🔥 Les essentiels de cette actualité
- La France prête à développer seule un avion de combat si le projet Scaf échoue, selon un responsable anonyme.
- Dassault Aviation soutient un plan B souverain, Eric Trappier affirme pouvoir mener le projet de A à Z.
- Le Scaf, enlisé par des tensions industrielles et politiques, risque de devenir un fiasco coûteux pour les contribuables.
- L’Allemagne envisage un projet alternatif sans la France, remettant en cause la coopération européenne.
La France est prête à développer « seule » un futur avion de combat si les négociations avec l’Allemagne et l’Espagne sur le programme de Système de combat aérien futur (Scaf) venaient à échouer.
C’est ce qu’a affirmé mercredi un responsable français, sous couvert d’anonymat.
Si on ne parvient effectivement pas à trouver d’accord sur une réorganisation du programme, la France saura faire un avion de chasse seule, ce qui ne veut pas dire en franco-français », a confié ce responsable sous couvert d’anonymat, rejoignant la position exprimée par Dassault Aviation, chef de file industriel du projet pour la France.
Derrière ces propos se dessine une convergence claire avec Dassault Aviation, maître d’œuvre du projet côté français, qui défend depuis des mois la possibilité d’un plan B souverain.
Dassault hausse le ton
Le PDG de Dassault, Eric Trappier, a confirmé cette ligne mardi 23 septembre lors de l’inauguration d’une nouvelle usine à Cergy (Val-d’Oise).
Le patron de l’avionneur a déclaré sans détour : « L’avion de combat du futur ? On peut le faire sans l’Allemagne ! »
Et d’ajouter que son groupe pouvait mener « tout seul de A à Z » le projet, aujourd’hui officiellement conçu en coopération avec Berlin et Madrid.
Un signal fort, qui s’ajoute aux avertissements déjà envoyés à l’exécutif français.
Cette prise de position tombe alors que le programme, estimé à 100 milliards d’euros et censé donner naissance au successeur du Rafale à l’horizon 2040, est actuellement à l’arrêt.
Un programme enlisé dans les querelles
Le Scaf est aujourd’hui miné par des tensions industrielles et politiques. Les divergences sur la répartition des tâches entre Dassault Aviation et Airbus — qui représente l’Allemagne et l’Espagne — bloquent toute avancée.
Dassault, qui revendique son savoir-faire et son rôle central, dénonce une gouvernance inefficace et lourde.
De son côté, Airbus défend une approche « équilibrée » entre partenaires, ce qui revient en réalité à diluer l’expertise française dans un compromis bureaucratique.
Cette impasse rappelle les années 1980, lorsque la France avait claqué la porte d’un projet commun européen pour développer seule le Rafale, devenu depuis un succès industriel et militaire.
Les faux-semblants de la coopération européenne
Encore une fois, le discours officiel sur la « coopération européenne » se heurte à la réalité.
Nos dirigeants jurent que l’avenir de la défense passe par des projets communs, mais ils préparent déjà une solution nationale de repli.
Faut-il y voir l’aveu implicite que ces grands programmes collectifs sont ingérables dès qu’entrent en jeu les intérêts contradictoires des États membres ?
La France, forte de son expérience et de son industrie aéronautique de pointe, n’a pas besoin de s’enliser dans des réunions stériles où chaque pays tire la couverture à lui.
Pendant ce temps, nos forces armées voient leur matériel vieillir et attendent des moyens concrets.
Berlin regarde ailleurs
Comme si cela ne suffisait pas, l’Allemagne multiplie les signaux de désengagement.
Selon Politico, le ministère allemand de la Défense aurait confié à Airbus envisager sérieusement un projet alternatif… sans la France.
Berlin réfléchirait à se rapprocher de la Suède ou du Royaume-Uni pour bâtir une coopération parallèle.
Ce coup de canif dans l’« amitié franco-allemande » démontre une fois de plus que, derrière les grands discours sur l’Europe de la défense, chacun défend avant tout ses intérêts nationaux.
Le prix pour les Français
Au final, qui paiera la facture de cette cacophonie ? Les contribuables.
Chaque euro englouti dans une coopération inefficace est un euro de moins pour équiper nos armées, protéger nos frontières ou moderniser nos infrastructures.
Le projet Scaf, censé être la vitrine de la défense européenne, risque bien de se transformer en fiasco coûteux.
Dassault, soutenu par une partie de l’appareil d’État, se prépare ouvertement à tourner la page d’un projet commun qui n’avance pas.
Reste à savoir si Paris aura le courage politique d’assumer pleinement une voie souveraine, ou si l’on continuera à perdre du temps et de l’argent dans une illusion de coopération européenne.
IMPORTANT - À lire
Pour aller plus loin sur les enjeux géopolitiques et industriels du programme Scaf, découvrez notre revue mensuelle. Nos analyses approfondies décryptent les dessous des coopérations européennes en matière de défense et leurs impacts pour la France.
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