🔥 Les essentiels de cette actualité
- La mort de Quentin Deranque, poignardé sur un campus, met en lumière le silence complice des institutions lyonnaises, une attitude qui banalise la violence politique et incite à une réflexion urgente.
- Fabrice Balanche, professeur sous protection, dénonce les menaces quotidiennes sur les campus, révélant une terreur idéologique impunie qui gangrène l’université et poussant à explorer ce système opaque.
- Le maire de Lyon refuse un hommage à la victime, qualifiant la demande d’indécente, ce qui expose une complicité morale des pouvoirs publics face à l’intimidation, un scandale à décrypter.
- Un écosystème verrouillé lie universités et politique, étouffant la liberté d’expression et menant à des tragédies comme celle de Quentin, invitant à agir pour restaurer le débat intellectuel dans l’enseignement supérieur.
La mort de Quentin Deranque, ce jeune militant de vingt-trois ans lynché en marge d’une conférence à Sciences Po Lyon, aurait dû provoquer un électrochoc. Un sursaut républicain. Une condamnation unanime de la violence politique qui gangrène nos universités. Il n’en fut rien. Pire : le silence assourdissant des institutions lyonnaises, leur refus obstiné de rendre hommage à la victime, révèle une réalité que beaucoup préfèrent ignorer. Certains campus français sont devenus des zones de non-droit idéologique où la terreur d’extrême gauche s’exerce en toute impunité, parfois avec la complaisance tacite des pouvoirs publics.
Le témoignage de Fabrice Balanche, professeur de géographie à Lyon 2, spécialiste reconnu du Moyen-Orient, lauréat du Prix du livre de géopolitique 2024, devrait faire la une de tous les journaux. Voilà un universitaire contraint d’enseigner sous la protection de deux agents de sécurité privée. Son crime ? Avoir des analyses qui déplaisent à ce qu’il nomme la « nébuleuse antifasciste qui règne sur les campus ». Depuis avril 2024, son nom est tagué sur les murs : « Balanche nazi », « Balanche casse-toi ». Des militants masqués ont fait irruption dans son amphithéâtre aux cris de « Racistes, sionistes, c’est vous les terroristes ». Et l’université ? Elle laisse faire.
« Aujourd’hui encore, mon nom est tagué sur les murs des campus de Sciences Po et de Lyon 2 et je fais cours sous protection. »
Cette phrase devrait nous glacer. Dans quel pays démocratique un professeur d’université doit-il craindre pour sa sécurité physique parce que ses travaux académiques contrarient les dogmes militants ? La réponse est simple : dans un pays qui a laissé prospérer, au cœur même de ses institutions éducatives, une idéologie totalitaire déguisée en progressisme. Ces groupuscules qui se réclament de l’antifascisme en ont adopté toutes les méthodes : intimidation, violence verbale, menaces physiques, ostracisme social. Le fascisme qu’ils prétendent combattre, ils l’incarnent.
L’indécence des pouvoirs publics lyonnais
Face à l’assassinat d’un étudiant, quelle fut la réponse des autorités locales ? Jean-Michel Aulas, figure lyonnaise, proposa d’afficher le portrait de Quentin Deranque sur le fronton de la mairie. Grégory Doucet, maire écologiste, refusa sèchement, qualifiant cette demande d’« indécente ». Indécente. Le mot mérite qu’on s’y arrête. Rendre hommage à un jeune homme mort sous les coups serait donc indécent. Mais laisser des militants cagoulés terroriser des professeurs, taguer des insultes sur les murs des facultés, transformer l’université en tribunal populaire permanent, cela, visiblement, ne l’est pas.
L’Université Lyon 2 n’est pas en reste. Sa communication officielle, rapporte Fabrice Balanche, « déplore certes le drame » mais s’empresse de dénoncer « les innombrables tentatives d’instrumentalisation médiatique et politique ». Autrement dit : la vraie victime, ce n’est pas le jeune homme assassiné, ce sont les institutions embarrassées par le scandale. Sur les réseaux sociaux, des enseignants de l’établissement iraient jusqu’à suggérer que Quentin serait « un nazillon » et que tout serait parti d’un « guet-apens tendu par l’extrême droite ». Inverser les rôles, transformer la victime en coupable : la technique est vieille comme le monde. Elle n’en reste pas moins ignoble.
Ni hommage, ni minute de silence, ni portrait affiché dans l’université où Quentin étudiait les mathématiques. Voilà le traitement réservé à ce jeune Français. Imaginons un instant que les circonstances politiques aient été inversées. Imaginons un militant de gauche tué par un sympathisant d’extrême droite. Les bougies, les marches blanches, les tribunes indignées dans tous les médias auraient fleuri en quelques heures. Le président de la République lui-même aurait probablement pris la parole. Mais Quentin Deranque avait le tort d’être du mauvais côté. Alors on l’efface.
Un écosystème verrouillé
Le diagnostic posé par Fabrice Balanche dépasse le cas lyonnais. Il décrit un système, une mécanique de pouvoir qui lie institutions universitaires, collectivités territoriales et réseaux militants. « Entre la métropole de Lyon, la mairie, Sciences Po et Lyon 2, c’est tout un écosystème », affirme-t-il. Les exemples qu’il égrène sont édifiants : étudiants en master effectuant leurs stages à la mairie, diplômes financés par la métropole, cadres et élus intervenant directement dans les cursus. Renaud Payre, ancien directeur de Sciences Po Lyon, est aujourd’hui vice-président du Grand Lyon. Sur les huit derniers intervenants à Sciences Po Lyon, « tous étaient marqués à gauche et six d’entre eux étaient directement liés à la France insoumise ».
Ce n’est plus du pluralisme universitaire. C’est de l’entre-soi idéologique institutionnalisé. Une forme de captation du service public éducatif par une mouvance politique qui y impose ses codes, ses interdits, ses cibles. Les étudiants qui ne partagent pas ces convictions apprennent vite à se taire. Les professeurs qui osent penser autrement sont harcelés jusqu’à ce qu’ils plient ou partent. Quant à ceux qui résistent, comme Fabrice Balanche, ils doivent leur sécurité à des vigiles privés. L’État, lui, regarde ailleurs.
Car c’est bien là que le bât blesse. Où est l’État ? Où est le ministère de l’Enseignement supérieur quand un professeur est menacé ? Où est le ministère de l’Intérieur quand des groupes masqués envahissent des amphithéâtres ? Où est la justice quand des tags haineux désignent un enseignant à la vindicte ? La réponse est connue : nulle part. Par lâcheté politique, par peur d’être accusé de faire le jeu de l’extrême droite, les pouvoirs publics ont abandonné l’université aux apprentis commissaires politiques.
Cette démission a un coût. Elle se paie en liberté académique bafouée, en débat intellectuel asphyxié, en talents qui fuient des établissements gangrenés. Elle se paie aussi en vies humaines. Quentin Deranque est mort parce que la violence politique a été tolérée, minimisée, excusée pendant des années sur les campus. Chaque intrusion impunie, chaque tag laissé sur les murs, chaque professeur abandonné à ses bourreaux a contribué à créer le climat qui a rendu ce meurtre possible.
Il serait temps que la France regarde en face ce qu’elle a laissé advenir dans ses universités. Non pas pour céder à la surenchère sécuritaire, mais pour rappeler des principes élémentaires. L’université est un lieu de savoir, pas un terrain de guérilla idéologique. La liberté d’expression protège aussi ceux qui pensent mal. La violence politique, d’où qu’elle vienne, doit être combattue avec la même fermeté. Ces évidences semblent aujourd’hui révolutionnaires. C’est la mesure de notre déchéance.
Quentin Deranque méritait un hommage. Il méritait que son université, sa ville, son pays reconnaissent qu’un jeune Français a été tué pour ses idées. Le silence qui lui est opposé n’est pas de la prudence. C’est de la complicité morale avec ceux qui considèrent que certaines vies comptent moins que d’autres selon l’étiquette politique qu’on leur accole. Ce silence, nous refusons de le partager.
IMPORTANT - À lire
Cette emprise idéologique sur nos institutions n'est que la face émergée d'un iceberg. Chaque mois, notre revue analyse les mécanismes de captation du pouvoir, les réseaux qui les tissent, et les conséquences géopolitiques de ces dynamiques. Découvrez comment ces logiques opèrent bien au-delà des campus lyonnais.
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