Le silence du gouvernement français face à l’assaut israélien sur la flottille humanitaire interpelle

La Flottille humanitaire Global Sumud interceptée par les forces israéliennes

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Le gouvernement français reste silencieux face à l’assaut israélien sur la flottille humanitaire, suscitant des interrogations.
  • Les 28 Français détenus à Ktziot seront expulsés vers la Grèce, non vers la France, malgré les efforts diplomatiques.
  • La France insoumise s’inquiète de la disparition de quatre élus à bord, appelant à une réaction urgente.
  • La diplomatie française, souvent prudente, semble privilégier ses alliances au détriment de la défense de ses citoyens.

Détenus à la prison de Ktziot, les ressortissants français qui se trouvaient à bord de la flottille d’aide à Gaza interceptée cette semaine par Israël vont être expulsés vers la Grèce, a confirmé le ministère français des Affaires étrangères.

Un groupe de 28 Français participait à cette mission humanitaire destinée à acheminer de l’aide à l’enclave palestinienne.

D’après le Quai d’Orsay, ils seront expulsés lundi 6 octobre à destination de la Grèce, quelques jours après l’intervention militaire israélienne qui a mis fin à leur tentative de briser le blocus maritime imposé à Gaza.

Ces Français faisaient partie des militants internationaux interceptés au large par les forces navales israéliennes, alors qu’ils tentaient d’apporter un soutien à une population soumise à un siège de plus en plus étouffant.

Un blocus que de nombreux juristes et ONG jugent illégal au regard du droit international.

Silence diplomatique et expulsion « convenable »

Le ministère français des Affaires étrangères s’est gardé de toute condamnation explicite de l’assaut israélien, se limitant à quelques communiqués laconiques sur le sort des ressortissants français.

La diplomatie française n’a pas véritablement insisté pour obtenir un rapatriement direct vers la France, préférant cette solution grecque — une issue qui semble arranger tout le monde, sauf peut-être les principaux concernés.

Sur X, le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux, a indiqué qu’« après une première visite consulaire vendredi, une seconde visite consulaire a eu lieu ce dimanche à la prison de Ktziot. Nos équipes ont pu rencontrer tous nos compatriotes, qui vont bien ».

Il a ajouté que les agents consulaires « poursuivent un suivi individuel et restent en contact étroit avec leurs familles pour leur rendre compte de la situation et des messages transmis par leurs proches ».

Une déclaration rassurante en apparence, mais qui ne dit rien des conditions de détention ni des pressions subies par les militants à leur arrestation.

Retards administratifs et transparence en pointillés

Le Quai d’Orsay a précisé que parmi les 28 Français évoqués, « certains sont enregistrés sous d’autres nationalités (américaine, suédoise, tunisienne ou turque) ».

Une liste complète des passagers doit, selon le ministère, être transmise « demain matin ».

Ces précisions, formulées sans grand empressement, mettent en lumière la lenteur administrative de la diplomatie française, souvent plus soucieuse de ne pas froisser ses partenaires que de défendre activement ses propres citoyens.

L’inquiétude grandissante de La France insoumise

Dimanche 5 octobre, La France insoumise s’est alarmée de ne plus avoir de nouvelles de quatre de ses élus présents à bord de la flottille : les députés François Piquemal et Marie Mesmeur, ainsi que les eurodéputées Rima Hassan et Emma Fourreau.

Leur disparition momentanée a suscité une vague d’inquiétude au sein du mouvement, prompt à mobiliser les médias sur le sujet.

Sur franceinfo, Manon Aubry a exhorté l’exécutif à réagir : « Il s’agirait pour la France d’enfin agir ».

Une formule qui illustre le décalage entre l’indignation publique et la prudence diplomatique du gouvernement.

Pour le porte-parole du Quai d’Orsay : la « priorité demeure le retour en France de nos ressortissants dans les meilleurs délais ». Une promesse que beaucoup jugent de pure façade.

Une diplomatie française sur la défensive

Au total, 30 Français ont été arrêtés lors de l’interception de la flottille internationale “Global Sumud”, composée d’environ 45 navires et de centaines de militants venus de divers pays pour acheminer de l’aide humanitaire à Gaza. Une opération de grande ampleur, aussitôt neutralisée par Israël.

La position française reste, comme souvent, d’une prudence quasi paralysante.

Paris se veut championne des droits de l’homme, mais se tait dès qu’il s’agit de citoyens arrêtés pour avoir voulu livrer de l’aide à une population affamée et bombardée.

Une fois encore, la raison d’État l’emporte sur la défense des citoyens.
Et à force de ménager ses alliances, la France donne l’impression de ne plus savoir défendre les siens.

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