Inflation et pénurie de cash transforment l’espèce en luxe pour les ruraux modestes

Une proposition de loi veut garantir l’accès au cash dans les campagnes face à la disparition massive des distributeurs.

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La disparition de 8 500 DAB en 5 ans frappe les campagnes, laissant les ruraux sans accès au cash. Une proposition de loi pour un maillage minimal est en discussion.
  • Les aînés et modestes des villages souffrent de l’inflation et de l’éloignement des guichets. Le cash devient un luxe, vital pour leurs dépenses quotidiennes.
  • Le cash back chez les commerçants proposé pour pallier la pénurie de DAB. Une solution pour les territoires périphériques où la vie devient un cauchemar.
  • À Famars et La Guierche, aucun DAB à moins de 5 km. Les habitants dépensent plus en essence que pour leurs retraits. La modernité exclut les plus vulnérables.

Face à la désertification galopante des guichets automatiques dans les campagnes oubliées, le député socialiste Pierrick Courbon a porté une proposition de loi visant à imposer un accès minimal au cash.

En cinq ans, plus de 8 500 distributeurs ont purement et simplement disparu, laissant les Français des territoires périphériques à la merci d’une société cashless imposée par les élites bancaires.

Ce texte, adopté le 3 décembre par la commission des finances, arrive en séance publique ce jeudi 11 décembre après-midi.

Pour Courbon, les particuliers, surtout les aînés et les ruraux, se heurtent à un accès de plus en plus impossible à l’espèce.

Le liquide est vital lorsque l’inflation ronge les retraites et complique les paiements du quotidien.

Dans ces villages sacrifiés, où les transports coûtent un bras pour aller retirer quelques billets, cette loi sonne comme un rempart contre la surveillance totale et l’endettement forcé que prône la technocratie bruxelloise.

Un filet de sécurité pour le cash : DAB préservés et retraits chez le boucher du coin

La proposition de loi déploie des parades concrètes pour que le billet reste à portée de main.

D’abord, elle impose le maintien d’un maillage dense de distributeurs automatiques de billets.

Ces machines vitales sont sabotées par les banques au nom d’une modernité qui exclut les plus modestes.

Sans cela, les retraités des villages sacrifiés se trouvent obligés de claquer des fortunes en essence pour un simple paquet de billets.

Le texte va plus loin en boostant le « cash back commerçant ». L’idée permet de retirer de l’espèce directement chez l’épicier ou le garagiste du coin lors d’un achat banal.

C’est une bouffée d’air pour ces territoires périphériques où les DAB se font aussi rares que les emplois stables, et où la vie quotidienne devient un cauchemar avec des trajets interminables.

Cette mesure est un rempart modeste mais tenace contre la dérive vers une société cashless, terrain de jeu idéal pour la surveillance généralisée.

Dans les villages sacrifiés, le cash devenu mirage à cinq bornes

À Famars, un village du Nord de 2 500 âmes, il n’existe plus un seul distributeur automatique de billets sur place. Le plus proche se situe à cinq kilomètres, après la fermeture de celui d’Aulnoy-lez-Valenciennes.

Les habitants sont contraints de devoir prendre la voiture ou un autre moyen de transport pour accéder à une agence bancaire ouverte, ou tout simplement à un DAB.

Avec l’inflation qui grignote les fins de mois, ces kilomètres en plus pèsent lourd dans le budget des familles modestes.

Pareil à La Guierche, en Sarthe. 1 200 résidents se serrent la ceinture sans guichet digne de ce nom. Seule l’agence postale permet des retraits, un pis-aller pour beaucoup.

Beaucoup de personnes âgées ont ouvert des comptes dans cette agence pour pouvoir retirer de l’espèce.

Ces seniors, oubliés par la modernité imposée d’en haut, s’adaptent comme ils peuvent face à des élites bancaires qui désertifient les campagnes au nom du progrès.

Installer un DAB indépendant est une utopie ruineuse, à dix mille euros minimum. Les villages paumés résistent tant bien que mal à cette dérive technocratique qui transforme l’espèce en luxe.

Le grand ménage des DAB : les chiffres qui trahissent l’oubli des campagnes

Derrière les chiffres lisses du rapport CNMP de la Banque de France, publié en juillet 2024, se cache une réalité brutale qui frappe durement les campagnes oubliées.

Le rapport affirme que 98,8 % de la population vit à moins de 15 minutes en voiture d’un point d’accès aux espèces.

Cette performance théorique masque une éradication méthodique : 71 541 DAB et points privatifs au total fin 2023, en baisse de 2,3 % par rapport à 2022.

Les automates purs chutent à 44 123 unités, soit 4,6 % de moins qu’en 2022, un gouffre de près de 8 500 disparus depuis 2018.

Pire encore, sur 2 126 DAB supprimés en un an, 2 085 l’ont été dans les communes de plus de 2 000 habitants.

Dans les villages de moins de 500 âmes, c’est un carnage : -7,1 % entre 2022 et 2023. Ces chiffres officiels trahissent les Français des territoires périphériques.

Le liquide est une bouée de sauvetage vitale. Pour les aînés et les modestes sans voiture, c’est la modernité technocratique qui les exclut.

IMPORTANT - À lire

Vous voulez comprendre les dessous de cette guerre contre le cash qui frappe durement les campagnes sacrifiées ? Chaque mois, notre revue papier décortique les manœuvres des élites bancaires et de la technocratie bruxelloise pour imposer une société cashless et la surveillance généralisée.

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