🔥 Les essentiels de cette actualité
- Plus de 1 141 patrons d’entreprises majeures s’unissent à Stéphane Séjourné pour combattre le dumping chinois et réclamer la priorité pour les entreprises européennes, marquant un tournant protectionniste.
- L’Union européenne alerte sur une concurrence déloyale avec un déficit commercial record de 350 milliards d’euros vis-à-vis de la Chine, rendant urgent un protectionnisme intelligent pour sauver l’économie.
- Désormais, les aides publiques exigent que les entreprises produisent localement, avec une contrainte stricte pour garantir que l’argent des contribuables soutienne les emplois européens de qualité.
- L’Europe abandonne sa naïveté en adoptant des mesures similaires à celles des Chinois avec leur ‘made in China’ et des Américains avec ‘buy American’ pour défendre ses atouts stratégiques.
Plus de 1 141 dirigeants de grands groupes comme Engie, Michelin, Air France, Bouygues ou Sanofi s’associent à Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne. Leur tribune commune paraît ce dimanche 1er février dans Les Échos, Handelsblatt, El Mundo et Corriere della Sera. Ils réclament une priorité aux entreprises du continent pour les aides et les marchés publics face au dumping et aux subventions massives venues notamment de Chine.
L’échec du modèle libéral face à la concurrence déloyale
Le commissaire au Marché intérieur et aux Services sonne l’alarme face à cette concurrence qualifiée de prédatrice. Ses mots sont sans appel :
Droits de douane, subventions massives, restrictions à l’exportation, violations de la propriété intellectuelle : la concurrence internationale n’a jamais été aussi déloyale. Alors que les règles du commerce sont en train d’être redéfinies, nous n’avons plus le choix.
L’année dernière, l’Union européenne a enregistré un déficit commercial record de 350 milliards d’euros vis-à-vis de la Chine. Ce constat illustre les limites d’un libre-échange intégral face à des puissances pratiquant un capitalisme d’État offensif. Sans un protectionnisme stratégique, « l’économie européenne est condamnée à n’être qu’un terrain de jeu pour ses concurrents ».
L’argent public pour les usines européennes
Séjourné et ces dirigeants avancent désormais une condition : chaque euro public devrait soutenir la production locale. « Chaque fois que l’argent public européen est utilisé, celui-ci doit contribuer à la production et aux emplois européens de qualité. » Cette mesure entend mettre fin aux chèques en blanc accordés aux sociétés adeptes de la délocalisation.
Le dispositif prévoit une contrainte stricte :
L’entreprise bénéficiaire devra produire une partie substantielle de sa production sur le sol européen.
Ce protectionnisme revendiqué viserait à garantir que les impôts des contribuables financent l’industrie du continent plutôt que des économies étrangères.
La fin d’une naïveté historique
Les grandes puissances économiques appliquent déjà ces règles. Les Chinois imposent leur « made in China » et les Américains leur « buy American ».
L’Europe adopte enfin des programmes similaires pour défendre ses atouts stratégiques. Ce revirement marque une rupture tardive avec des décennies de naïveté commerciale : l’Europe cesse d’être la championne du libre-échange désarmé et s’inspire des méthodes de ses rivaux pour préserver ses emplois et son appareil productif.
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