Présidentielle 2027 : la foire d’empoigne est lancée

Présidentielle 2027 : la foire d’empoigne est lancée

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La course à l’Élysée pour 2027 est déjà lancée, avec Macron constitutionnellement empêché de se représenter. Qui succédera au président sortant ?
  • À gauche, les candidatures se multiplient : Tondelier, Autain, Ruffin, Glucksmann et Roussel. La gauche en ordre dispersé promet une bataille acharnée.
  • Du côté macroniste, Philippe, Darmanin et Attal se positionnent. La majorité présidentielle en quête d’un dauphin pour perpétuer la lignée.
  • À droite, Retailleau, Lisnard et Bertrand s’activent. La droite classique sort du bois pour reconquérir l’Élysée.
  • L’extrême droite reste en embuscade avec Le Pen et Bardella. Les Français, eux, attendent des réponses aux vrais problèmes du pays.

La course à l’Élysée s’emballe déjà, alors que Macron n’a même pas fini de nous saigner.

Un an et demi avant l’échéance présidentielle, les requins politiques s’agitent.

Sous la Ve République, l’élection suprême occupe une telle place que les ambitions s’affichent bien avant l’heure.

Emmanuel Macron étant constitutionnellement empêché de briguer un troisième mandat, la bataille pour sa succession s’annonce féroce.

Qui prendra place dans le bureau doré de l’Élysée en mai 2027 ? Les couteaux s’aiguisent dans l’ombre, les alliances se tissent et les rivalités éclatent déjà au grand jour.

La gauche en ordre dispersé

Marine Tondelier a dégainé la première. Dans les colonnes du Nouvel Obs, la patronne des Écologistes a officialisé sa candidature à la primaire de la gauche.

« Je viens d’un territoire où on ne baisse pas la tête. Aujourd’hui, c’est celle de tout un pays que je veux aider à relever », a-t-elle lancé, parlant même « d’acte d’amour pour la France ». Rien que ça.

Elle rejoint Clémentine Autain et François Ruffin, déjà en lice pour la primaire commune du PS et des Verts, aux côtés de micro-mouvements comme l’Après ou Debout !, que l’on ne revoit jamais qu’en période électorale. Quant à Raphaël Glucksmann, il avance masqué.

« Je vais tout faire pour que notre pôle démocrate, social et écologiste soit en mesure de gagner en 2027. Pas d’être premier à gauche : de gagner. On verra ensuite, bientôt, qui est le mieux placé pour le faire », déclarait-il au Monde en mai dernier.

Du côté communiste, Fabien Roussel trépigne d’impatience. Officiellement, il attend le feu vert des militants, mais il reconnaissait déjà être « en campagne » il y a plusieurs mois.

Son ouvrage Le parti pris du travail lui sert de tremplin pour séduire un électorat populaire qu’il prétend défendre — jusqu’à la prochaine élection.

Chez La France insoumise, le scénario est tout tracé. Jean-Luc Mélenchon, qui avait juré en 2022 qu’il ne se représenterait plus, n’a toujours rien annoncé. Mais personne n’est dupe.

À 74 ans, le tribun occupe le terrain comme jamais : meetings à répétition, interventions calibrées, omniprésence médiatique.

Derrière ses discours sur la « transmission », tout laisse penser qu’il se prépare bel et bien à une quatrième candidature.

Le camp macroniste en ordre de marche

Pendant que la gauche se déchire, les héritiers d’Emmanuel Macron préparent déjà l’après-Macron

Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre, avance à visage découvert.

Le maire du Havre planche depuis des mois sur un programme qu’il qualifie lui-même de « massif » et qu’il prévoit de dévoiler après les municipales.

Désormais libéré de toute loyauté, il l’assume : il « ne doit rien » à Macron.

À ses côtés, deux jeunes ambitieux affûtent leurs armes. Gérald Darmanin, fidèle à son fauteuil ministériel, cherche à élargir son champ d’action au-delà de la sécurité et de la police.

Il a d’ailleurs renoncé à la mairie de Tourcoing, une manière de garder les mains libres pour la suite.

Gabriel Attal, lui, ne se cache plus : à Arras, le 21 septembre, lors du rassemblement de Renaissance, il a promis des « ruptures majeures » avec la politique actuelle — facile, quand on y a contribué.

D’autres figures du macronisme, comme Aurore Bergé, affinent aussi leurs stratégies personnelles.

À défaut d’un chef naturel, la majorité présidentielle ressemble désormais à un champ de prétendants où chacun rêve d’endosser le costume du dauphin.

La droite classique s’agite

La droite républicaine, elle aussi, sort du bois. Bruno Retailleau, patron des Républicains, a donné le ton dans Le Figaro du 21 octobre : il entamera bientôt un tour de France pour « rencontrer les Français ». Traduction : il prépare sa campagne.

« Ce chemin ouvre tous les possibles », dit-il avant d’ajouter, l’air faussement détaché : « Nous reparlerons de la présidentielle en début d’année prochaine. » Personne n’est dupe.

À Cannes, David Lisnard montre les dents. Président de l’Association des maires de France, il mise sur son ancrage local et son discours ultra-libéral.

Comme un Javier Milei à la française, il veut « trancher dans les dépenses publiques » — comprendre : sabrer encore plus dans les services déjà exsangues.

Xavier Bertrand, lui, profite de la sortie de son livre Rien n’est jamais écrit pour réoccuper les plateaux télé. Il répète qu’il est « prêt », comme à chaque élection.

L’extrême droite en embuscade

Marine Le Pen, elle, reste pour l’instant la seule officiellement candidate.

La députée du Pas-de-Calais, favorite des sondages du premier tour, se heurte toutefois à un obstacle judiciaire : sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Tout dépendra de l’appel prévu en mars.

Si la décision est confirmée, elle sera écartée de la course, du moins pour 2027.

Son dauphin naturel, Jordan Bardella, est déjà sur la rampe de lancement. Le jeune député européen, discret pour l’instant, a reçu l’ordre de Marine Le Pen « de se préparer » — ) l’image d’Éric Zemmour, qui a confirmé le 21 octobre qu’il « se préparait » lui aussi.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et François Asselineau (UPR), eux, reprennent leur croisade contre le « système », espérant capter la colère de l’électorat désabusé.

Et les Français dans tout ça ?

Pendant que la classe politique s’agite pour s’assurer un strapontin au sommet, le pays, lui, reste à la traîne.

Inflation, insécurité, crise énergétique : autant de sujets relégués à l’arrière-plan d’une campagne qui n’a pas encore commencé.

À croire que pour nos dirigeants, la priorité n’est plus de gouverner, mais simplement de durer.

IMPORTANT - À lire

Pendant que nos dirigeants s'agitent pour préparer 2027, les vrais problèmes des Français sont relégués au second plan. Inflation, insécurité, crise énergétique : autant de sujets qui méritent une analyse approfondie, loin des postures électoralistes.

Chaque mois, notre revue papier décrypte l'actualité et la géopolitique en profondeur, sans tabou ni langue de bois. Pour aller plus loin que les discours convenus et comprendre les enjeux qui façonneront demain.

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