Jean Castex, le nouveau pantouflard de la SNCF confirmé dans son fauteuil de grand patron des rails

Le Parlement valide la nomination de Jean Castex à la tête de la SNCF

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Jean Castex, ancien Premier ministre, nommé à la tête de la SNCF avec 60 voix favorables sur 83 votants. Une majorité confortable pour le fidèle de Macron.
  • Castex promet de relever les défis du rail : modernisation, concurrence et écologie. Mais sans préciser les financements, il laisse planer le doute sur hausse des tarifs et subventions publiques.
  • Le « choc capacitaire » révèle l’incapacité du service public à répondre à la demande. Castex mise sur les trains de nuit, abandonnés puis ressuscités par les mêmes décideurs.
  • De la RATP à la SNCF, Castex incarne le pantouflage à la française. Un système où les conflits d’intérêts sont la norme et les mêmes profils se partagent les postes-clés.

C’est désormais officiel : le Parlement a validé, mercredi 22 octobre, la nomination de Jean Castex à la tête de la SNCF.

Proposé par Emmanuel Macron, l’ancien Premier ministre succède à Jean-Pierre Farandou, promu ministre du Travail et des Solidarités.

Avec 60 voix favorables sur 83 votants dans les commissions du Développement durable du Sénat et de l’Assemblée nationale, l’ami Castex a reçu un feu vert sans surprise pour diriger le géant ferroviaire public.

Une majorité confortable, révélatrice d’un système bien rodé où les postes-clés se distribuent entre fidèles du pouvoir.

Le décret officialisant sa nomination devrait être présenté lors du Conseil des ministres du 29 octobre, selon Le Monde.

Castex pourrait donc s’installer dans son nouveau bureau avant la fin novembre, sans même attendre les décorations de Noël.

La boucle est bouclée : Farandou quitte la SNCF pour rejoindre le gouvernement, et Castex, choisi par Macron, fait le chemin inverse.

Le carrousel politico-administratif tourne sans relâche, toujours avec les mêmes têtes.

Le programme de Castex : promesses et vieilles recettes

Devant les élus, Jean Castex a détaillé sa feuille de route, énumérant avec sérieux les “nombreux défis” à relever : “le fameux mur d’investissement pour moderniser le réseau, la montagne de l’ouverture à la concurrence et le choc de la transition écologique.”

L’ancien Premier ministre a aussi pointé “l’impact très concret du changement climatique sur la perturbation des réseaux”, justifiant ainsi “des investissements massifs” pour adapter le système ferroviaire à ces transformations.

Des déclarations convenues, qui laissent l’impression d’un constat tardif. Depuis des années, les voyageurs dénoncent les mêmes problèmes : rails vieillissants, infrastructures saturées et billets toujours plus chers.

Castex se contente de reformuler l’évidence, sans indiquer d’où viendra l’argent.

On devine aisément la réponse : hausse des tarifs pour les usagers, subventions publiques à répétition, et impôts toujours plus lourds.

Un “choc capacitaire” pour masquer la pénurie

Au Parlement, Castex a lâché le mot qui résume toute la crise du rail : le “choc capacitaire”. Autrement dit, un “manque d’offre” qui empêche de répondre à la demande croissante.

Ce constat lucide cache mal une réalité : le service public ferroviaire n’a jamais été aussi incapable d’assurer sa mission première, transporter les Français dans des conditions décentes.

Pour donner le change, il promet “d’améliorer au maximum la gestion et l’attractivité des trains de nuit”.

Ironie du sort : ces lignes, autrefois emblématiques, ont été abandonnées par les mêmes décideurs qui prétendent aujourd’hui les ressusciter.

Ce prétendu “choc capacitaire” ressemble davantage à l’aveu d’un échec collectif qu’à un plan de relance crédible.

De la RATP à la SNCF : les portes tournantes du pouvoir

Castex quitte la RATP pour prendre la tête de la SNCF, après avoir été reconduit en octobre 2024 à la régie parisienne pour un mandat de cinq ans.

Un départ express qui révèle la mécanique bien huilée du pantouflage à la française.

Deux entreprises concurrentes sur plusieurs marchés se retrouvent ainsi dirigées par les mêmes profils interchangeables.

Officiellement, Jean Castex s’est engagé à “se déporter volontairement” des dossiers sensibles pendant trois ans.

Une précaution qui prête à sourire dans ce petit monde où les conflits d’intérêts sont devenus la norme.

Le “grand commis de l’État” promet la neutralité, mais restera évidemment un acteur central de ces réseaux politico-économiques où tout se décide entre initiés.

Qui pour reprendre la tête de la RATP ?

Le départ de Castex ouvre une nouvelle bataille feutrée pour le contrôle de la RATP.

Aucun nom n’a encore été officiellement confirmé, mais les couloirs bruissent déjà de rumeurs.

Selon BFMTV, le nom de Catherine Guillouard, ancienne PDG de la régie entre 2017 et 2022, reviendrait régulièrement.

Elle avait quitté le poste pour “raisons personnelles” avant d’être remplacée par… Jean Castex lui-même.

D’autres profils sont évoqués : Sylvie Jéhanno, actuelle patronne de Dalkia (filiale du groupe EDF) et spécialiste des services énergétiques ; Frédéric Baverez, ex-dirigeant de Keolis France ; et Bruno Angles, ancien haut responsable d’AG2R La Mondiale et membre du conseil d’administration de la RATP jusqu’en 2024.

Frédéric Baverez et Bruno Angles figuraient déjà parmi les favoris en 2017, avant que Catherine Guillouard ne leur grille la priorité.

Cette valse des dirigeants traduit la logique de reproduction des élites publiques : les mêmes noms circulent, les mêmes promesses reviennent, et les mêmes échecs se répètent.

Pendant ce temps, les usagers du métro et des trains régionaux attendent simplement que les transports fonctionnent – sans retard, sans panne et sans discours creux.

Un système verrouillé, un service à bout de souffle

Au fond, cette nomination de Jean Castex à la SNCF n’est pas une surprise : elle incarne parfaitement un système où les anciens ministres se recyclent dans les grandes entreprises publiques, à l’abri du besoin et de la concurrence réelle.

Chaque nomination devient une récompense, chaque fauteuil un lot de consolation.

Pendant que les dirigeants se repassent les commandes du rail, les trains, eux, continuent d’accumuler retards, incidents et hausse des prix. Le pantouflage prospère, mais le service public, lui, reste en gare.

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