Macron poursuit son tour de France en Bretagne pour discuter de la régulation des réseaux sociaux

Macron poursuit son tour de France en Bretagne pour discuter de la régulation des réseaux sociaux

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Macron en Bretagne pour discuter de la régulation des réseaux sociaux et lutter contre la désinformation.
  • Échange avec des lecteurs sur « la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux » à Saint-Malo.
  • Projet de loi en 2026 pour soumettre les plateformes aux règles des médias traditionnels.
  • Soutien à la labellisation des médias, accusé de dérive autoritaire et de censure déguisée.

Emmanuel Macron reprend mercredi en Bretagne son tour de France sur la régulation des réseaux sociaux et la lutte contre la désinformation.

Le chef de l’État est attendu à Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, pour un échange avec des lecteurs d’Ouest-France sur le thème de « la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes ».

C’est l’occasion de répondre en personne aux accusations de dérive « autoritaire » provoquées par son soutien à une labellisation des médias.

La vision présidentielle : réguler pour museler

La vision présidentielle est claire : réguler les réseaux sociaux pour mieux nous museler.

Le chef de l’État envisage d’adapter la législation pour soumettre les plateformes sociales aux règles qui encadrent déjà nos médias traditionnels, cette fameuse loi de 1881.

Rien ne presse, bien sûr : les « décisions concrètes » sont promises pour 2026 seulement.

Néanmoins, Macron n’a pas pu s’empêcher d’avancer quelques idées pour préparer les esprits à ce qui s’annonce comme une nouvelle restriction de notre liberté d’expression.

Les réseaux sociaux représentent aujourd’hui le dernier espace où les citoyens peuvent s’exprimer sans filtre.

C’est un espace qui échappe encore, en grande partie, au contrôle de l’État, une anomalie que notre président semble bien décidé à corriger.

Le timing n’est évidemment pas anodin. Alors que les contestations grondent et que l’inflation écrase le pouvoir d’achat des Français, quoi de mieux qu’une bonne loi pour encadrer ce que les gens peuvent dire en ligne ?

On connaît la musique : tout sera fait au nom de la lutte contre la « désinformation », ce terme fourre-tout si pratique pour disqualifier les opinions qui dérangent.

Reste à voir jusqu’où ira cette nouvelle offensive contre notre liberté d’expression, d’autant que les nombreuses lois existantes suffisent déjà à punir les véritables abus.

La labellisation des médias : une censure déguisée

Non sans ironie, Macron soutient des « initiatives de labellisation des médias » par ce qu’il appelle des « professionnels ».

Le but est de trier le bon grain de l’ivraie en séparant les sites qui, selon lui, respectent une certaine déontologie, des autres.

À travers cette démarche, le président continue sa croisade pour contrôler l’information qui circule.

On connaît la chanson : les médias « approuvés » d’un côté, et de l’autre tous ceux qui osent questionner la ligne officielle.

Cette labellisation n’est rien d’autre qu’une tentative à peine voilée de museler les voix dissidentes.

Nos dirigeants, inquiets de perdre le monopole du récit, cherchent à discréditer systématiquement toute information alternative.

« On va tout faire pour que soit mis en place un label », a-t-il lancé le 19 novembre à Arras. Il a ajouté, sans surprise, que ce n’était pas à l’État de s’en charger.

Le JDD a sauté sur la proposition le 30 novembre, l’accusant sans détour d’une « dérive totalitaire ».

Le journal s’est même permis d’ironiser lourdement sur cette supposée volonté d’instaurer un « ministère de la Vérité », référence peu subtile au roman 1984 d’Orwell.

Les médias de Vincent Bolloré, le magnat conservateur, ont immédiatement fait caisse de résonance à cette accusation.

Ces critiques fusent dans un contexte déjà tendu entre l’exécutif et certains médias indépendants, qui dénoncent depuis plusieurs mois un pouvoir de plus en plus nerveux face aux critiques.

Réponses du gouvernement et manque de confiance

En Conseil des ministres la semaine dernière, Macron s’est défendu en prétendant qu’il n’avait « jamais » songé à établir un « label d’État » pour les médias, et « encore moins » un « ministère de la Vérité ».

C’est du moins ce qu’a rapporté Maud Bregeon, porte-parole d’un gouvernement de plus en plus contesté.

Notre président, toujours prompt à rassurer quand les Français s’inquiètent, semble bien vouloir nous faire avaler des couleuvres.

Il est difficile de croire ces déclarations alors même que ses tentatives de contrôler l’information se multiplient depuis son arrivée à l’Élysée.

Le chef de l’État n’en est pas à son premier démenti concernant des velléités autoritaires.

Ses promesses se sont souvent évanouies aussi vite qu’elles étaient prononcées.

Entre les discours et les actes, le fossé se creuse chaque jour davantage.

L’Élysée s’est risqué à un message cinglant sur X, déplorant que « parler de lutte contre la désinformation suscite la désinformation ».

Un tacle à l’encontre des critiques du président, dont Bruno Retailleau, le chef des Républicains, et Pascal Praud de CNews.

Ces communicants présidentiels trouvent le temps de jouer aux donneurs de leçons sur les réseaux sociaux.

C’est toujours la même rengaine : quand on ose critiquer le pouvoir, on se fait immédiatement taxer de désinformation.

Belle manœuvre pour esquiver le débat de fond ! En brandissant l’épouvantail de la « désinformation », le palais présidentiel cherche simplement à disqualifier ses opposants sans avoir à répondre sur le terrain des idées.

Entre deux bains de foule, le chef d’État doit nous rebattre les oreilles sur les « méfaits de la désinformation climatique » lors de sa visite à Saint-Malo.

C’est ce qu’annonce son entourage à l’occasion des dix ans de l’accord de Paris.

Une visite qui s’annonce donc riche en grands discours, mais pauvre en solutions concrètes.

Rendez-vous à Saint-Malo pour ce nouveau numéro de « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », avec Emmanuel Macron comme maître de cérémonie.

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