Nutri-score : une nouvelle arme de l’État pour dicter nos choix alimentaires et taxer les entreprises françaises ?

Le Sénat rejette massivement la généralisation du Nutri-score, dénonçant une mesure intrusive et pénalisante pour les producteurs

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le Sénat bloque la généralisation du Nutri-score sur nos produits alimentaires, votant à 212 voix contre 117 pour rejeter cette mesure intrusive.
  • Une taxe de 5 % du chiffre d’affaires hors taxes serait imposée aux entreprises refusant le Nutri-score, une manœuvre de chantage fiscal.
  • Les sénateurs protègent les produits du terroir français, exemptant AOP, AOC, IGP, Label Rouge et produits fermiers de cette obligation.
  • Le gouvernement s’abrite derrière la Commission européenne pour justifier son refus, préférant protéger les intérêts des grands groupes alimentaires.

Coup de tonnerre dans l’hémicycle ! Le Sénat vient de faire barrage à la généralisation du Nutri-score sur nos produits alimentaires.

Les sénateurs ont balayé cette disposition du projet de loi de financement de la Sécu 2026 avec une majorité écrasante de 212 voix contre 117.

Pourtant, les défenseurs de cette étiquette colorée avaient tenté de la faire avaler en la bordant « autant que possible » – comprendre : en essayant de masquer son caractère contraignant.

Mais rien n’y a fait. Les parlementaires ont clairement rejeté ce qui ressemblait fort à une intrusion de l’État dans nos assiettes et nos supermarchés.

Un vote qui sonne comme un désaveu cinglant pour le gouvernement et ses tentatives répétées d’imposer toujours plus de normes à des Français déjà suffocants sous le poids des réglementations.

On notera que le bon sens l’a emporté, pour une fois, dans cette affaire qui touche directement à notre quotidien et à la liberté des producteurs locaux.

Rejet du Nutri-score face au chantage fiscal

Cette décision intervient alors que beaucoup s’interrogent sur la pertinence de ce système d’étiquetage nutritionnel.

Sous couvert de santé publique, il risque de stigmatiser certains produits du terroir français sans prendre en compte leur qualité réelle ni les traditions culinaires qui font notre patrimoine.

Un article « coup de massue » a été introduit à l’Assemblée nationale par la députée socialiste Sandrine Runel.

Cet article prévoit d’imposer une taxe aux entreprises agro-alimentaires refusant d’afficher le Nutri-score sur leurs produits. Cette nouvelle ponction, qui serait reversée directement dans les poches de la Sécu, s’élèverait à 5 % du chiffre d’affaires hors taxes.

Une manœuvre qui ressemble fort à du chantage fiscal pour forcer les industriels à adopter ce logo coloré censé nous dicter ce qu’on doit manger.

Le tout, bien sûr, sans jamais remettre en question ce système d’étiquetage controversé dont la fiabilité laisse plus que perplexe de nombreux spécialistes.

Les motivations derrière la taxe Nutri-score

Après nous avoir enfermés, masqués, et piqués, voilà qu’ils veulent maintenant régenter nos courses avec leur petite étiquette colorée.

On peut s’interroger sur les véritables motivations : s’agit-il réellement de santé publique ou simplement d’une nouvelle façon de taxer davantage les entreprises françaises ?

Une chose est sûre, cette mesure aurait pour effet d’augmenter les prix en rayon que nous, consommateurs, devrons payer.

Protection des produits du terroir confirmée

Les sénateurs de droite ont réussi à faire passer deux amendements protégeant nos fromages et produits du terroir d’une nouvelle contrainte administrative.

Ces textes exemptent clairement les AOP, AOC, IGP, Label Rouge et produits fermiers d’une obligation qui inquiétait nombre d’élus attachés à leur patrimoine local et aux exploitations familiales.

La loi prévoyait déjà d’exclure les « produits bénéficiant d’un signe national ou européen ». Elle laissait au gouvernement le soin d’en préciser les contours par décret, une méthode qui, on le sait, laisse souvent place à l’arbitraire bureaucratique.

Malgré ces clarifications supplémentaires, la droite sénatoriale n’a pas été dupe.

« L’article a été introduit à l’Assemblée nationale, sans concertation avec les branches, et n’a pas été discuté avec les entreprises », a déploré la sénatrice LR Frédérique Puissat.

L’article a été introduit à l’Assemblée nationale, sans concertation avec les branches, et n’a pas été discuté avec les entreprises.

Elle pointe encore une fois cette manie du gouvernement d’imposer des mesures sans consulter les premiers concernés.

La défense de nos terroirs semble être l’une des rares préoccupations qui mobilise encore nos parlementaires, pendant que tant d’autres sujets vitaux sont négligés.

Les coulisses du vote et les limites d’un système simpliste

Bernard Jomier, médecin devenu sénateur sous l’étiquette Place publique, s’est démené comme un beau diable pour convaincre ses pairs.

Comme souvent dans l’hémicycle, les beaux discours de commission s’évanouissent face aux pressions extérieures.

Les mêmes qui hochaient la tête en petit comité ont retourné leur veste quand les projecteurs se sont braqués sur eux. Nos élus montrent qu’ils excellent dans l’art du revirement tactique.

Selon M. Jomier, cette étiquette controversée qui trône dans nos rayons depuis près d’une décennie serait « réclamée par les Français » et ses effets seraient « largement prouvés ».

Notre élu parisien s’enflamme : le Nutri-score « change nos habitudes dans le bon sens », rien que ça ! « Prenez ces céréales ultra-connues que tous les gosses adorent, » affirme-t-il. « La simple annonce d’un changement de note Nutri-score a suffi pour qu’ils réduisent le sucre et les graisses. »

La simple annonce d’un changement de note Nutri-score a suffi pour qu’ils réduisent le sucre et les graisses.

À l’entendre, ce code couleur serait la panacée. Mais combien de produits traditionnels français se retrouvent mal notés pendant que des aliments ultra-transformés décrochent des A et des B grâce à des formulations chimiques savamment étudiées ?

Une question que notre sénateur parisien n’aborde étrangement pas.

La position du gouvernement

Le gouvernement s’accroche à son refus de généraliser le Nutri-score, malgré la pression citoyenne.

La ministre de la Santé Stéphanie Rist, au lieu de défendre notre droit à savoir ce qu’on mange, a préféré se cacher derrière la Commission européenne.

Selon elle, celle-ci n’aurait pas voulu d’un étiquetage commun à l’échelle du marché unique.

Quand il s’agit de protéger les intérêts des grands groupes alimentaires, notre gouvernement trouve tout de suite un « risque juridique » !

Rist prétend que cet article serait incompatible avec le droit européen, une excuse bien commode. Les réserves de la commission des affaires sociales vont dans le même sens.

C’est l’alliance parfaite entre technocrates et lobbies contre le bon sens et la santé publique. Nos dirigeants préfèrent nous maintenir dans l’ignorance plutôt que de nous donner les moyens de faire des choix éclairés pour notre santé.

Apparemment, informer clairement les Français sur la qualité nutritionnelle de leur alimentation serait trop demander à nos élites.

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