Saviez-vous que la sixième banque espagnole a failli s’écrouler il y a quelques jours ?

Beaucoup comparent l’implosion soudaine de Banco Popular à l’effondrement de Lehman Brothers en 2008, et les régulateurs de l’UE ont rapidement organisé la vente de cette banque au bord de la faillite à Santander afin d’éviter une panique financière de grand ampleur. Malheureusement, la plupart des Américains ne savent pas qu’une nouvelle crise financière commence à se jouer en Europe, car la plupart d’entre eux ne se soucient que de ce qui se passe aux Etats-Unis. Mais les américains devraient faire attention, car l’UE est la deuxième plus grande économie au monde, et l’euro est la seconde monnaie la plus utilisée sur toute la planète. Le système financier américain est déjà au bord du désastre, et cette nouvelle crise financière en Europe pourrait s’avérer suffisante pour pousser les Etats-Unis dans le précipice.

Si les régulateurs européens n’avaient pas organisé la «vente forcée» de Banco Popular à Santander, l’Amérique aurait probablement été témoin d’une énorme panique en Europe, de même ampleur que ce que nous avions vu durant la crise de 2008. Ce qui suit provient du quotidien d’information britannique « The Telegraph »

La banque espagnole en difficulté Banco Popular va être rachetée par sa concurrente Banco Santander pour un euro symbolique. Ce rachat a été autorisé par la Banque centrale européenne, qui avait déterminé que Banco Popular était sur le point de faire faillite.

Afin de renforcer le bilan de cette dernière, Banco Santander procédera à une augmentation de capital de 7 milliards d’euros.

L’opération impose de lourdes pertes (environ 3,3 milliards d’euros) entre les investisseurs obligataires et les actionnaires qui vont y laisser leur mise. Elle va en revanche préserver les contribuables espagnols.

Mais maintenant qu’une banque « Too big too fail » soit tombée comme Banco Popular, les investisseurs essaient maintenant de déterminer parmi toutes les grandes banques espagnoles, celle qui pourrait être la prochaine à s’effondrer. Selon Wolf Richter, nombreux sont ceux qui considèrent la Liberbank comme étant une institution extrêmement fragile…

A la suite de la plus tumultueuse semaine depuis les plans de sauvetage de 2012, le système bancaire espagnol est dominé par un climat de peur, d’incertitude et de méfiance. Plutôt que d’apaiser les craintes des investisseurs, on a utilisé l’arme du Bail-in et Banco Popular a été vendue à Santander. Pour la première fois depuis la crise financière mondiale de 2008, les actionnaires et les créanciers obligataires d’une banque espagnole en faillite n’ont pas été renfloués par les contribuables. Ils ont pris des risques afin de s’enrichir, et ils en paient les conséquences. Voilà comment cela doit marcher. Mais les actionnaires comme les investisseurs obligataires n’apprécient pas de ne pas pouvoir être renfloués.

Maintenant, ces derniers ont peur que cette situation puisse se reproduire. Comme l’ont montré les derniers moments de la Banco Popular, une fois que la confiance par rapport à une banque se met à disparaître, il est presque impossible de la restaurer. La peur s’est maintenant déplacée vers le huitième plus grand prêteur d’Espagne qu’est la Liberbank, une mini-Bankia créée en 2011 lors de la crise économique espagnole. C’est une sorte de mini-bankia issue de la fusion en mai 2011 de 3 caisses d’épargne espagnoles (menacées de faillite), Caja Castilla-La Mancha, Caja de Extremadura et Caja Cantabria.

Le Jeudi 08 juin 2017, l’action de la Liberbank avait plongé de 20%, suivi vendredi, d’une nouvelle chute de 19% .

Les autorités espagnoles ont réagi en interdisant les ventes à découvert sur les actions Liberbank, ce qui a provoqué un rebond momentané du cours de l’action.

On avait pas vu une telle situation sur les marchés financiers européens depuis très longtemps.

Parallèlement, Nick Giambruno a tiré la sonnette d’alarme au sujet d’une énorme bulle. Actuellement, plus de 1000 milliards d’obligations d’État italiennes ont des rendements négatifs…

Plus de 1000 milliards d’obligations d’état italiennes ont effectivement des rendements négatifs.

C’est une situation bizarre et perverse.

Prêter de l’argent à un état italien en faillite pose d’énormes risques. Aujourd’hui, les rendements des obligations d’État italiennes devraient se situer à des sommets records, et non pas à des niveaux historiquement bas.

Dans un libre marché, les rendements négatifs n’existeraient pas. Ce n’est possible que dans le système économique actuelle créé de toutes pièces par les banquiers centraux. On est dans le monde « d’Alice au pays des merveilles ».

Vous voyez, la Banque centrale européenne (BCE) a imprimé de l’argent pour acheter des obligations d’État italiennes. Depuis 2008, la BCE et les banques italiennes ont acheté plus de 88% de la dette publique italienne, selon une récente étude.

Le jour où la BCE arrêtera d’acheter des obligations italiennes, ce sera « Game Over » et le système financier italien s’effondrera. Malheureusement pour l’Italie, les Allemands insistent auprès de la BCE afin que cette dernière mette fin à l’impression monétaire, et les Allemands obtiennent souvent gain de cause.

Mais si cette fois-ci les Allemands parvenaient à obtenir ce qu’ils demandent, alors nous pourrions faire face très rapidement à un véritable cauchemar. Ci-dessous, Nick Giambruno en explique davantage

Une fois que la BCE – le seul grand acheteur – arrêtera ses achats, les obligations d’Etat italiennes s’effondreront et les taux s’envoleront.

Très rapidement, il deviendra alors impossible pour le gouvernement italien de se financer.

Les banques italiennes – qui sont déjà insolvables – seront décimées. La détention d’obligations italiennes par les banques locales s’élève désormais à 235 milliards d’euros. Du coup, l’effondrement à venir du cours des obligations italiennes plombera leurs bilans.

Ce sera alors une véritable catastrophe.

Et tout ceci se passe alors que l’économie mondiale semble se diriger vers un ralentissement majeur.

L’amélioration de l’économie Américaine, n’est qu’un leurre. 12 faits l’attestent.

La situation économique américaine actuelle, est bien pire qu’elle ne l’était en 2016. En « Onze » points !

Par exemple, la dernière fois que nous avions connu une décélération aussi rapide de la croissance du crédit, c’était lors de la dernière crise financière

La décélération de l’impulsion à la croissance donnée par le crédit se rapproche maintenant de son niveau qui avait été atteint lors de la crise financière mondiale (l’impulsion à la croissance donnée par le crédit est négative: -6% ). Actuellement, 55% des pays faisant partie de notre échantillon ont connu une détérioration avec un écart type de -0,3 dans l’impulsion à la croissance donnée par le crédit (médiane sur 12 mois) comparativement à décembre 2009, lorsque la médiane était en baisse de -1,44 pour 77% des pays du même échantillon.

La dernière fois que l’impulsion à la croissance mondiale donnée par le crédit avait baissé de façon spectaculaire, les banques centrales du monde entier étaient intervenues comme jamais nous ne l’avions vu auparavant.

Mais cette fois-ci, cela se produit à un moment où les banques centrales mondiales n’ont quasiment plus de munitions

Plus important encore, en 2009, la banque populaire de Chine, la Fed et d’autres banques centrales avaient déclenché la plus importante injection de liquidités de toute l’histoire, ce qui a eu pour conséquence de créer la plus grande bulle d’actifs jamais vue. Et, la Fed s’apprête a remonter pour la troisième fois en 12 mois ses taux, alors que la BCE et la BOJ pourraient bientôt se retrouver à court d’obligations à acheter. Tout cela arrive à un moment où la croissance des prêts aux États-Unis s’apprête depuis quelques semaines à basculer en territoire négatif.

Clairement, on ne voit pas ce qui pourrait déclencher une nouvelle relance du crédit. Ce qui est clair, c’est qu’il y a un décalage de 3 à 6 mois entre l’impulsion du crédit et la croissance économique, et du coup, l’économie mondiale va vraisembablement plonger au cours du second semestre 2017.

De nombreux experts annoncent d’énormes problèmes économiques dans un avenir proche. J’aimerais dire que tous ces experts se trompent, mais ce serait malhonnête.

Je n’ai jamais vu une telle situation depuis 2008 et 2009, et tout indique que la crise va s’accélérer durant le 2nd semestre 2017.

Source: theeconomiccollapseblogLire les précédents articles de Michael Snyder

Un commentaire

  • Une question concernant le système de Ponzi: L'afflux d'immigrants en Europe sert-il, donc, aux Etats d'assurer des rentrées d'impôts fictives qu'ils peuvent annoncer à leurs créanciers bancaires, sachant que les Etats ont décidé de fonctionner comme des entreprises, pour se faire croire solvables au regard de leurs dettes publiques?