Être malade coûtera deux fois plus cher : vers un doublement des franchises

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🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le gouvernement prévoit de doubler les franchises médicales, passant de 50 à 100 euros par an, pour réduire le déficit public.
  • Les malades chroniques et les plus fragiles seront les premières victimes de cette mesure d’austérité sanitaire.
  • Les privilégiés restent hors d’atteinte tandis que les assurés devront payer plus cher pour se soigner.
  • Seuls certains groupes, comme les mineurs et les femmes enceintes, sont exonérés de ces franchises.

Le 15 juillet, François Bayrou présentait sa feuille de route pour ramener le déficit public sous les 3 % du PIB d’ici 2029. Traduction : cinq années de coupes claires, dont 43,8 milliards d’euros dès 2026.

Et comme toujours, la santé trinque. Le gouvernement vise 5,5 milliards d’économies sur un système déjà exsangue.

Parmi les premières victimes de cette politique d’austérité : les assurés. Le plan est simple, brutal, mais simple : doubler le plafond des franchises médicales et participations forfaitaires.

Autrement dit, vous devrez désormais payer jusqu’à 100 euros par an pour le simple fait… d’être malade.

Austérité sanitaire : les malades à la caisse

Catherine Vautrin, ministre de la Santé, détaille la méthode dans Le Monde : les franchises médicales seront augmentées et directement encaissées au comptoir pour être, dit-elle, « plus visibles » et permettre à chacun de « mieux économiser ».

Derrière ce vernis technocratique se cache une mesure brutale : le plafond annuel des franchises et participations forfaitaires va doubler, de 50 à 100 euros. Une nouvelle ponction sur des foyers déjà étranglés par l’inflation.

Le matraquage a d’ailleurs commencé dès 2024 : franchises doublées à 1 euro par boîte de médicament ou acte paramédical, 4 euros pour les transports sanitaires, 2 euros pour chaque consultation, radio ou analyse.

Jusque-là, les plafonds annuels servaient de garde-fou. Plus maintenant. Et inutile d’espérer un débat au Parlement : un simple décret suffira à faire passer l’addition.

Vautrin s’en défend : « Il ne s’agit pas de culpabiliser les Français ». Elle préfère parler de « responsabilisation ».

Comme si tomber malade était un choix. Comme si se soigner relevait du caprice. Le message est clair : faites des économies… sur votre santé.

Une facture pour les malades, l’impunité pour les nantis

Le doublement des franchises frappera d’abord les plus fragiles : malades chroniques, personnes âgées, patients en affection longue durée… tous ceux qui n’ont pas le luxe de choisir s’ils se soignent ou non.

Une boîte de médicaments, une prise de sang, un transport sanitaire… et les 100 euros annuels sont atteints. Résultat : des soins reportés, des traitements interrompus, une santé bradée au nom de l’austérité.

Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, s’insurge :

« On est vent debout contre cette mesure. Il ne faut absolument pas qu’elle passe »

Pour lui, cette décision « touche uniquement les gens qui consomment des médicaments pour des maladies chroniques ». Une politique qui punit les malades pour ce qu’ils n’ont pas choisi : leur condition.

Pendant ce temps, rien ne bouge pour les privilégiés. Les régimes spéciaux perdurent, les postes administratifs superflus pullulent, les déserts médicaux s’étendent, mais l’élite reste hors d’atteinte.

Toujours la même mécanique : faire payer ceux qui n’ont rien, préserver ceux qui ont tout.

Une médecine à crédit… pour certains seulement

Certes, quelques catégories échappent encore à cette mécanique injuste.

Les mineurs, les femmes enceintes à partir du 6e mois, les bénéficiaires de la C2S ou de l’AME, et les victimes d’attentats pour leurs soins liés aux faits, sont exonérés de ces franchises.

Mais au-delà de ces cas particuliers, c’est bien l’immense majorité des assurés, ceux qui cotisent, travaillent et tombent malades sans l’avoir choisi, qui devra payer.

Une injustice de plus dans ce système désormais à plusieurs vitesses, où certains ont droit à une prise en charge intégrale, pendant que d’autres doivent arbitrer entre se soigner ou manger.

Deux poids, deux santés

Pendant ce temps, les privilégiés continuent leur petit train de vie : régimes spéciaux intacts, gabegie administrative, postes en doublon, petits arrangements entre puissants… Aucun effort ne leur est demandé.

Le message est clair : aux uns les sacrifices, aux autres les passe-droits. L’austérité ne touche que ceux qui n’ont pas les moyens de s’en défendre.

Et la santé, autrefois bien commun, devient peu à peu un luxe réservé à ceux qui peuvent encore se l’offrir.

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