🔥 Les essentiels de cette actualité
- L’acétamipride écarté de la loi Duplomb, un répit pour les abeilles mais temporaire. Une nouvelle proposition pourrait émerger.
- La loi, promulguée malgré les coupes, favorise les méga-élevages et les bassines d’eau, suscitant une fronde populaire.
- Le Conseil constitutionnel retoque les néonicotinoïdes, dénonçant un encadrement insuffisant et un double discours des dirigeants.
- La réévaluation européenne de l’acétamipride demandée, face à des risques potentiels pour la santé signalés par des scientifiques.
L’idée d’autoriser à nouveau l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes surnommés « tueurs d’abeilles », ne figure pas dans la version finale de la loi agricole.
C’est un soulagement temporaire pour les pollinisateurs et les défenseurs de l’environnement, qui avaient alerté sur les dangers de ces substances.
Cependant, ce retrait n’est qu’un repli stratégique. Le sénateur à l’origine du texte n’a pas enterré l’idée, laissant entendre qu’une nouvelle proposition pourrait bientôt émerger, en tenant compte cette fois des « critères » imposés par le Conseil constitutionnel. Une reformulation sous un nouvel habillage est à craindre.
Macron promulgue la loi Duplomb malgré les coupes du Conseil constitutionnel
Le 12 août, le Journal officiel confirme la promulgation de la loi Duplomb, amputée de l’acétamipride mais toujours chargée en cadeaux aux méga-élevages porcins et avicoles.
Le texte maintient les allègements administratifs pour ces plus gros élevages, ainsi que les facilités pour construire des bassines de stockage d’eau — ces réservoirs controversés qui privatisent l’eau au profit de quelques-uns.
Les « sages » ont juste ajouté deux conditions de façade : pas de prélèvements dans les nappes qui se reconstituent lentement et possibilité de recours juridiques.
Une victoire en demi-teinte pour les lobbys agricoles, qui obtiennent l’essentiel : pouvoir agrandir leurs exploitations sans trop de paperasse gênante.
Portée par le député LR Laurent Duplomb, cette loi s’inscrit dans la lignée des politiques macronistes qui, sous un vernis écologique, favorisent l’agriculture intensive au détriment des petites exploitations familiales et de l’environnement.
Une fronde populaire face à une alliance politique controversée
L’adoption de cette loi a bénéficié d’une alliance plutôt prévisible entre macronistes, LR et extrême droite. Une coalition qui fonctionne toujours quand il s’agit d’imposer des mesures contestées.
Face à cela, plus de 2,1 millions de Français ont signé une pétition exigeant l’abrogation pure et simple du texte.
Cette mobilisation ne se limite pas au grand public : même la communauté scientifique s’est massivement mobilisée, dénonçant les risques majeurs pour une biodiversité déjà fragilisée.
Le Conseil constitutionnel retoque la dérogation sur les néonicotinoïdes
Les « sages » ont tranché sans appel concernant les néonicotinoïdes qui « ravagent la biodiversité, notamment les abeilles et les oiseaux » et sont « dangereux pour notre santé ».
Rappelons qu’en 2020, ils avaient déjà fait une exception temporaire pour les betteraviers, limitée à l’enrobage des semences.
Cette fois, la nouvelle dérogation a été retoquée parce qu’elle ne fixait aucune limite dans le temps, s’étendait à toutes les cultures et autorisait même la pulvérisation — une méthode dispersant ces poisons aux quatre vents.
Dans leur communiqué, les Sages dénoncent un « encadrement insuffisant » du dispositif, mettant en lumière le double discours des dirigeants : interdire d’un côté pour mieux autoriser de l’autre.
Une politique environnementale en contradictions
On parle d’écologie à longueur de journée, mais dès qu’il s’agit de protéger réellement la nature contre les intérêts des grands groupes, les barrières tombent. Tant que l’argent dictera sa loi, la protection de notre santé et de notre environnement restera au second plan.
Les institutions encore résistantes — comme le Conseil constitutionnel — semblent devenir des exceptions dans un système où les principes constitutionnels sont manipulés à leur guise.
La réévaluation européenne de l’acétamipride en question
Yannick Neuder, ministre de la Santé, a demandé une réévaluation européenne de l’acétamipride pour étudier ses effets sur la santé humaine.
Il évoque même une interdiction possible si des risques sont confirmés, notamment des effets « perturbateurs endocriniens potentiels ou neurotoxiques » signalés depuis des années par des scientifiques indépendants.
La France, une fois de plus, joue les bons élèves en retard, alors que d’autres pays européens ont déjà tiré la sonnette d’alarme.
Réactions agricoles et politiques contrastées
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, dénonce un gouffre entre le droit français et le droit européen, parlant d’une « concurrence inéquitable » qui menace certaines filières. Elle promet de soutenir les agriculteurs, mais ceux-ci restent sceptiques après de nombreuses promesses non tenues.
La FNSEA, poids lourd syndical agricole, juge la décision du Conseil constitutionnel « inacceptable ». De leur côté, les écologistes de l’Assemblée préparent une proposition de loi pour une abrogation totale.
Les agriculteurs restent pris en étau entre des décisions politiques divergentes et les pressions des Verts, souvent perçus comme déconnectés du terrain.
Vers une nouvelle tentative de réintroduction ?
Après le revers subi, Laurent Duplomb n’a pas fermé la porte à une nouvelle proposition législative visant à réintroduire l’acétamipride, cette fois en respectant les critères imposés par le Conseil constitutionnel.
Le combat n’est donc pas terminé, et les citoyens doivent rester vigilants face aux pressions des lobbies agrochimiques.
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