🔥 Les essentiels de cette actualité
- Une assignation à comparaître vient d’être émise contre la gardienne de prison en service la nuit où Epstein a été retrouvé mort — et les révélations qui la justifient sont troublantes.
- Des dépôts bancaires suspects jamais examinés par le DOJ, des recherches Google effectuées 40 minutes avant la découverte du corps : les zones d’ombre s’accumulent autour de cette nuit du 10 août 2019.
- Des documents officiels auraient qualifié la mort d’Epstein de « MEURTRE » — un détail parmi d’autres anomalies qui fragilisent sérieusement la thèse officielle du suicide.
- Derrière la gardienne, c’est toute une question d’État qui se pose : Epstein était-il un agent du renseignement américain, et le gouvernement a-t-il contribué à effacer des preuves ?
L’affaire Epstein ne se referme pas. Elle s’approfondit. Le président républicain de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, James Comer, a annoncé l’émission d’une assignation à comparaître contre Tova Noel, gardienne de prison en service la nuit où Jeffrey Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York en août 2019. Cette décision intervient après la révélation de nouveaux documents du département de la Justice américain qui soulèvent des questions graves sur la version officielle du suicide.
Comer a détaillé ses motivations lors d’une intervention sur Fox News. Ce qui a retenu son attention en premier lieu : un rapport d’activité suspecte signalé par Chase Bank concernant un dépôt de 5 000 dollars effectué sur le compte de Noel le 30 juillet 2019, soit dix jours avant la mort d’Epstein. En remontant à décembre 2018, période coïncidant avec son affectation à l’unité où était détenu Epstein, sept dépôts totalisant 11 880 dollars ont été identifiés. Fait troublant : le DOJ n’a jamais interrogé la gardienne à ce sujet.
« Les récents articles de presse, ce que vous venez de dire, sont très préoccupants en particulier le rapport d’activité suspecte concernant un mystérieux dépôt de 5 000 dollars sur son compte », a déclaré Comer à l’animateur Jesse Watters.
« Ce qui retient mon attention, Jesse, c’est que les rapports d’activité suspecte sont très rarement signalés pour des montants inférieurs à 10 000 dollars. »
Au-delà des finances, les éléments comportementaux sont tout aussi dérangeants. Les documents du DOJ révèlent que Noel a effectué des recherches Google sur « les dernières nouvelles concernant Epstein en prison » à 5h42 et 5h52 du matin, soit environ 40 minutes avant que le corps de son détenu ne soit découvert par un collègue à 6h30. Le FBI, dans une revue de 66 pages des ordinateurs des gardiens, a identifié cette recherche comme la seule digne d’intérêt. Noel a nié s’en souvenir, qualifiant les relevés d’« inexacts ».
Cette même nuit, une analyse des images de vidéosurveillance a désigné Noel comme une « alerte orange » sur les caméras, la montrant s’approcher de la cellule d’Epstein à 22h40 en portant du linge ou des vêtements, il s’agissait de la dernière approche enregistrée vers ce couloir. Elle a nié ce fait également. Par ailleurs, au lieu d’effectuer les rondes réglementaires, elle a admis avoir somnolé et fait des achats en ligne, tout en falsifiant les registres de surveillance. Ces manquements lui ont valu en 2021 un accord de poursuites différées accordé par un juge nommé sous l’ère Obama.
Des questions qui débordent largement le cas d’une gardienne
Comer a tenu à préciser publiquement qu’il n’accuse pas Noel d’un crime. Mais l’étendue des questions que la commission entend lui poser va bien au-delà de sa seule responsabilité individuelle. Le parlementaire a listé des interrogations qui touchent au cœur de l’affaire : qui d’autre était impliqué dans les abus sur des mineures ? Pourquoi le gouvernement américain n’a-t-il pas poursuivi Epstein plus tôt, alors qu’il en avait l’occasion ? Epstein était-il un agent de renseignement ? L’État a-t-il contribué à dissimuler ou détruire des preuves issues des quatre propriétés saisies ?
« Alors, la mort d’Epstein était-elle un suicide, comme l’a rapporté le gouvernement, ou y avait-il autre chose ? » a-t-il demandé. « Encore une fois, personne n’accuse cette gardienne de prison d’avoir commis une faute, mais j’annoncerai ce soir dans votre émission que nous allons la convoquer pour un entretien, car nous avons beaucoup de questions. »
Ces interrogations prennent un relief supplémentaire à la lumière d’éléments déjà documentés. Des documents du DOJ auraient, dans au moins un cas, qualifié la mort d’Epstein de « MEURTRE ». D’autres anomalies ont été relevées : la date du décès aurait été enregistrée un jour trop tôt dans certains documents et la mauvaise corde aurait été soumise à une analyse ADN. Ces éléments, s’ils sont avérés, trahissent au minimum une gestion chaotique, au pire quelque chose de plus délibéré.
Il faut également rappeler un fait documenté dans les notes pénitentiaires : quelques semaines avant sa mort, Epstein avait lui-même affirmé que son codétenu avait tenté de l’assassiner. Les notes de prison indiquaient : « Nie être suicidaire. Ne sait pas ce qui s’est passé. S’est réveillé avec des marques dans le cou. Son codétenu a essayé de le tuer. Le codétenu est un policier qui a tué quatre personnes. A tenté de l’extorquer. L’a menacé. » Un psychologue pénitentiaire avait confirmé ces propos par écrit. Le codétenu en question, Nicholas Tartaglione, ancien policier mis en examen pour quatre meurtres, avait été blanchi en interne.
Ce que l’on retiendra de cette nouvelle étape judiciaire, c’est moins la figure de la gardienne Noel que la persistance institutionnelle d’une opacité difficile à justifier. Des dépôts bancaires suspects jamais examinés, des recherches internet effectuées dans les minutes précédant la découverte du corps, une vidéo niant une approche pourtant captée par les caméras, un accord judiciaire qui a évité à la principale mise en cause tout procès, autant d’éléments qui, pris ensemble, alimentent légitimement le doute. L’assignation à comparaître de Tova Noel ne résoudra pas, à elle seule, l’énigme Epstein. Mais elle constitue peut-être le premier pas sérieux vers une vérité que beaucoup, des deux côtés de l’échiquier politique américain, semblent avoir intérêt à ne pas voir éclater.
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