Israël : quand même l’armée freine la fuite en avant de Netanyahou

Soldats

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • Netanyahou pousse pour une occupation totale de Gaza, mais le chef d’état-major Eyal Zamir s’y oppose fermement, citant des risques pour les otages et l’épuisement des troupes.
  • Le débat entre fuite en avant et prudence stratégique divise la classe politique israélienne, alors que les civils gazaouïs continuent de mourir.
  • L’armée s’enlise à Rafah, avec 42 soldats tués, et le Hamas renforce sa guérilla urbaine, rendant l’offensive terrestre inefficace.
  • Israël fait face à un isolement diplomatique croissant, avec des menaces de reconnaissance d’un État palestinien, tandis que Netanyahou compte sur Trump pour soutenir sa stratégie.

Cette tension au sommet de l’État hébreu n’est plus un secret.

D’un côté, Benyamin Netanyahou, Premier ministre d’Israël, pousse pour une occupation complète de la bande de Gaza. De l’autre, le général Eyal Zamir, nommé chef d’état‑major de Tsahal en mars 2025, tire la sonnette d’alarme.

Netanyahou, soutenu par l’aile la plus nationaliste de sa coalition, veut étendre l’occupation militaire à tout Gaza, ville comprise, pour « vaincre définitivement le Hamas ».

L’armée, déjà présente sur 75 % du territoire, s’y oppose fermement. Le chef d’état-major avertit : l’offensive mettrait en danger les otages, épuiserait les troupes et relèverait d’un projet irréaliste, humainement et stratégiquement.

Les conséquences d’une expansion militaire

Ce bras de fer expose les limites d’une stratégie militaire épuisée.

Alors que les civils gazaouïs continuent de mourir par milliers, la classe politique israélienne est emportée dans un débat existentialiste entre la fuite en avant et la prudence stratégique.

Le cabinet de sécurité devait se réunir pour examiner le plan ce mardi 5 août 2025, mais la réunion a été reportée sous la pression d’une opposition interne croissante, en particulier de Zamir et d’anciens hauts responsables de la défense.

Le gouvernement fait aussi mine d’ouvrir un corridor humanitaire, autorisant l’acheminement de vivres vers Gaza, un coup de com calculé selon certains, lancé le même jour que l’annonce du plan offensif.

Trop confortable pour être innocent ? Certainement que oui.

Troupes épuisées, système à bout de souffle

Le général Zamir a expliqué à la radio militaire que l’armée refuse d’envahir les zones encore épargnées principalement pour deux raisons : il y a des otages détenus dans ces quartiers, et l’usure physique et psychologique des soldats est à son comble.

Près d’un an de mobilisation continue depuis le 7 octobre 2023, sans perspective de sortie.

Le moral bat de l’aile. Des jeunes soldats, arrachés à leur vie civile et à leurs familles, témoignent d’une lassitude extrême. L’armée a déjà dû reculer sur le front social en supprimant l’obligation de quatre mois de réserve après les trente mois de service actif, un signal clair que le système craque de partout.

La situation à Rafah

À Rafah, l’armée s’enlise. Depuis fin mai, dans le cadre de l’opération « Chariots de Gédéon », 42 soldats ont déjà été tués, tandis que les zones urbaines menacent de se transformer en piège pour Tsahal, face à une guérilla urbaine que le Hamas affermit jour après jour.

Malgré les pourparlers, notamment avec Washington, Le Caire et Doha, aucun cessez-le-feu ni libération significative d’otages n’a été obtenu.

Pendant ce temps, l’offensive terrestre ne plie toujours pas le Hamas, qui reste campé sur ses positions.

Hamas

Camps sous contrôle et isolement diplomatique

Le projet du ministre de la Défense, Israel Katz, de regrouper 600 000 Palestiniens dans des « villes humanitaires » à Rafah et Khan Younès est rejeté par l’armée. Pour Tsahal, il s’agit de ghettos sous surveillance militaire permanente, dangereux à maintenir et contraires à toute logique humanitaire.

Sur le plan international, l’isolement d’Israël s’accentue. À l’approche de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2025, des pays comme la France, le Royaume-Uni et le Canada menacent de reconnaître un État palestinien si aucune trêve n’est conclue.

Ce tournant révèle un isolement croissant d’Israël.

Le dilemme Trump

Netanyahou, isolé diplomatiquement, place désormais ses espoirs dans son seul allié encore fiable : le président américain Donald Trump.

Washington pèse lourd : autorisera-t-il l’occupation totale ? Posera-t-il un veto à la stratégie militaire israélienne ? Impossible à dire.

Mais c’est clair : perdre l’appui américain pourrait retirer à Netanyahou toute légitimité stratégique, diplomatique et politique. Et son appui intérieur est déjà fragile, miné par les dissensions au sein de sa propre coalition.

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