🔥 Les essentiels de cette actualité
- La Cour des comptes critique la gratuité des transports, dénonçant un gouffre financier pour les collectivités et une efficacité écologique limitée.
- Seules les petites villes sous-utilisées pourraient bénéficier de cette mesure, tandis que les grandes agglomérations subissent des pertes de recettes importantes.
- À Montpellier, le maire défend la gratuité, citant une hausse de fréquentation de 27 % et une amélioration de la qualité de l’air.
- La Cour des comptes nuance ces résultats, soulignant que l’impact sur la pollution automobile reste marginal et recommande des réductions tarifaires ciblées.
Présentée comme un progrès social et écologique, la gratuité des transports publics serait un gouffre pour les finances locales.
Dans un rapport publié lundi, la Cour des comptes démonte les arguments de ses promoteurs et souligne que la mesure « ne s’accompagne que d’un report modal des automobilistes très limité ».
À ce jour, une quarantaine de collectivités ont adopté la gratuité totale pour tous les voyageurs.
Parmi elles, Dunkerque, Aubagne, Compiègne ou encore la métropole de Montpellier et ses 31 communes.
Selon la Cour, si cette option peut se justifier dans le cas de réseaux de petite taille, souvent sous-utilisés, elle se retourne contre les grandes agglomérations.
Pour ces dernières, les pertes de recettes tarifaires sont considérables et les infrastructures, plus sollicitées, exigent des investissements supplémentaires.
Les magistrats parlent sans détour « d’effets négatifs sur le plan financier », qui s’ajoutent à une efficacité écologique limitée.
La défense des élus
À Montpellier, Michaël Delafosse dénonce « un rapport à charge », défendant une mesure « de pouvoir d’achat » et « pour le climat ».
L’élu socialiste revendique une hausse de fréquentation « de 27 % un an après l’entrée en vigueur de la gratuité » ainsi qu’une amélioration de la qualité de l’air sur son territoire.
Les réserves de la Cour des comptes
La Cour nuance fortement ces résultats. L’augmentation de la fréquentation se concentre surtout dans les centres-villes et sur de courtes distances, davantage au détriment de la marche et du vélo que de la voiture. Autrement dit, l’impact sur la pollution automobile serait marginal.
Les magistrats avertissent en outre que les « tensions financières » provoquées par la gratuité risquent de compromettre les projets indispensables au verdissement des bus et à l’extension des réseaux.
Ils recommandent donc d’orienter les réductions tarifaires en fonction des ressources des usagers, de renforcer la lutte contre la fraude et d’exiger des collectivités des évaluations transparentes à chaque changement tarifaire significatif.
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