Les ministres des Finances de la zone euro ont annoncé s’être entendus sur le versement à la Grèce d’un nouveau prêt de 8,5 milliards d’euros, écartant le spectre d’une nouvelle crise.

Les créanciers de la Grèce, zone euro et FMI, sont parvenus dans la soirée du 15 juin à un compromis pour relancer le plan d’aide à Athènes, qui patinait depuis des mois. Un accord qui permet donc le versement d’argent frais et écarte le spectre d’une nouvelle crise. Les Grecs n’obtiendront pas, dans l’immédiat, les mesures d’allègement de leur dette colossale (179% du PIB) qu’ils réclament depuis des mois, mais la zone euro leur a apporté «des précisions» sur ce qui pourrait leur être accordé plus tard.

«Je suis heureux d’annoncer que nous avons conclu un accord», s’est félicité Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe qui réunit les ministres des Finances de la zone euro, à l’issue d’une réunion en présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Cette dernière a immédiatement annoncé son intention de proposer à son institution sa participation de principe, aux côtés de la zone euro, à ce plan d’aide, mettant fin à des mois de désaccords sur cette question.

L’accord conclu le soir du 15 juin, qui ne faisait guère de doute étant donné l’optimisme unanime affiché avant la réunion, constitue un véritable soulagement pour la zone euro. Il permet de relancer enfin le troisième plan d’aide au pays de 86 milliards d’euros, signé en juillet 2015, qui bloquait à cause de divergences entre des membres de la zone euro –essentiellement l’Allemagne – et le FMI.

Le nouveau déboursement accordé à la Grèce, qui s’élève à 8,5 milliards d’euros, lui permettra ainsi de rembourser in extremis plus de 7 milliards d’euros de créances dues en juillet, repoussant le risque d’une crise estivale.

«Nous avons réussi a trouver un accord global qui va permettre à la Grèce de tourner la page d’une période si difficile», s’est réjoui le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, les Grecs ayant mené ces dernières années de douloureuses réformes pour satisfaire leurs créanciers.

«Deuxième meilleure solution»

Pour parvenir à un compromis, le FMI a accepté d’adoucir ses exigences : il donne son accord de principe à sa participation au plan d’aide, comme le réclamait l’Allemagne, mais il ne déboursera pas un centime tant que les Européens n’auront pas formellement accordé à la Grèce un allègement de sa dette, qu’il juge insoutenable.

En d’autres termes, le FMI accepte de renvoyer à plus tard les discussions sur la dette grecque, dont Berlin ne veut pas entendre parler avant les élections législatives de septembre, pour permettre ce déboursement à la Grèce.

«Personne ne dit que c’était la meilleure solution» mais «c’est la deuxième meilleure solution», a déclaré Christine Lagarde. «Le programme est approuvé en principe, mais le déboursement n’aura lieu qu’une fois qu’un allègement de la dette aura été complètement identifié», a-t-elle insisté, précisant que le FMI participerait à hauteur de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros).

En signe de bonne volonté et afin de satisfaire la Grèce, les ministres de la zone euro ont accepté de donner «des précisions» sur les mesures d’allègement possibles de sa dette «à la fin du programme» en 2018, mais «à condition que celui-ci ait été mis en œuvre avec succès», a précisé Jeroen Dijsselbloem.

«Il y a plus de clarté à l’issue de cet Eurogroupe à la fois pour le peuple grec et les marchés financiers», s’est satisfait le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos.

«Cet accord a été rendu possible grâce à l’état d’esprit positif de chacun des acteurs autour de la table», a estimé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Ce dernier est arrivé à l’Eurogroupe avec une proposition qui a selon lui «été un facteur de compromis pour l’ensemble des parties» : un mécanisme permettant «d’adapter le rythme des remboursements de la Grèce à ses capacités de paiements», c’est-à-dire à sa croissance.

«Nous nous dirigeons maintenant vers les dernières années du programme de soutien financier à la Grèce», a souligné Jeroen Dijsselbloem. «Nous allons préparer une stratégie de sortie pour permettre à la Grèce de tenir à nouveau sur ses jambes dans le courant de l’an prochain», a-t-il conclu.

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