🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’État impose Tchap à tous les agents publics dès le 1er septembre, abandonnant les messageries étrangères au nom de la souveraineté numérique. Pourquoi ce soudain intérêt pour la confidentialité ?
- 300 000 agents déjà utilisateurs, mais le projet avance dans l’opacité totale. Combien coûte cette plateforme ? Quels prestataires privés sont impliqués ? Découvrez les zones d’ombre.
- Après l’échec d’Olvid, Tchap est présenté comme la solution miracle. Harmonisation forcée ou surveillance généralisée ? L’outil maison de l’État soulève des questions sur la sécurité et la transparence.
Tchap pour tous : la souveraineté numérique version surveillance
Le gouvernement vient de franchir une nouvelle étape dans sa quête de contrôle.
Par une directive signée le 25 juillet, les agents de l’État devront, à partir du 1er septembre, abandonner WhatsApp, Telegram ou Signal au profit de Tchap, une messagerie développée en interne par l’administration française.
Exit les outils étrangers, bonjour la solution maison… et le soupçon de surveillance généralisée. Présentée comme un exemple de souveraineté numérique, Tchap est déjà utilisée par 300 000 agents publics.
Officiellement, il s’agit de sécuriser les échanges sensibles. Officieusement, difficile de ne pas y voir une volonté croissante de centraliser, surveiller, contrôler.
Des années de retard… et aucune transparence
Pourquoi attendre si longtemps pour imposer une messagerie française, alors que les données des fonctionnaires ont depuis des années transité par des serveurs américains ?
L’État semble découvrir soudainement l’enjeu de la confidentialité, après avoir laissé nos informations personnelles filer outre-Atlantique sans broncher.
Et comme souvent, le projet avance dans l’opacité la plus totale : aucun chiffre, aucun bilan, aucun débat public. Combien de millions d’euros cette plateforme va-t-elle coûter ? Quels prestataires privés ont été sollicités ?
Un précédent déjà oublié : l’échec d’Olvid
Ce n’est pas la première fois que l’exécutif tente d’imposer un outil de communication « maison ». En 2023, le gouvernement d’Élisabeth Borne avait déjà tenté d’imposer Olvid, une messagerie censée remplacer les applications américaines. Résultat : un flop retentissant. Personne n’avait suivi.
Avec Tchap, Matignon espère une « harmonisation complète » — comprenez : obliger tous les ministères à utiliser le même outil, peu importe la fiabilité, les préférences ou la confidentialité. Une approche autoritaire maquillée en stratégie numérique.
Sécurité ou surveillance ?
Le discours officiel est le même : protéger les agents, renforcer la cybersécurité, garantir la souveraineté.
Mais dans les faits, une question persiste : qui aura accès à ces données ? Un outil contrôlé par l’État, hébergé sur ses propres infrastructures, offre un accès quasi total aux échanges internes.
Et vu la propension de nos dirigeants à réclamer toujours plus de transparence… pour les autres, on peut raisonnablement douter qu’ils s’en tiennent à un rôle purement technique. La tentation d’espionner, contrôler, punir n’est jamais loin.
Un outil imposé
Encore un projet numérique lancé dans l’urgence, sans consultation, sans évaluation, sans volonté de convaincre. Juste un décret, une directive, et le tour est joué.
Tchap, c’est moins un outil qu’un symbole : celui d’un pouvoir qui prétend agir pour notre bien, mais qui impose toujours plus de contraintes, d’obligations, de contrôles. Et toujours sans nous demander notre avis.
À force de vouloir tout contrôler, l’État finira par perdre ce qu’il lui reste de confiance populaire.
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