🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le Sénat modifie le projet de loi sur les retraites en pleine nuit, sauvegardant l’abattement fiscal pour les pensions inférieures à 3 000 euros.
- Les retraités, déjà touchés par la hausse de la CSG et les sous-indexations, servent encore de variable d’ajustement budgétaire.
- L’abattement fiscal, initialement temporaire, devient permanent, une technique rodée pour prélever dans nos poches.
- Les sénateurs LR font cavalier seul, créant des incohérences politiques dont les Français font les frais.
Le Sénat modifie le projet de loi sur les retraites en pleine nuit du 29 au 30 novembre. Face à cette énième ponction sur nos pensions, nos élus de droite ont pris les devants pour limiter la casse du projet gouvernemental.
L’exécutif prévoyait de rayer purement et simplement l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient tous les retraités dans le prochain budget 2026. Une mesure qui aurait frappé sans distinction les petites comme les grosses retraites.
Le Sénat a corrigé le tir. Un amendement adopté in extremis permet de sauvegarder cet avantage pour les pensions inférieures à 3 000 euros.
C’est une façon de protéger les plus modestes. Le pouvoir d’achat s’effrite déjà sous nos yeux.
Ce n’est pas la première fois que nos retraités servent de variable d’ajustement budgétaire.
Après avoir subi la hausse de la CSG et les sous-indexations, les voilà encore dans le viseur du gouvernement. La bataille parlementaire promet d’être rude avant l’adoption définitive du texte.
Le dégât contrôlé : le jeu des chaises musicales
Le Sénat rabote le projet initial : les retraités et invalides sont encore ponctionnés, mais un peu moins que prévu.
Le rapporteur général du Sénat, Jean-François Husson, élu LR, a proposé de revoir l’abattement fiscal. Au lieu de le fixer à 2 000 euros comme le voulait le gouvernement, il suggère de ramener le seuil de 4 399 à 2 500 euros pour les personnes de plus de 65 ans et les invalides.
Il avance que l’objectif est de toucher plutôt les pensions des plus aisés et de trouver le juste équilibre dans les efforts consentis.
Sa collègue Christine Lavarde, également LR, a demandé que ce seuil passe à 3 000 euros. Proposition que le Sénat a adoptée.
On se demande parfois si ces ajustements ne sont pas juste là pour donner l’illusion qu’on défend les intérêts des Français.
Nos retraités, après avoir cotisé toute leur vie, se retrouvent encore dans le viseur des économies budgétaires.
L’histoire secrète de l’abattement : le temporaire devient permanent
Le plus inquiétant ? Ce dispositif était initialement prévu pour une durée d’un an. Ce qui devait être temporaire devient souvent définitif quand il s’agit de prélever dans nos poches. Un an, puis deux, puis pour toujours… la technique est rodée.
Si nos élus cherchaient vraiment de l’argent, ils devraient peut-être regarder du côté des grandes fortunes et des multinationales qui continuent d’échapper à l’impôt grâce à des mécanismes d’optimisation fiscale. Mais ce sont les retraités et les invalides qui trinquent.
Le sénateur de Meurthe-et-Moselle a balancé la vérité sur ce dispositif fiscal. Introduit en 1977 par un rapporteur général du budget, Maurice Papon, ce système avait été imaginé car le niveau de vie des retraités était beaucoup plus faible qu’aujourd’hui. Le sénateur ajoute : « Ça avait été imaginé à l’époque pour ne durer qu’un an… »
Ça avait été imaginé à l’époque pour ne durer qu’un an.
Que dire du choix du concepteur ? Maurice Papon, dont le passé trouble pendant la Seconde Guerre mondiale a été exposé bien plus tard. Les élites nous imposent leurs systèmes, puis disparaissent dans les brumes de l’Histoire pendant que nous continuons à payer.
L’argument du « niveau de vie plus faible des retraités » ne tient plus aujourd’hui. L’État préfère continuer à nous taxer plutôt que d’admettre que certaines mesures ont fait leur temps.
La position politique : incohérences et cynisme
Roland Lescure, ministre de l’Économie, applaudit cette mesure : « Vous gardez la proportionnalité de l’abattement mais vous le plafonnez de manière à ce que les revenus les plus élevés soient moins avantagés qu’ils ne le soient aujourd’hui. Donc vous retrouvez la logique du projet de loi initial. »
Vous gardez la proportionnalité de l’abattement, mais vous le plafonnez de manière à ce que les revenus les plus élevés soient moins avantagés qu’ils ne le soient aujourd’hui. Donc vous retrouvez la logique du projet de loi initial.
La position des sénateurs LR interpelle, car ils font cavalier seul. Ils ne suivent pas la ligne défendue par leurs collègues députés LR, lesquels s’étaient opposés à cette suppression de l’abattement de 10 %.
Un nouvel exemple de ces incohérences politiques dont les Français font les frais.
L’État poursuit sa quête d’argent frais dans nos poches. Pendant ce temps, nos élus jonglent avec nos impôts.
Ce sont bien les classes moyennes qui risquent de trinquer en premier, malgré les discours sur la « justice fiscale ».
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