🔥 Les essentiels de cette actualité
- Le personnel de l’école française sacrifie sa santé face à une dévalorisation économique et une pénurie budgétaire. Plus de 70% des enseignants se sentent peu respectés.
- La moitié des enseignants juge leurs conditions de travail inacceptables, et un tiers envisage de partir. La santé mentale et physique du personnel se dégrade.
- En vingt ans, les enseignants ont perdu 25% de leur pouvoir d’achat. Les AESH et AED gagnent entre 910 et 1000 euros nets, souvent à temps partiel.
- La formation continue est insuffisante : 2 jours par an pour les instits, 1,6 jour pour le secondaire. Les enseignants manquent de soutien pour gérer le numérique.
- Le gouvernement prévoit de supprimer 3000 postes en 2026 et de ne remplacer qu’un départ à la retraite sur trois à partir de 2027, poussant le système éducatif au bord du gouffre.
Le baromètre du syndicat SE-Unsa tire la sonnette d’alarme.
Pour l’ensemble du personnel interrogé, l’école ne tient que parce que son personnel sacrifie sa santé, dans un contexte de dévalorisation économique et de pénurie budgétaire
Le constat est sans appel : plus de sept enseignants sur dix ne se sentent pas respectés dans leur profession.
La moitié juge leurs conditions de travail inacceptables et plus d’un tiers envisage de quitter le navire.
Comment s’étonner de la pénurie d’enseignants quand l’État traite ainsi ceux qui forment nos enfants ?
Malaise et épuisement du personnel
Cette détresse touche l’ensemble des métiers de l’éducation : enseignants, CPE, psychologues scolaires et assistants d’éducation.
Leur santé mentale et physique se dégrade à vue d’œil sous le poids d’une charge de travail devenue insoutenable. Les directives contradictoires tombant d’en haut aggravent encore la situation.
Pourtant, malgré tout, les enseignants restent attachés à leur vocation. Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du syndicat, résume la situation :
« Le personnel est le moteur de tout le système éducatif, mais il est aujourd’hui écœuré ».
Près de neuf enseignants sur dix affirment qu’ils aiment leur métier et sept sur dix apprécient encore de l’exercer chaque jour.
Mais plus des trois quarts refuseraient de recommander cette voie à un jeune, révélant le paradoxe d’un engagement profond face à un système épuisant.
Déclassement salarial et précarité
Deux tiers des enseignants constatent que l’image de leur profession s’est effondrée.
Le déclassement économique est réel : en vingt ans, profs, CPE et psychologues scolaires ont vu disparaître un quart de leur pouvoir d’achat. Les revalorisations, limitées aux débutants, ont ignoré la majorité des enseignants.
Les « petites mains » de l’Éducation nationale ne font pas exception.
Les 142 000 AESH et 50 000 AED restent rémunérés au plus bas échelon, avec des salaires mensuels de 910 à 1 000 euros nets, souvent pour un temps partiel.
Ce choix politique maintient dans la précarité ceux qui accompagnent nos enfants les plus fragiles.
Un enseignant français avec quinze ans d’expérience gagne 16 % de moins que la moyenne des pays développés. Son homologue allemand empoche deux fois plus, alors que le Français passe davantage d’heures devant ses élèves.
Formation et numérique insuffisants
La formation continue des enseignants reste minimale : deux journées par an pour les instits, 1,6 jour pour le secondaire, contre plus de neuf jours pour les fonctionnaires de même niveau et huit jours en moyenne dans l’OCDE.
Une formation souvent inadaptée aux besoins réels, incapable de préparer les enseignants à gérer des classes hétérogènes ou à exploiter correctement le numérique.
L’État exige toujours plus sans donner les moyens. Les profs doivent être à la pointe de la technologie et gérer des réformes permanentes, sans accompagnement réel.
Coup de grâce annoncé
Après des années de saignée budgétaire, le gouvernement confirme 3 000 postes supprimés dès 2026 et ne remplacera qu’un départ à la retraite sur trois à partir de 2027.
Classes surchargées, profs épuisés et remplaçants introuvables : le système éducatif est au bord du gouffre.
Les syndicats s’indignent et les parents s’inquiètent. Même si le gouvernement changeait demain, l’acharnement contre les services publics se poursuivrait.
Les mêmes qui trouvent toujours de l’argent pour des projets extérieurs ou pour leurs alliés financiers n’hésitent pas à sacrifier l’avenir de nos enfants.
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