Les nominations à la française : un jeu de pouvoir qui coûte cher aux usagers

Macron, le maître des horloges

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Macron, maître des horloges, retarde les nominations, impactant la Caisse des Dépôts et La Poste. Les usagers en pâtissent.
  • La valse des postes clés se joue sans urgence, mais les impôts sont ponctuels. Les parlementaires valident sans broncher.
  • À la SNCF, le purgatoire administratif du PDG se prolonge. Les tarifs augmentent, le service stagne.
  • Renault subit les humeurs des décideurs. L’État place ses pions, les marchés s’agitent. Les intérêts nationaux sont négligés.

Macron, le temporisateur qui nous fait tous attendre, adore jouer avec nos nerfs. Le président se plaît dans son rôle de « maître des horloges » et refuse qu’on lui dicte quoi que ce soit. On l’a bien senti quand il a traîné des pieds pour désigner ses premiers ministres – comme si nos problèmes quotidiens pouvaient attendre son bon vouloir.

La valse des nominations à la tête de la Caisse des Dépôts illustre l’inertie de notre gouvernement. Après le départ d’Éric Lombard pour Bercy en décembre, l’Élysée a mis cinq mois pour désigner un remplaçant.

Pendant ce temps, c’est Olivier Sichel qui a assuré l’intérim, tandis que nos dirigeants s’occupaient de choses bien plus « importantes » que la direction d’une institution qui gère des centaines de milliards d’euros de nos économies.

Les conséquences des retards de nominations

Le plus risible dans cette affaire? Ce choix par défaut a été adoubé début juin par les commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat. Quand il s’agit de valider des nominations qui traînent en longueur, nos parlementaires savent retrouver une certaine efficacité.

Encore une démonstration du fonctionnement de notre appareil d’État, où les postes clés se distribuent sans urgence apparente, pendant que nos impôts continuent d’être prélevés avec une ponctualité exemplaire.

Une procédure qui paraît banale, mais qui révèle les failles du système. La double validation nécessaire bloque actuellement la désignation du nouveau PDG de La Poste. Le mandat de Philippe Wahl s’achève le 25 juin, et nos dirigeants semblent incapables d’anticiper cette échéance connue depuis des années.

Les répercussions sur les usagers et les employés

C’est toujours pareil avec ces nominations politiques. On attend la dernière minute, on s’emmêle dans les procédures administratives, et après on viendra nous dire que c’est la faute à pas de chance si le service public se dégrade.

Entre-temps, les usagers et les employés de La Poste devront composer avec l’incertitude. J’imagine déjà les discours lénifiants qu’on nous servira pour justifier ce cafouillage typique de notre administration.

Pendant ce temps, Macron traîne des pieds. Aucun nom n’a été avancé par le président pour diriger l’entreprise. Les parlementaires ne pourront donc pas voter d’ici mercredi prochain.

Cette absence de décision n’est pas juste un détail administratif – c’est une véritable épée de Damoclès pour tous les employés. Combien de temps devront-ils attendre que le monarque daigne faire son choix? On se demande parfois si cette indécision n’est pas délibérée, histoire de garder la main sur l’entreprise sans avoir à rendre de comptes.

Le purgatoire administratif du PDG

À la SNCF, le jeu des chaises musicales s’éternise. Le mandat de Jean-Pierre Farandou s’est terminé au printemps 2024, mais il tient toujours les commandes de l’entreprise. L’État, fidèle à ses méthodes douteuses, l’a maintenu en poste pour « assurer l’intérim » pendant les JO. Le grand patron déchu se retrouve donc dans un purgatoire administratif, sachant qu’il est déjà remercié, mais contraint de rester jusqu’en septembre, en attendant la désignation de son successeur. Et pendant ce temps-là, les tarifs continuent d’augmenter sans que le service s’améliore. Un schéma qu’on commence à bien connaître dans ce pays…

Tout le monde se doute que Jean Castex, ancien Premier ministre reconverti en patron de la RATP, est dans les starting-blocks. Son nom circule dans tous les couloirs du pouvoir. Encore un de ces arrangements entre amis politiques qui ne surprend plus personne.

Les jeux de pouvoir à la RATP

Le hic ? Pour placer Castex, il faudra lui trouver un remplaçant à la tête des transports parisiens. Ça risque de prendre une éternité, comme d’habitude quand il s’agit de caser les copains aux bons postes.

Entre-temps, l’usager paie les pots cassés avec des services qui se dégradent. On connaît la chanson : pendant que les élites se partagent le gâteau, le peuple attend sur le quai.

Les répercussions sur Renault

Renault, malgré sa semi-indépendance, n’échappe pas à la règle avec le départ de Luca de Meo. L’État français va s’en mêler – normal quand on possède 15 % du capital, le plus gros morceau parmi les actionnaires.

Pendant ce temps, les marchés financiers s’agitent. La valeur du constructeur automobile a dégringolé de 10 % depuis le départ de l’Italien. Une situation qui montre bien à quel point notre économie reste suspendue aux humeurs de quelques décideurs.

Le futur patron devra plaire à la fois à nos dirigeants politiques qui ne rateront pas l’occasion de placer leurs pions, mais aussi rassurer les financiers. Une mission presque impossible dans cette partie d’échecs où l’emploi des Français n’est souvent qu’une variable d’ajustement.

Je me demande combien de temps encore on laissera nos entreprises stratégiques être ballottées entre les intérêts de l’État et ceux de la Bourse, sans jamais vraiment mettre les intérêts nationaux et ceux des travailleurs au centre des décisions.

IMPORTANT - À lire

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