Réquisitions en uniforme au pic de la grippe : les soignants paient-ils l’inaction des ARS ?

Réquisitions en uniforme au pic de la grippe

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Dans les Bouches-du-Rhône, 17 médecins réquisitionnés par la préfecture pour pallier le manque de médecins durant le pic de la grippe. Des gendarmes débarquent en pleine consultation.
  • Les soignants dénoncent l’inaction de l’ARS, qui savait depuis des semaines la problématique de permanence des soins. Une mobilisation forcée et tardive.
  • La ministre de la Santé minimise les réquisitions, évoquant une responsabilité collective sans reconnaître l’inaction de l’ARS. Les soignants, otages d’une bureaucratie autoritaire.

Dans les Bouches-du-Rhône, 17 médecins libéraux se sont retrouvés réquisitionnés d’autorité par la préfecture, du 25 décembre au 4 janvier, pour boucher les trous dans la permanence des soins à Martigues, La Ciotat et Aubagne.

Les arrêtés préfectoraux datent du 19 décembre et évoquent un « tableau de garde insuffisant » au pire moment de l’épidémie de grippe. Durant la saison 2024-2025, la maladie saisonnière avait provoqué 17 000 décès.

Ce qui met le feu aux poudres, c’est l’utilisation de la manière forte : des gendarmes débarquant en pleine consultation pour notifier les réquisitions.

Jérémie Chaumoitre, qui gère le centre médical de La Ciotat, n’en peut plus :

Mes médecins ont vu arriver, sur plusieurs jours, des gendarmes qui ont frappé à la porte du cabinet, en pleine consultation, pour leur signifier leur réquisition. C’est assez surprenant.

Pour lui, le problème vient de l’inaction : « l’ARS savait depuis plusieurs semaines qu’il existait une problématique de permanence des soins ».

L’agence régionale a laissé traîner jusqu’à cette mobilisation forcée, brutale et tardive.

Cette ingérence étatiste passe mal chez les soignants, déjà épuisés par un système qui les astreint sans les soutenir.

Au lieu de solutions collectives et volontaires, on leur impose des gardes en uniforme.

L’exaspération monte face à ces autorités qui anticipent mal les crises et préfèrent l’autoritarisme au dialogue.

Au pic de la grippe, la ministre minimise les réquisitions forcées

Le 26 décembre, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, se rend aux urgences de l’hôpital Édouard-Herriot à Lyon.

Elle déclare que « l’épidémie est en phase d’arriver à son pic », avec la France « dans une phase haute » sans aucun signe de baisse à l’horizon.

Interrogée sur les réquisitions brutales imposées aux médecins libéraux en Bouches-du-Rhône, elle concède du bout des lèvres que « ce n’est pas habituel ».

Mais rapidement, elle esquive : « Il n’y a pas d’obligation [pour les médecins de ville], mais une responsabilité collective. »

Un appel à la solidarité qui sonne creux, alors que l’ARS traînait des pieds depuis des semaines et que les préfets débarquent gendarmes au poing pour combler les manques.

Plutôt que d’organiser sérieusement la réponse, on brandit la responsabilité partagée pour justifier l’inaction des bureaux parisiens.

Les soignants, eux, triment sans filet, otages d’une bureaucratie qui préfère le bâton à la carotte.

IMPORTANT - À lire

Les réquisitions brutales de médecins libéraux au pic de la grippe révèlent l'inaction coupable des ARS et de l'État. Derrière les appels à la "responsabilité collective", se cache surtout un manque d'anticipation et de dialogue des autorités.

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