Les promesses de lutte contre la drogue : encore des mots, toujours pas de résultats concrets

Le gouvernement déclare la guerre à la drogue

Le gouvernement déclare la guerre à la drogue

Après l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille la semaine dernière, un acte lié au narcotrafic, la réaction du pouvoir ne s’est pas fait attendre.

Le Premier ministre s’est exprimé devant l’Assemblée nationale ce mardi 18 novembre, annonçant une volonté de renforcer la lutte contre le trafic de drogue, en s’inspirant ouvertement des méthodes employées pour contrer le terrorisme.

Il répondait alors à la cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelin, qui venait de saluer la mémoire du jeune homme abattu, dont le frère est un militant actif contre les réseaux qui gangrènent la cité phocéenne.

C’est l’un de ces énièmes drames qui s’ajoute à la liste interminable des règlements de compte dans une ville que l’État semble avoir délaissée.

Le vieux disque de l’«unité nationale»

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a sonné le rappel pour une fermeté accrue et une « solidarité nationale et internationale ».

Il a affirmé face aux députés :

C’est un combat qui ne fait que commencer, malheureusement, et donc ce qui a été fait avec succès dans le passé (…) sur la lutte contre le terrorisme doit aussi nous inspirer dans la lutte contre le narcotrafic. (…) C’est un énorme défi de société qui nous attend sur lequel, j’en suis certain, on saura faire cause commune et proclamer une forme d’unité nationale.

L’État nous ressort ce vieux disque de « l’unité nationale » et de la « cause commune ».

Comme si nous pouvions encore gober ces formules creuses, après toutes ces années de promesses non tenues.

Toujours les grands mots, jamais les moyens pour s’attaquer aux racines profondes du problème qui ravage nos territoires.

Les méthodes anti-terroristes appliquées au narcotrafic

Des quartiers entiers sont tombés aux mains des trafiquants pendant que nos politiques se gargarisaient de mesurettes.

Maintenant qu’ils ont perdu le contrôle, ils veulent ressortir les méthodes anti-terroristes.

On connaît déjà le refrain : plus de surveillance, plus de contrôles, plus d’intrusion dans notre quotidien.

Ce sera, comme toujours, le citoyen ordinaire qui en paiera le prix, pendant que les grands réseaux, souvent protégés par des complicités en haut lieu, continueront tranquillement leur business.

Cette « cause commune » ressemble furieusement à un nouveau prétexte pour resserrer encore l’étau sur nos libertés.

On nous vend ça comme une croisade contre la drogue, mais combien veulent parier que ça finira comme d’habitude : beaucoup de bruit, peu d’effets sur les vrais trafiquants, et le peuple qui trinque ?

Quand un politicien appelle à l’unité nationale, c’est souvent pour faire passer des mesures liberticides sans opposition.

La nouvelle stratégie : une énième opération de communication

Mardi, Emmanuel Macron a convoqué une réunion d’urgence à l’Élysée sur le trafic de drogue, demandant au gouvernement « d’amplifier » la lutte contre les narcos.

Un énième coup de communication alors que la situation échappe totalement au contrôle de l’État depuis des années.

À l’issue de cette grand-messe, Sébastien Lecornu a appelé à s’adapter « face à la mutation de l’adversaire » et de ses réseaux devenus « plus diffus » et « plus nombreux ».

Ces excuses, on nous les sort depuis dix ans pendant que nos quartiers s’enfoncent dans la violence.

La nouvelle stratégie avancée est le « décloisonnement entre le national et le local », notamment entre la police administrative et judiciaire, et « en matière de frontières avec les nécessaires coopérations internationales ».

Encore une fois, on nous promet des montagnes et merveilles. Les mêmes promesses, les mêmes grands discours… mais qu’en est-il des résultats concrets pour les Français qui subissent l’insécurité au quotidien ? Voilà la vraie question que personne ne pose.

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