La banque suédoise Nordea, qui emploie 31 500 personnes, va réduire son effectif de 6000 travailleurs. Cela comprend 4000 employés, soit 13 % de ses effectifs totaux. De plus, 2000 consultants quitteront l’entreprise. Selon le CEO Casper von Koskull, il ne s’agit pas d’un exercice de réduction des coûts. La mesure marque la transformation du secteur bancaire à l’ère numérique.

Selon von Koskull, dans 10 ans, le secteur bancaire emploiera la moitié du personnel qu’il fait travailler aujourd’hui. « Nous recrutons aussi beaucoup », explique le CEO. « Mais nous avons besoin de personnes avec des profils très différents de ceux des employés que nous avons aujourd’hui ».

Les syndicats ont qualifié cette décision de « choquante » et « brutale ».

Au cours des dernières années, le secteur bancaire a enregistré un très grand nombre de licenciements. Selon les chiffres de la fédération bancaire européenne, on y recenserait désormais 14 % de personnel de moins qu’avant 2008.

Dans une interview accordée à Bloomberg, von Koskull affirme que ce que Nordea s’apprête à faire est le reflet de l’avenir du secteur bancaire. Seules les banques les plus pragmatiques en termes de main d’œuvre, qui se seront dotées d’une certaine avance du point de vue numérique, pourront survivre.

Le CEO de Nordea s’est montré surpris par la réaction des syndicats. « Ils savent ce qui arrive. Cela fait 2 ans que nous en parlons ».

« Nous répondons à une tendance qui ne fera que se manifester de plus en plus fort dans le secteur financier. La transformation vers une industrie hautement numérisée est en cours. La combinaison de la numérisation et de l’intelligence artificielle, avec une touche humaine, est l’avenir ».

La robotisation

Il y a exactement 6 semaines de cela, l’ex-CEO de Citigroup, Vikram Pandit, avait mis en garde contre la perte d’un million d’emplois dans le secteur bancaire européen. Il avait affirmé qu’au cours des 5 prochaines années, au moins un travailleur sur 3, soit un total de 1 million de personnes, allaient perdre leur emploi. La raison : la robotisation de leur poste.

Selon Pandit, qui a présidé la banque américaine jusqu’en 2012, les procédures du secteur bancaire peuvent être simplifiées par des robots. Dans une interview accordée à Bloomberg, il a expliqué que emplois dans des services de back-office devraient être rapidement automatisés.

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