Soupçons de corruption et trafic d’influence : l’OCLCIFF perquisitionne les domiciles de Rachida Dati

Rachida Dati : des rémunérations parallèles interrogent sur des conflits d'intérêts

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Perquisitions OCLCIFF chez Rachida Dati pour soupçons de corruption et trafic d’influence liés à des fonds de GDF Suez.
  • Documents comptables révèlent un versement de 299 000 euros à un cabinet d’avocats, fragilisant la défense de Dati.
  • Enquête élargie aux relations avec Nicolas Sarkis et soupçons de lobbying pour le Qatar.
  • Dati comparaîtra en septembre pour corruption avec Carlos Ghosn, ajoutant à son calendrier judiciaire chargé.

Selon un communiqué du Parquet national financier, les policiers de l’OCLCIFF ont perquisitionné, le jeudi 18 décembre, les résidences de la ministre de la Culture.

Cette opération, confirmée par France Télévisions, vise à établir si l’actuelle candidate à la mairie de Paris a perçu des fonds de GDF Suez durant ses fonctions au Parlement européen.

L’enquête s’inscrit dans une information judiciaire ouverte le 14 octobre par le Parquet national financier.

Les chefs d’accusation visent la corruption active et passive, le trafic d’influence auprès d’une organisation internationale publique, l’abus de biens sociaux et de confiance, le détournement de fonds publics par une personne investie d’un mandat public, ainsi que le recel et le blanchiment de ces délits.

Au moment des faits, les conseils juridiques de Rachida Dati n’avaient formulé aucun commentaire officiel.

Un démenti constant face aux documents comptables

Les investigations s’appuient sur des pièces inédites révélées par Complément d’enquête et Le Nouvel Obs.

Ces documents comptables indiquent un versement de 299 000 euros effectué en 2010 et 2011 par GDF Suez à un cabinet d’avocats d’affaires, lequel a reversé une somme identique à l’élue européenne.

Une enquête interne du comité d’éthique d’Engie a corroboré l’existence de ces paiements.

Les enquêteurs de l’OCLCIFF recherchent désormais les traces matérielles de ces flux financiers.

Cette situation fragilise la ligne de défense de Rachida Dati, qui nie tout lien contractuel avec le groupe gazier depuis plus d’une décennie.

Dès 2009, ses nombreuses prises de position pro-gaz soudaines au Parlement européen avaient suscité la suspicion des ONG écologistes.

Une pré-enquête de la présidence du Parlement européen, ouverte en 2014, n’avait alors pas abouti.

Sur la scène médiatique, l’intéressée a maintenu une posture de fermeté absolue : « aucun conflit d’intérêt, sinon ça se saurait », affirmait-elle sur France 2 en 2014.

Elle a répété à Jean-Jacques Bourdin en 2014 et 2015 que « GDF n’est pas son client », avant de refuser toute réponse à l’équipe de Cash Investigation sur ses liens avec l’énergéticien.

Plus récemment, elle a vivement contesté ces révélations sur le plateau de l’émission C à vous.

L’élargissement de l’enquête et l’horizon judiciaire

L’instruction s’intéresse également aux relations entre la ministre et l’homme d’affaires Nicolas Sarkis.

Ce dernier a déclaré aux magistrats avoir versé 100 000 euros annuels à Rachida Dati entre 2010 et 2018 au titre de prestations de conseil juridique, pour un total de 900 000 euros.

Une note de Tracfin datée de février 2025 signale des versements complémentaires de 50 000 euros effectués en 2022 et 2023 par son fonds d’investissement.

L’élue justifie ces sommes par son activité d’avocate, inscrite dans ses déclarations fiscales.

Parallèlement, le PNF examine des soupçons de missions de lobbying pour le compte du Qatar.

Ces prestations auraient visé à valoriser l’image de l’émirat auprès des institutions françaises et européennes durant son mandat à Strasbourg.

Ce dossier, qui intervient à quelques mois des prochaines élections municipales, s’ajoute au calendrier judiciaire chargé de la candidate : elle comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris du 16 au 28 septembre prochains.

Dans ce procès, elle figure aux côtés de Carlos Ghosn pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault.

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