 octobre », a précisé la chambre haute sur son compte officiel X.

Les travaux législatifs des commissions demeurent suspendus ; les auditions dans le cadre du pouvoir de nomination (article 13 de la Constitution) sont reportées, comme par exemple celle de Jean Castex, proposé pour la SNCF.

Autrement dit, le processus entamé le 26 septembre est désormais figé, et personne ne sait quand il reprendra.

L’actuel président de la RATP devra attendre encore un peu avant de passer devant la commission des Affaires économiques du Sénat, puis devant l’Assemblée nationale.

Comme le prévoit la procédure, il ne devra pas recueillir plus de 60 % de votes négatifs pour que sa nomination soit validée.

Une formalité dans un système où tout semble déjà décidé à l’avance.

Une machine administrative figée… et bien rodée

En attendant, c’est Jean-Pierre Farandou qui poursuit l’intérim qu’il assure depuis mai 2024, tandis qu’à La Poste, Philippe Bajou maintient provisoirement la direction.

Une situation typique de la haute administration française : des nominations qui s’éternisent, des intérims qui traînent, et un appareil d’État qui tourne au ralenti.

Pendant que les procédures s’enlisent, les usagers continuent de payer le prix fort.

Retards, suppressions de trains, services publics au point mort : les mêmes symptômes d’un système à bout de souffle.

Et pourtant, la mécanique politique, elle, fonctionne toujours aussi bien. Le processus devrait se terminer, comme d’habitude, par une validation en conseil des ministres, avant la signature finale du décret présidentiel et sa publication au Journal Officiel.

Le grand théâtre de la nomination publique

Officiellement, tout cela relève du « pouvoir de nomination » prévu par l’article 13 de la Constitution.

Dans les faits, c’est un théâtre institutionnel où les dés sont jetés avant même que la pièce ne commence.

Les auditions parlementaires offrent l’illusion d’un contrôle démocratique, mais le résultat est connu d’avance : un entre-soi bien huilé où se recyclent les mêmes figures de la haute fonction publique.

Jean Castex, passé par Matignon puis par la RATP, n’aura sans doute pas à s’inquiéter du verdict.

Il incarne à lui seul cette élite administrative qui passe d’un fauteuil à l’autre, avec le confort d’un salaire à six chiffres et la bénédiction présidentielle.

IMPORTANT - À lire

Vous voulez aller plus loin que les nominations politiques ? Découvrez notre revue papier qui décrypte chaque mois les rouages de l'État, les jeux de pouvoir et les enjeux géopolitiques. Une analyse approfondie pour mieux comprendre les coulisses de notre système.

De Matignon à la SNCF, suivez le parcours des hauts fonctionnaires et plongez dans les arcanes de l'administration française. Notre revue vous offre un regard unique sur les défis qui attendent notre pays, au-delà des intérims et des procédures. Abonnez-vous dès maintenant !

Previous Article

À Matignon, le dialogue sonne creux

Next Article

La crise politique française ébranle une Europe déjà fragilisée par ses propres démons