🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le lithium, métal stratégique, est surexploité pour les batteries, mais pourrait être un espoir contre Alzheimer.
- Des études révèlent que les plaques amyloïdes séquestrent le lithium, aggravant la maladie.
- L’orotate de lithium montre des résultats prometteurs sur les souris, mais reste non testé à grande échelle sur l’homme.
- L’industrie pharmaceutique ignore le lithium car non brevetable et peu rentable, privilégiant des traitements coûteux.
Métal argenté présent à l’état de traces dans l’organisme, le lithium circule discrètement dans nos tissus. Comme si la nature avait anticipé son importance bien avant que les technocrates ne l’érigent en « or blanc du XXIᵉ siècle ».
Aujourd’hui, il est partout : smartphones, ordinateurs, batteries de voitures électriques.
La demande explose, creusant l’appétit vorace de nos dirigeants pour ce métal. Les gisements d’Amérique du Sud et d’Afrique sont surexploités, tandis que les dégâts environnementaux sont balayés d’un revers de main.
Pendant que la Chine verrouille déjà le marché et que l’Occident se contente de beaux discours, les États se battent pour accaparer ce métal au nom de la croissance verte.
En parallèle, les chercheurs révèlent un autre front insoupçonné : celui de la santé humaine. »
Lithium et Alzheimer : un mécanisme inquiétant
Sur un autre front, le lithium intrigue la recherche médicale.
Une étude publiée dans Nature par Harvard Medical School révèle que le cerveau des malades d’Alzheimer contient moins de lithium
Analyses de tissus humains, puis tests sur des souris : les fameuses plaques amyloïdes, ces amas protéiques caractéristiques d’Alzheimer, se comportent comme de véritables aimants à lithium.
Elles séquestrent l’élément, privant le cerveau de ce métal indispensable à son fonctionnement, moins il y a de lithium, plus il y a de plaques, et plus il y a de plaques, moins il reste de lithium disponible.
C’est ce cercle vicieux qui expliquerait pourquoi cette maladie progresse si rapidement une fois installée.
Luc Buée, du Centre de recherche Lille Neuroscience & Cognition, rappelle que, à forte dose, ce métal peut endommager les reins. Toutefois, il précise que les microdoses testées en laboratoire restent inoffensives
Une découverte qui mériterait un large débat public. Mais les autorités sanitaires restent muettes, trop occupées à vendre d’autres priorités.
Les promesses et les erreurs de la recherche
L’histoire médicale du lithium est ancienne : au XIXᵉ siècle, il servait déjà contre la mélancolie bien avant que Big Pharma ne s’en empare.
La recette d’origine du soda 7-Up en contenait jusqu’en 1948 ; dans les années 1970, il est devenu traitement de référence des bipolaires.
Mais sur Alzheimer, les essais cliniques ont échoué : les chercheurs misaient sur le carbonate de lithium, neutralisé par les plaques amyloïdes.
C’est là que les chercheurs de Harvard pensent avoir trouvé la clé : l’orotate de lithium. Testé sur les souris, il a fait des miracles. Les rongeurs, après quelques microdoses, ont retrouvé leur mémoire. Contrairement au carbonate, cette forme n’est pas neutralisée par les plaques.
Même constat chez des personnes saines : plus leur cerveau contient de lithium, mieux elles réussissent les tests de mémoire
Mais ces résultats restent pré-cliniques. Pour l’instant, rien n’a encore été testé à grande échelle sur l’homme.
Pharmas et profits : l’obstacle principal
Si le lithium s’avérait efficace contre Alzheimer, pourquoi ne pas l’utiliser massivement ? La réponse est simple : il est naturel, donc non brevetable.
Selon Tomas Hajek, psychiatre à l’Université Dalhousie :
« Aucune compagnie pharmaceutique ne va faire de profit sur le lithium »
L’industrie pharmaceutique a déjà trouvé la parade ailleurs : breveter non pas la molécule, mais la formulation.
Denis Vivien, spécialiste des troubles neurovasculaires explique :
« À l’image du gel hydroalcoolique : l’alcool n’est pas brevetable, mais les marques ont pu breveter sa formulation en gel, notamment lors de la pandémie de Covid-19 »
Les traitements peu rentables comme le lithium restent dans les cartons, tandis que des molécules coûteuses et brevetées raflent les financements.
Santé publique reléguée au second plan, profits garantis pour les laboratoires.
Lithium et santé mentale au-delà d’Alzheimer
Le marché potentiel du lithium dépasse largement la maladie d’Alzheimer.
L’OMS rappelle qu’en Europe, un habitant sur six souffre d’un trouble mental, et qu’un tiers d’entre eux ne reçoit aucun soin digne de ce nom.
Mais nos systèmes de santé, gangrenés par la bureaucratie et les coupes budgétaires, ignorent les pistes simples comme le lithium.
Luc Buée n’exclut pas son intérêt pour d’autres pathologies :
« Il n’est pas du tout idiot de penser qu’une supplémentation en lithium à très faible dose pourrait s’avérer utile, puisqu’on a besoin d’avoir une concentration suffisante dans notre cerveau pour ne pas déclencher des mécanismes délétères. »
Autrement dit : nos cerveaux pourraient tout simplement manquer d’un élément vital.
Mais cette hypothèse reste ignorée. Pas assez rentable, sans doute.
Le paradoxe du lithium
Le lithium : métal stratégique pour nos batteries, mais aussi espoir pour nos cerveaux.
Pourtant, Big Pharma et nos dirigeants préfèrent l’exploiter comme ressource géopolitique plutôt que comme remède potentiel contre Alzheimer et d’autres troubles mentaux.
Des malades qui attendent, des recherches qui piétinent, et un minéral vital réduit au rôle d’or blanc des multinationales.
IMPORTANT - À lire
Le lithium, un remède caché contre Alzheimer ? Pendant que l'industrie pharmaceutique ignore cette piste prometteuse, nos analyses approfondies révèlent les enjeux géopolitiques et sanitaires qui se cachent derrière ce métal méconnu.
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