🔥 Les essentiels de cette actualité
- Philippe Aghion, soutien intellectuel constant de Macron, critique RN et LFI, les mettant sur le même plan.
- Il s’irrite des déclarations d’Édouard Philippe, jugeant inacceptables ses distances avec le président.
- Aghion défend une grosse réforme des retraites, malgré la pause actuelle, et critique la taxe Zucman.
- Il incarne une élite française qui préfère l’immobilisme à la remise en question du système.
Philippe Aghion, prix Nobel d’économie et artisan du programme d’Emmanuel Macron en 2017, a beau avoir pris ses distances avec le président ces dernières années, il demeure l’un de ses soutiens intellectuels les plus constants.
Invité sur BFMTV le 17 octobre, l’économiste s’est montré catégorique : ni le Rassemblement National, ni la France insoumise ne trouvent grâce à ses yeux.
« Je ne veux pas que le RN prenne le pouvoir. Je ne fais pas confiance à ces gens-là pour gérer la France. Je ferai tout pour que cela n’arrive pas », a-t-il déclaré, avant de préciser : « LFI c’est pareil, (…) je les mets sur le même plan. »
Je ne veux pas que le RN prenne le pouvoir. Je ne fais pas confiance à ces gens-là pour gérer la France. Je ferai tout pour que cela n’arrive pas. LFI c’est pareil, je les mets sur le même plan.
Un discours typique de nos élites, toujours promptes à marginaliser ceux qui menacent leur entre-soi.
On croirait entendre le même refrain que lors des précédentes campagnes : la peur panique de voir le peuple reprendre la main sur son destin.
Quand on renvoie dos à dos les deux seules forces politiques capables de bousculer le système, c’est qu’on veut à tout prix préserver le statu quo.
Le rejet du peuple et des partis contestataires
Dans ce climat verrouillé, les Français ont bien raison de se sentir piégés. Leur voix ne semble compter que lorsqu’elle épouse celle du pouvoir.
Et à force de disqualifier les oppositions, le camp présidentiel nourrit une méfiance croissante, dont il s’étonne ensuite des effets.
Ce réflexe d’exclusion ne vise pas seulement les partis : il touche aussi ceux qui osent s’émanciper du chef de l’État.
Le cas Édouard Philippe
Philippe Aghion n’a pas caché son agacement face aux déclarations d’Édouard Philippe, qui a assuré jeudi « ne rien devoir » à Emmanuel Macron et l’a même invité à démissionner.
Pour l’économiste, ces propos sont tout simplement « inacceptables ». « Il a été le Premier ministre du président. Il doit énormément au président de la République », a-t-il martelé, manifestement irrité par cette prise de distance.
Il a été le Premier ministre du président. Il doit énormément au président de la République.
Encore un exemple de politicien qui renie trop vite celui qui l’a propulsé, oubliant la main qui l’a hissé au sommet.
Fidèle à la ligne de l’exécutif, Aghion plaide pour la continuité. « Le président doit aller jusqu’au bout de son mandat », a-t-il affirmé, malgré la crise politique qui secoue le pays.
Le président doit aller jusqu’au bout de son mandat.
Une position qui fait grincer des dents dans une France fatiguée des demi-mesures et qui attend un véritable renouveau, pas un énième rafistolage du système.
Les élites et le pouvoir : un jeu de chaises musicales
On voit comment les élites se serrent les coudes dès que le navire prend l’eau.
Pendant que les Français peinent à finir le mois, nos dirigeants se renvoient la balle, se disputant des places plutôt que de repenser la direction du pays.
Même logique sur le plan économique : les mêmes visages reviennent défendre les mêmes recettes, persuadés qu’elles finiront par fonctionner.
La réforme des retraites : un recul stratégique
Concernant la réforme des retraites, Aghion a reconnu que la suspension décidée par Sébastien Lecornu était devenue inévitable pour éviter une censure parlementaire. « Si on ne faisait pas l’arrêt des horloges, il y avait censure à nouveau et on allait dans l’inconnu », a-t-il expliqué sur BFMTV.
Si on ne faisait pas l’arrêt des horloges, il y avait censure à nouveau et on allait dans l’inconnu.
Ce fervent partisan du système par points n’a toutefois pas changé de conviction.
« Il faudra une grosse réforme des retraites » et « on doit travailler plus », a-t-il insisté, invoquant le faible taux d’emploi des jeunes et des seniors en France.
Un refrain bien connu, comme si nos dirigeants n’avaient d’autre idée que de rallonger sans fin la durée du travail.
Il faudra une grosse réforme des retraites.
La « pause » actuelle n’est qu’un recul tactique. Le pouvoir attend le moment propice pour relancer le dossier, espérant faire passer une réforme rejetée par la majorité du pays.
La taxe Zucman : une attaque contre les créateurs de richesse
Aghion s’est également exprimé sur la taxe Zucman, ce projet de prélèvement de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros.
Sans détour, il a défendu les grandes fortunes au nom de la compétitivité : « Pourquoi je critique la taxe Zucman ? Parce qu’elle s’attaque à l’outil de travail », a-t-il expliqué, redoutant une fuite des investisseurs et un affaiblissement de l’économie nationale.
Pourquoi je critique la taxe Zucman ? Parce qu’elle s’attaque à l’outil de travail.
Selon lui, cette taxe pénaliserait ceux qui « créent de l’emploi en France ».
Mais nos dirigeants semblent croire qu’ils peuvent tondre sans fin les créateurs de richesse sans nuire à la croissance.
En réalité, une telle mesure risque de pousser nos derniers capitaines d’industrie à délocaliser.
Le pays perd déjà des emplois chaque jour, et cette nouvelle contrainte pourrait achever une compétitivité déjà en lambeaux. Mais qui, à Bercy ou à l’Élysée, s’en soucie encore ?
Aghion, miroir du système
Philippe Aghion incarne à lui seul cette France des élites persuadées d’incarner la raison.
En se posant en gardien du « sérieux économique », il révèle surtout la peur d’un pouvoir qui ne supporte plus la contradiction.
Toujours prompt à défendre le président, à justifier les reculs ou à écarter toute alternative, l’économiste ne fait que refléter un système verrouillé, qui préfère l’immobilisme à la remise en question.
Et pendant que le pays s’enfonce, ces mêmes élites continuent de jouer leur partition, convaincues qu’elles seules savent ce qui est bon pour la France.
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