Deux jours fériés en moins, une arnaque de plus

Deux jours fériés en moins, une arnaque de plus

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • La suppression de deux jours fériés suscite une levée de boucliers générale. Même les patrons s’y opposent, dénonçant une charge supplémentaire pour les entreprises déjà fragilisées.
  • Le gouvernement prévoit cette mesure pour financer son budget, mais les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration seront particulièrement touchés par cette décision.
  • Les entreprises devront payer une contribution proportionnelle à leur richesse créée, rappelant la journée de solidarité de 2004. Une vieille recette qui pourrait coûter cher aux PME.
  • François Bayrou annonce 43,8 milliards d’économies d’ici 2026, mais les efforts sont exigés des mêmes, tandis que les grands groupes sont épargnés.

Une mesure rejetée de tous

Décidément, personne ne se réjouit de la possible suppression de jours fériés. Même les dirigeants font grise mine !

Ce lundi 21 juillet, les organisations patronales ont tiré la sonnette d’alarme face à une nouvelle ponction imposée aux entreprises. En contrepartie ? La suppression de deux jours fériés, prévue dans le prochain budget. Une mesure qui ne trompe personne.

L’État, toujours plus inventif pour vider nos poches, s’en prend maintenant à nos jours de repos. Comme si les Français n’étaient pas déjà assez pressurisés.

Le poids pour l’économie : une double peine

Le timing est savoureux. L’inflation grignote les salaires, les PME luttent pour survivre, et voilà qu’on leur impose une nouvelle charge. Travailler plus pour gagner… moins.

Réunis autour du soi-disant « Conseil des entreprises », grands patrons et ministres ont, une nouvelle fois, brassé du vent à Bercy. À l’issue de cette mise en scène, Michel Picon, président de l’U2P, a exprimé son inquiétude face à la proposition de François Bayrou. Supprimer deux jours fériés rapporterait certes 4,2 milliards à l’État, mais à quel prix ?

« C’est très préjudiciable à l’hôtellerie, à la restauration, aux collectivités locales, aux stations balnéaires », a-t-il reconnu. Même favorable au budget global, il admet que cette mesure frappe des secteurs déjà fragilisés.

C’est très préjudiciable à l’hôtellerie, à la restauration, aux collectivités locales, aux stations balnéaires.

Amir Reza-Tofighi (CPME), lui, ne rejette pas le principe de journées supplémentaires travaillées, mais reste « vigilant » sur le financement. Une prudence qui ressemble surtout à de la résignation.

Une vieille recette recyclée

La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, l’a confirmé : les entreprises devront s’acquitter d’une contribution « proportionnelle à la richesse créée ». Cela rappelle furieusement la « journée de solidarité » instaurée en 2004 avec le lundi de Pentecôte : un jour travaillé sans rémunération supplémentaire, financé par un prélèvement de 0,3 % de la masse salariale.

Aujourd’hui, la charge pourrait grimper jusqu’à 0,6 %, selon Michel Plon, représentant des petites entreprises. Une mesure peut-être tenable pour celles qui croulent sous les commandes, mais une menace directe pour toutes les autres.

Patrick Martin, président du Medef, résume la position patronale : « Si les entreprises doivent payer une contribution, cela n’a plus aucun intérêt pour elles. » Difficile d’être plus clair.

Si les entreprises doivent payer une contribution, cela n’a plus aucun intérêt pour elles.

Une logique budgétaire à sens unique

Le 15 juillet, François Bayrou a dévoilé un plan d’austérité massif : 43,8 milliards d’euros d’économies en 2026. Pour y parvenir, il envisage de geler les prestations sociales et les retraites, tout en maintenant les dépenses militaires.

Et pendant ce temps, la surtaxe exceptionnelle sur l’impôt des sociétés – appliquée en 2025 – ne sera pas reconduite. Un soulagement pour les grands groupes, qui contraste brutalement avec la pression imposée aux PME et aux citoyens.

Le Medef, lui, applaudit. Patrick Martin dit avoir une « lecture plutôt positive » des mesures, saluant tout ce qui « contribuera à augmenter la production ».

Une fois de plus, le gouvernement a choisi son camp. Celui des puissants qu’on épargne, et des classes moyennes et populaires qu’on presse jusqu’à l’os. Une vieille recette, toujours servie avec la même arrogance.

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