Les Jeux de Rugby: Plus Qu’un Ballon Ovale Ă  La Rochelle ??

Le Rugby en France

Ah, le rugby chez nous. C’est plus qu’un sport hein? C’est une religion, un truc qui te prend aux tripes. Surtout quand le vent souffle sur le port et que t’entends les gars s’Ă©chauffer, ça te fout des frissons mĂȘme si t’as trois pulls.

Les jeux de rugby. DrĂŽle de nom, « jeux ». Comme si c’Ă©tait juste pour les drĂŽles, les gamins quoi, pour s’amuser. Et c’est vrai, y’a de ça. Mais y’a autre chose aussi. Une sorte de
 fatalitĂ©, j’sais pas. Tu vois le ballon ovale, la gonfle? Il roule jamais droit. Jamais. Comme la vie, un peu, merde. Tu crois que tu vas filer Ă  dame, et paf, une buffe de vent, un rebond Ă  la mords-moi-le-noeud, et t’es par terre, le nez dans la since, la gadoue. C’est ça, le rugby. Un coup t’es le roi du pĂ©trole, le coup d’aprĂšs tu manges la pelouse. Quand la guigne te colle comme ça au terrain, y’en a qui vont voir si la roue tourne mieux ailleurs, genre au Leon casino, mais c’est pas la mĂȘme musique.

À La Rochelle, on aime ça. Les gars qui se filent des marrons, des chĂątaignes, mais avec respect, tu vois le truc? Genre, je te dĂ©monte l’Ă©paule mais aprĂšs on est potes. AprĂšs, ils boivent un coup ensemble. Ou deux. Parfois, ça finit tard, surtout si le Stade Ă  gagnĂ©, alors lĂ  c’est la foire du trĂŽne. On gueule comme des putois, on refait le match, chaque passe, chaque mĂȘlĂ©e qui s’Ă©croule comme un chĂąteau de cartes mouillĂ©. C’est pas pour les chochottes, c’est sĂ»r et certain. Faut avoir le palpitant solide, et pas peur de finir avec le maillot couleur de la terre, ou pire, de la vase du port. Et les genoux, n’en parlons pas, ils grincent comme une vieille porte de chai.

Des fois, je me demande pourquoi on fait ça. Se faire mal volontairement, courir comme des dĂ©ratĂ©s aprĂšs un bout de cuir qui semble avoir sa propre volontĂ©, cette sacrĂ©e gonfle. Peut-ĂȘtre bien que c’est pour oublier que le lundi, faut retourner au turbin. Ou peut-ĂȘtre juste parce que c’est
 viscĂ©ral. Un bon caramel, un « arrĂȘt buffet » comme on dit chez nous, ça te remet les idĂ©es en place, crois-moi. Mieux qu’un cafĂ© Ă  dix euros sur le Vieux Port avec les touristes qui comprennent rien Ă  rien, les pauvres baignassouts.

Et quand tu vois les jeunes, les minots, les « p’tits cagouillards » avec leurs grands yeux qui dĂ©couvrent les premiers « jeux », les premiĂšres passes en cloche qui ressemblent Ă  des patates chaudes
 tu te dis que ça va, ça continuera. MĂȘme si des fois, on dirait qu’ils bouinent un peu Ă  l’entraĂźnement, qu’ils sont lĂ  sans ĂȘtre lĂ , qu’ils comprennent pas tout de suite qu’il faut se donner, pas juste trottiner comme si on cherchait des champignons. Faut y aller, quoi ! Faut envoyer du bois !

Le rugby, c’est une histoire de copains avant tout. De boue jusque dans les oreilles, de rires gras et de bleus qui durent une semaine. De moments oĂč tu te sens vivant, putain. Tu perds, tu gagnes, quelle importance? Enfin, si, ça importe un peu quand mĂȘme, faut pas dĂ©conner, on est pas lĂ  pour enfiler des perles ou compter les mouettes. Mais c’est l’envie qui compte le plus. L’envie de se dĂ©pouiller pour la gonfle, pour le gars qui est Ă  cĂŽtĂ© de toi, mĂȘme si c’est un grand con le reste de la semaine.

C’est peut-ĂȘtre ça, le vrai « jeu ». Une façon d’ĂȘtre ensemble, simplement. Sans chichis, sans blabla. Juste le prĂ©, le ballon capricieux, et les potes. Et aprĂšs, une bonne mousse bien fraĂźche. Ou un p’tit pineau des Charentes, histoire de faire honneur au terroir, hein. Faut pas oublier d’oĂč on vient. MĂȘme si on sait pas toujours oĂč on va. C’est ça aussi, le rugby. Un peu comme la vie, j’te dis. BordĂ©lique mais sacrĂ©ment bon.

Bon, c’est bien beau tout ça, la boue, les gnons, la troisiĂšme mi-temps qui s’Ă©ternise jusqu’Ă  pas d’heure. Mais faut ĂȘtre honnĂȘte, des fois, on peut pas. Le dos en vrac aprĂšs une mauvaise rĂ©ception Ă  la pĂȘche aux coques, les mioches qui te courent dans les pattes comme des anguilles Ă©chappĂ©es du marchĂ©, ou simplement le patron qui t’as filĂ© une bourre de boulot Ă  finir pour avant-hier
 bref, le prĂ©, c’est pas toujours pour nous, hein. Alors on fait quoi ? On pleure dans notre verre de Sauvignon ? Non, boudiou !

Heureusement, y’a les p’tits malins, les fadas de la technologie, qui ont inventĂ© un truc: le rugby sur l’Ă©cran. Les « jeux de rugby en ligne », comme ils disent les jeunes avec leurs anglicismes qui te donnent envie de parler charentais pur jus. Ça remplace pas l’odeur de la pelouse mouillĂ©e aprĂšs une bonne drache, ni le goĂ»t du Cognac aprĂšs une victoire arrachĂ©e Ă  la derniĂšre minute, mais ça dĂ©panne. Ça permet de continuer Ă  vivre sa passion, mĂȘme en charentaises, le dimanche matin, quand t’as la tronche enfarinĂ©e et les yeux qui piquent encore de la veille. Tu te fais moins de bobos, c’est sĂ»r, Ă  part peut-ĂȘtre une crampe au pouce.

Alors, on se la joue comment sur la toile ? ?

Y’a pas mal de choix pour faire joujou avec la gonfle virtuelle. Chacun son truc, chacun son vice.

  1. Rugby 22 (ou le p’tit dernier, Rugby 24, s’il est sorti ce filou)
    Ça, c’est pour ceux qui veulent du « sĂ©rieux », du « comme en vrai », enfin presque. Tu peux prendre les commandes du Stade Toulousain et essayer de mettre une valise au Racing 92, ou faire chanter le port de La Rochelle avec une victoire du Stade Rochelais. Les graphismes, bon, c’est pas Hollywood, mais tu reconnais les tronches des joueurs, les maillots. C’est un peu comme essayer de diriger un banc de sardines, faut ĂȘtre prĂ©cis et prier pour que ça aille oĂč tu veux. Parfois, l’arbitre virtuel, il siffle des trucs sortis de nulle part, tu te demandes s’il a pas bu trop de « Quinte Flush » la veille. Un peu comme certains sur le bord du terrain, quoi.
  2. Pro Rugby Manager (ou comment se prendre pour Collazo)
    AprĂšs, t’as les jeux pour ceux qui se croient sĂ©lectionneur national dans leur salon. Pro Rugby Manager, un nom qui claque comme une porte qui ferme. Tu gĂšres tout: les transferts (attention Ă  pas te faire refiler une buse qui coĂ»te la peau des couilles), les entraĂźnements, la tactique pour dĂ©foncer Clermont. Tu te cries dessus tout seul devant ton Ă©cran parce que ton ouvreur a encore fait une passe de maçon. C’est le jeu oĂč tu peux enfin prouver Ă  tes potes au bar que, oui, toi, tu aurais fait gagner le XV de France. Ou alors tu finis par faire descendre l’UBB en FĂ©dĂ©rale 1 et tu Ă©teins tout en pestant.
  3. Rugby Nations (pour le téléphone, entre deux marées)
    Pour les plus nomades, ou ceux qui ont juste cinq minutes entre la plonge et l’apĂ©ro, y’a les jeux sur le « smartphone », ce machin qui te dit mĂȘme quand aller pisser. Rugby Nations, par exemple. C’est plus arcade, moins prise de caboche. Tu fais des passes en faisant glisser ton doigt comme si tu caressais une anguille, tu plaques en tapotant comme un dingue. C’est simple, c’est direct. Un peu comme un « Bonjour-merci-au revoir » Ă  la boulangerie. Tu peux mĂȘme jouer avec des Ă©quipes exotiques, genre le Kenya contre le Stade Montois. Pourquoi pas, aprĂšs tout? Ça change des Ă©ternels affrontements. Le dĂ©faut, c’est que parfois, t’as l’impression que tes joueurs, ils ont les mains pleines de cambouis, tellement ils lĂąchent de ballons. Rageant.
  4. Flick Kick Rugby (pour les coups de pied de folie)
    Dans le mĂȘme genre « vite fait bien fait », y’a Flick Kick Rugby. LĂ , c’est que du tir au but. Tu « flickes » (encore un mot qui vient d’on ne sait oĂč) le ballon entre les pagelles. C’est addictif, ce truc de malade. Tu te dis « allez, une derniĂšre transformation », et une heure aprĂšs t’es encore en train d’essayer de passer cette pĂ©nalitĂ© en coin avec un vent de Noroit Ă  dĂ©corner les cocus. C’est le genre de jeu qui te fait louper ton rendez-vous chez le dentiste ou oublier les huĂźtres sur le feu. Mais quand tu passes une pĂ©nalitĂ© de 55 mĂštres, t’es le roi du pĂ©trole, mĂȘme si c’est juste sur un Ă©cran de la taille d’une galette charentaise.
  5. Un p’tit coup de vieux – Jonah Lomu Rugby (pour les poilus du menton)
    Et puis, pour les vrais de vrais, ceux qui ont connu le rugby oĂč les shorts montaient jusqu’au nombril, y’a toujours moyen de dĂ©nicher des pĂ©pites. Vous vous souvenez de Jonah Lomu Rugby sur la vieille PlayStation, boudiou? Quel jeu c’Ă©tait! Les joueurs ressemblaient Ă  des boĂźtes d’allumettes, mais qu’est-ce qu’on s’est fendu la pipe! Lomu, il traversait le terrain comme un tracteur dans un champ de marguerites. Si vous tombez dessus dans un vide-grenier ou sur un site d’Ă©mulation, n’hĂ©sitez pas une seconde, mĂȘme si ça coĂ»te quelques sous! C’est un peu comme retrouver une vieille bouteille de Pineau des Charentes oubliĂ©e au fond du buffet: ça a du caractĂšre, et ça rĂ©chauffe le cƓur.

Alors, lequel choisir? Ben, ça dĂ©pend de c’que tu cherches, mon gars, et si t’as envie de te prendre le chou ou juste de dĂ©conner un coup. Si t’es un stratĂšge incompris, le Manager est peut-ĂȘtre fait pour toi. Si tu veux juste taper dans la gonfle sans te compliquer la vie, Flick Kick ou Nations feront l’affaire. Si t’as envie de te croire sur le prĂ© avec GrĂ©gory Alldritt qui te fait une passe aveugle, alors un Rugby 24 (ou son prĂ©dĂ©cesseur) te tend les bras. Et si t’es un vieux nostalgique avec des histoires plein la musette, cherche le Lomu.

Dans tous les cas, ça te fait patienter avant le prochain match au stade, ou avant de pouvoir rechausser les crampons pour de vrai, si la carcasse le permet encore. Parce que, faut pas se mentir, rien ne vaut la vraie since, les vrais tampons et les chants des copains qui te portent. Mais en attendant, ça fait passer le temps, et ça Ă©vite de trop penser Ă  la mĂ©tĂ©o pourrie ou aux impĂŽts. C’est dĂ©jĂ  ça de gagnĂ©, hein? ?

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