🔥 Les essentiels de cette actualité
- Zelensky réclame des soldats européens pour le front, mais la France refuse de s’engager dans une guerre qui n’est pas la sienne.
- Avec des risques d’escalade nucléaire, envoyer des troupes françaises en Ukraine pourrait mener à une confrontation directe et dangereuse avec la Russie.
- Inspiré par De Gaulle et Chirac, la France doit adopter une politique indépendante pour protéger ses intérêts nationaux et éviter l’embrigadement atlantiste.
- Découvrez les alternatives à l’escalade et pourquoi une paix négociée est cruciale pour l’avenir de l’Europe.
Voilà donc Volodymyr Zelensky qui, une fois de plus, vient frapper à la porte des capitales occidentales pour réclamer ce que personne ne veut lui donner : des soldats européens sur le front ukrainien. Une demande présentée comme « logique » par le président ukrainien, mais qui relève davantage de la fuite en avant que de la stratégie raisonnée. Et derrière cette supplique répétée se dessine une question que nos dirigeants refusent obstinément de poser : jusqu’où la France doit-elle s’engager dans un conflit qui n’est pas le sien ?
Les faits sont têtus. Zelensky reconnaît lui-même que « personne ne souhaite être en première ligne » et que ses demandes n’aboutissent à « rien pour l’instant ». Il évoque des brigades britanniques et françaises de 5 000 hommes chacune, mentionne d’autres pays sans les nommer, parle de déploiements à la frontière biélorusse. Tout cela reste flou, conditionnel, hypothétique. La réalité, c’est qu’après trois années de conflit, l’Ukraine s’épuise et cherche désespérément à internationaliser davantage une guerre qu’elle ne peut gagner seule.
Le stratagème proposé mérite qu’on s’y arrête. Puisque les Occidentaux rechignent à envoyer leurs fils mourir dans les tranchées du Donbass, Zelensky suggère de les poster à la frontière biélorusse. L’idée serait de libérer des troupes ukrainiennes pour les redéployer ailleurs. Autrement dit : transformer nos soldats en supplétifs, en gardiens d’une frontière qui n’est pas la nôtre.
« La Biélorussie représente pour la Pologne et les pays baltes une menace presque aussi grande que la Russie pour l’Ukraine. »
Cette affirmation de Zelensky est révélatrice d’une méthode : agiter la peur pour forcer la main des alliés. Comparer la situation polonaise à celle de l’Ukraine relève de l’amalgame destiné à créer un sentiment d’urgence artificiel. Les pays baltes et la Pologne sont membres de l’OTAN ; leur sécurité est garantie par l’article 5. L’Ukraine ne l’est pas, et c’est précisément parce qu’elle ne l’est pas que nous n’avons aucune obligation juridique d’y envoyer nos troupes.
L’engrenage que la France doit refuser
Rappelons une évidence que le discours dominant s’acharne à occulter : la France n’est pas en guerre contre la Russie. Elle n’a pas à l’être. Notre pays a fourni des armes, des équipements, de l’aide humanitaire et financière. Il a accueilli des réfugiés ukrainiens. Mais entre le soutien et la cobelligérance, il existe une frontière que tout responsable politique digne de ce nom devrait refuser de franchir.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Déployer des soldats français sur le territoire ukrainien, même à la frontière biélorusse, même dans une posture prétendument défensive, constituerait un acte de guerre aux yeux de Moscou. Le ministre russe Sergueï Lavrov l’a dit sans ambiguïté : toute « intervention militaire étrangère sur une partie du territoire ukrainien » serait « inacceptable » pour la Russie. On peut juger ce langage brutal. On ne peut pas feindre de l’ignorer.
La question n’est pas de savoir si Vladimir Poutine a raison ou tort, si son « opération militaire spéciale » est légitime ou criminelle. La question est de savoir si la France a intérêt à risquer une confrontation directe avec une puissance nucléaire pour défendre des frontières qui ne sont pas les siennes. La réponse devrait être évidente pour quiconque place l’intérêt national au-dessus des postures moralisatrices.
Une diplomatie française aux abonnés absents
Ce qui frappe, dans cette affaire, c’est l’absence totale d’une voix française audible proposant une alternative à l’escalade. Emmanuel Macron, après avoir un temps évoqué l’envoi de troupes au sol, semble naviguer à vue, tantôt belliciste, tantôt prudent, toujours illisible. La France n’a aucun intérêt à voir s’installer à ses portes un conflit gelé qui déstabilise l’Europe, ruine l’économie du continent et nous coupe durablement de la Russie.
Car il faudra bien, un jour, négocier. Les guerres se terminent rarement par l’écrasement total d’une des parties, surtout lorsque cette partie dispose de l’arme nucléaire. Le réalisme diplomatique commande de préparer dès maintenant les conditions d’une paix négociée, plutôt que de promettre à Kiev un soutien « aussi longtemps qu’il le faudra », formule creuse qui n’engage à rien tout en encourageant l’intransigeance ukrainienne.
Zelensky refuse par avance toute présence étrangère à Lviv, nous dit-on. Il pose ses conditions, choisit ses alliés, désigne les zones où nos soldats seraient acceptables. On admirera le culot d’un dirigeant qui mendie des troupes tout en dictant les termes de leur emploi. Mais on s’étonnera davantage de la docilité de nos gouvernants, incapables de rappeler une évidence : c’est à la France, et à elle seule, de décider où et comment ses soldats doivent être engagés.
La vraie « logique », pour reprendre le mot de Zelensky, serait que la France retrouve une politique étrangère indépendante. Une politique qui défende nos intérêts, refuse l’embrigadement dans des aventures militaires incertaines et travaille à la paix plutôt qu’à l’escalade. Une politique, en somme, réellement française. Est-ce encore possible ? On voudrait le croire. Mais à observer l’alignement servile de nos dirigeants sur les positions de l’OTAN et de Washington, le doute est permis.
Les Ukrainiens défendent leur terre. On peut le comprendre et même l’admirer. Mais leur combat n’est pas le nôtre. La France a d’autres urgences : sa sécurité intérieure, ses frontières poreuses, son industrie affaiblie, sa dette abyssale. Nos soldats n’ont pas vocation à mourir dans les plaines ukrainiennes pour satisfaire les desiderata de Kiev ou les calculs de Washington. Il serait temps que quelqu’un, à Paris, ait le courage de le dire.
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Cet article n'effleure que la surface d'une question géopolitique bien plus vaste : comment la France peut-elle retrouver une politique étrangère véritablement indépendante face aux enjeux qui redessinent l'Europe ? Découvrez chaque mois nos analyses approfondies sur ces dilemmes stratégiques dans notre revue.
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