Le spectacle du rayon de beurre vide dans les grandes surfaces évoque des souvenirs d’époques révolues. Cela ne pouvait plus arriver, en tout cas pas en France, dont l’agriculture, planifiée depuis cinquante ans par les génies du ministère de l’Agriculture, avec le soutien des génies de la FNSEA, selon les orientations des génies de la Commission de Bruxelles, n’est que prodige et opulence. D’ailleurs, c’est bien connu, le paysan français, porteur de l’un des plus formidables patrimoines agricoles de cette planète, est un homme comblé, épanoui et euphorique.

Trève de cynisme, la crise du beurre que connaît le pays depuis plusieurs jours est la preuve que l’agriculture française est gérée, au mieux, par des voyous incompétents. Version officielle : la demande ayant augmenté alors que la météo a tari le pis des vaches, la France est en panne de beurre. D’autant que les Chinois, qui sont très nombreux, se mettent à en consommer de plus en plus. Certes, la Chine détourne vers elle le lait en poudre de Nouvelle-Zélande, dont on apprend, grâce à cette crise, qu’il servait à fabriquer les 200 000 tonnes de beurre que la France importe chaque année, nous laissant face aux réalités concrètes de notre production nationale.

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