Plastique, pognon : la valse des hypocrites à Genève

Traité mondial 2025 sur la pollution plastique

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • À Genève, la grand-messe du plastique se joue avec 175 pays et des ONG reléguées au second plan. Des promesses creuses pour « sauver la planète » ?
  • Le bloc pétrolier, mené par l’Arabie saoudite et l’Iran, bloque un traité contraignant. Leur cynisme : « en finir avec la pollution, pas avec le plastique ».
  • Pendant que le Rwanda et le Pérou agissent, les élites occidentales jonglent entre discours et passivité. La production plastique pourrait tripler d’ici 2060.

Dans l’arrière-salle feutrée d’un palais genevois, la grand-messe du plastique s’ouvre ce 5 août. Diplomates de 175 pays, ONG en vitrine et promesses creuses à la pelle : dix jours pour « sauver la planète ». Mais qui croit encore à ces contes de diplomates ?

Cette session de négociation – CIN5-2 pour les initiés – n’est que le prolongement d’un échec retentissant. À Busan, en Corée du Sud, en 2024, les discussions avaient déjà échoué, sabotées par le bloc pétrolier.

On y allait pour accoucher d’un traité mondial contre la pollution plastique ; on en est reparti avec une déclaration molle et des sourires crispés.

Derrière les discours : les intérêts pétroliers

Rien n’a changé depuis. Les mêmes lignes de fracture dictent l’agenda.

D’un côté, une majorité de pays – dont l’UE – pousse pour un traité juridiquement contraignant, visant à réduire la production mondiale de plastique. De l’autre, un noyau dur composé de l’Arabie saoudite, l’Iran et leurs alliés bloque toute avancée.

Le représentant du Koweït l’a dit sans trembler : « L’objet de ce traité est d’en finir avec la pollution plastique, pas avec le plastique en soi. » Cette déclaration illustre parfaitement la position du bloc pétrolier. Pendant que les citoyens paient des taxes vertes, eux défendent leurs barils et leur business model.

L’objet de ce traité est d’en finir avec la pollution plastique, pas avec le plastique en soi.

Un fiasco annoncé, payé par le contribuable

Luis Vayas Valdivieso, président de la session genevoise, a déjà préparé le terrain du renoncement : « Ce texte contraignant n’arrivera pas automatiquement », a-t-il lancé devant 600 ONG reléguées au rang de figurantes.

Pour ajouter au grotesque, cette session n’était même pas prévue. Elle a été rajoutée en catastrophe après trois ans de discussions stériles. Comme si dix jours allaient suffire là où des années de bavardages ont échoué.

Quand les petits pays font le travail des grands

Pendant que certains bloquent, d’autres agissent sans attendre le feu vert des bureaucrates.

Le Rwanda et le Pérou se sont engagés à réduire leur production de plastique de 40 % d’ici 2040. Preuve que les pays modestes peuvent être plus ambitieux que les géants pleins aux as.

Et pendant que ces États « responsables » s’engagent, les élites occidentales, elles, jonglent entre grands discours et passivité totale. Inger Andersen, directrice du PNUE, enchaîne les éléments de langage : « Est-ce que les choses vont être faciles ? Non. Simples ? Non. Y a-t-il un chemin ? Absolument. »

Un chemin vers quoi, au juste ? Un traité sans contraintes, sans effets, mais avec beaucoup de signatures.

Le prix de l’impuissance

Derrière les rideaux de Genève, la même comédie se rejoue.

Des promesses pompeuses, des contraintes pour les peuples, et une facture pour les mêmes. Pendant que l’ONU « discute », la production plastique explose.

Selon l’OCDE, elle pourrait tripler d’ici 2060, passant de 460 millions de tonnes à plus de 1,2 milliard de tonnes. Trois fois plus de déchets, de microplastiques, de maladies, de catastrophes écologiques.

Mais rassurons-nous : les pailles en plastique sont interdites. Les sacs sont payants. Et les jets privés ? Toujours en vol.

IMPORTANT - À lire

Derrière les rideaux de la diplomatie, les intérêts pétroliers dictent l'agenda. Pendant que les citoyens paient des taxes vertes, les élites jonglent entre grands discours et passivité totale. Un traité mondial contre la pollution plastique ? Une promesse creuse de plus.

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