Fastac, un poison interdit… mais produit en France

Une usine du groupe BASF produit des pesticides interdits en Europe

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Découverte choquante : le pesticide Fastac, interdit en Europe, produit en masse par BASF près de Lyon pour l’exportation.
  • Les autorités françaises tolèrent les géants de la chimie qui contournent les règles, tandis que les agriculteurs locaux subissent des normes strictes.
  • Près de dix tonnes de Fastac saisies, révélant un trafic probablement ancien et un double standard des puissants.
  • Les militants dénoncent un colonialisme moderne : on empoisonne d’autres pays et on rachète leurs récoltes contaminées.

Le pesticide Fastac, interdit dans l’Union européenne pour ses effets dévastateurs sur les abeilles et ses risques pour l’homme, a été découvert en quantités massives dans une usine BASF près de Lyon.

L’entreprise chimique allemande l’utilisait pour fabriquer des produits phytosanitaires destinés à l’exportation hors d’Europe. Une inspection surprise a révélé cette activité illégale.

Les autorités françaises font preuve d’une étrange tolérance envers les géants de la chimie.

BASF et d’autres multinationales profitent du laxisme des contrôles pour contourner les règles européennes : ce qui est interdit chez nous se retrouve exporté pour empoisonner d’autres pays.

Les agriculteurs français face à l’injustice

Les agriculteurs français doivent respecter des règles toujours plus strictes pour produire sainement, tandis que les géants de l’industrie chimique agissent librement sur le territoire. Combien d’autres sites industriels cachent des substances interdites sous le regard des inspecteurs ?

L’État préfère traquer le citoyen ordinaire plutôt que les véritables pollueurs, capables d’engager des armées d’avocats et de lobbyistes. Une véritable politique de contrôle des industriels reste absente.

Fastac produit à Genay malgré l’interdiction

L’insecticide Fastac, banni sur les terres européennes, se fabrique tranquillement sur le site BASF de Genay, près de Lyon. Cette situation illustre le deux poids deux mesures des dirigeants.

Les Faucheurs volontaires, activistes déterminés, ont découvert l’affaire fin juin. Le gouvernement a été contraint de lancer une inspection via la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes. Le rapport rendu public le 5 août confirme que d’énormes quantités de ce poison sont stockées sur place.

Les multinationales continuent de produire ces substances pour les vendre ailleurs alors que leur usage est interdit aux agriculteurs français.

Saisie de dix tonnes d’insecticides toxiques

La préfecture a saisi près de dix tonnes de Fastac contenant de l’alpha-cyperméthrine, interdite en Europe depuis 2021. Le produit est fabriqué en Inde, importé à Genay, puis transformé et emballé pour l’export.

Cette situation démontre l’hypocrisie du système : les producteurs locaux sont étouffés par des normes strictes, tandis que des substances interdites circulent librement.

Un trafic découvert par hasard

La descente de police a révélé un trafic probablement en cours depuis des années.

D’autres entrepôts similaires existent probablement sur le territoire. Ces produits toxiques, interdits en Europe mais vendus à l’étranger, deviennent le nouvel or noir des multinationales.

Jean-Luc Juthier, un des militants qui a pénétré dans l’usine en juin, qualifie cette pratique de colonialisme.

Il dénonce l’exportation de produits dangereux que nous refusons d’utiliser, soulignant les problèmes de santé et d’environnement engendrés, ainsi que l’importation ultérieure de denrées contaminées.

Un cercle vicieux orchestré

On empoisonne d’autres pays et on rachète leurs récoltes contaminées. Cette version moderne du pillage des colonies bénéficie de la complicité tacite des dirigeants.

Pendant que les discours sur l’écologie se multiplient, ces substances interdites poursuivent leur route vers des pays aux réglementations plus souples ou inexistantes.

Le double standard des puissants montre que ce qui est interdit pour le citoyen reste profitable pour eux.

BASF affirme respecter scrupuleusement les règles européennes, tandis que ses détracteurs dénoncent un cadre juridique flou exploité sans vergogne.

Le rapport entre les mains du ministère

La préfecture a transmis le rapport au ministère de l’Agriculture. Une décision ferme pourrait être prise, ou non.

Comme toujours, les multinationales jouent avec la légalité pendant que les administrations se renvoient la balle.

L’attente d’une sanction risque de durer autant que nécessaire pour que l’affaire tombe dans l’oubli.

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