Agriculture : Macron parle, la crise continue

Emmanuel Macron visite un GAEC en Haute-SaĂ´ne

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Emmanuel Macron se prĂ©sente en dĂ©fenseur de l’agriculture française lors d’une visite en Haute-SaĂ´ne, entourĂ© d’Ă©leveurs en crise. Il dĂ©ploie un triptyque ambitieux pour la production nationale.
  • Les piliers de son plan incluent produire sans contrainte europĂ©enne, prĂ©server l’environnement et protĂ©ger des importations dĂ©loyales. Mais les agriculteurs doutent de ces promesses face aux dĂ©fis quotidiens.
  • Reconnaissant les colères justifiĂ©es, Macron vise une PAC stable et une souverainetĂ© alimentaire renforcĂ©e. Des investissements ciblĂ©s pour briser la dĂ©pendance Ă©trangère.
  • Avec aucun nouveau cas de dermatose bovine, des flexibilitĂ©s pourraient Ă©merger pour le Salon de l’agriculture. Une ouverture inattendue qui intrigue les professionnels.

À moins de trois semaines du Salon de l’agriculture, qui ouvrira ses portes le 21 février, Emmanuel Macron s’est glissé dans la posture du sauveur des champs. Direction la Haute-Saône, à Vallerois-le-Bois, pour une visite dans un GAEC modeste : 70 vaches produisant la fameuse cancoillotte, ce fromage emblématique du terroir franc-comtois. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, l’accompagnait.

Le président a déroulé son triptyque : « production, préservation et protection ». Des mots censés tracer la voie pour l’agriculture française et européenne. Produire pour nourrir la nation sans se laisser étouffer par les normes bruxelloises, préserver nos savoir-faire face à la concurrence déloyale, protéger nos filières contre l’inflation et les aléas climatiques. Sur le papier, l’ensemble ressemble à un rempart souverain contre la dépendance étrangère.

Mais les agriculteurs, usés par les crises successives et les contraintes administratives imposées par Bruxelles, attendent des actes plus que des discours. Reconnaître la souffrance quotidienne est un premier pas. Encore faut-il débureaucratiser réellement, alléger le carcan normatif et libérer les initiatives locales. À défaut, ces priorités rejoindront la longue liste des promesses non tenues, au pied des tracteurs immobiles.

Les trois piliers d’une agriculture souveraine

Emmanuel Macron a reconnu que les agriculteurs traversent une « période difficile », avec des colères régulièrement exprimées. À Vallerois-le-Bois, entouré d’éleveurs qui peinent à joindre les deux bouts face à l’inflation et aux règles bruxelloises qui freinent les initiatives locales, le président a promis « d’apporter des réponses ».

Le premier pilier : la production. « Ça doit être de produire, c’est pas un gros mot de produire », a-t-il lancé. Macron promet de se battre pour que la PAC reste « à l’euro près la même que sur la phase précédente », avec des investissements ciblés et « des objectifs de production au niveau européen, filière par filière ». L’objectif affiché est de réduire la dépendance alimentaire qui nous conduit à importer une part croissante de ce que nous consommons.

Le deuxième pilier repose sur la préservation : « notre eau, notre sol, notre biodiversité ». Des mots qui trouvent un écho chez les éleveurs, même si les sensibilités divergent au sein des syndicats, partagés entre impératifs de production et contraintes environnementales souvent dictées à Bruxelles.

Le troisième pilier, présenté comme un bouclier : la protection. Macron souhaite aligner l’agriculture sur le modèle de l’acier ou de l’automobile, en imposant une « préférence européenne ». L’idée est d’imposer aux importateurs les mêmes règles que celles qui pèsent sur nos producteurs. « Quand on a une règle qu’on impose à nos producteurs, il faut l’imposer à ceux dont on importe les biens », martèle-t-il. Reste à savoir si cette souveraineté agricole résistera aux arbitrages européens et à l’inflation qui réduit les marges. Les agriculteurs attendent des décisions concrètes, pas des principes théoriques.

Dermatose bovine : une fenêtre de flexibilité pour le Salon ?

Après ses annonces sur la souveraineté agricole, Emmanuel Macron a salué l’absence de nouveau cas de dermatose bovine depuis un mois. Pourtant, pour le Salon de l’agriculture, la décision reste inédite : aucun bovin ne sera présenté pour la première fois en 60 ans.

Le président invite les professionnels à explorer d’éventuelles marges de manœuvre. « Je les ai invités à regarder s’il y avait peut-être des flexibilités possibles », lâche-t-il, ajoutant que « ça peut se regarder ».

IMPORTANT - À lire

Au-delà des trois piliers de Macron, comprendre les enjeux réels de la souveraineté agricole européenne demande une analyse plus profonde. Notre revue mensuelle décrypte les promesses politiques et leurs impacts concrets sur nos filières et notre indépendance alimentaire.

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