Le naufrage silencieux de l’enseignement
En mathématiques, 26 % des postes de professeurs sont restés vacants cette année.
Pour y remédier, il faut revaloriser la fonction sociale de l’enseignant, mais aussi remettre en cause le passage automatique en lycée général, argumente l’enseignante et élue LR, Valérie Rialland.
Pas d’embellie à l’horizon ! Des milliers de postes d’enseignants restent vides après les concours. Le métier d’enseignant en France ne fait plus envie.
Comment s’en étonner ? Nos professeurs subissent une triple peine : leur statut social s’est effondré, leur autorité dans les classes est sapée par des réformes, et les agressions verbales et physiques sont monnaie courante.
Un métier en ruine : entre mépris et épuisement
Le « pacte enseignant » devait inverser la tendance. Résultat ? Un échec, prévisible pour quiconque connaît la réalité du terrain. Les profs ne sont pas dupes de ces rustines administratives.
Dans les salles des profs, on ne parle que des inégalités, de la confusion sur les missions, et du sentiment d’être pris pour des idiots.
Cette valse de réformes finit par achever le moral des troupes. Chaque ministre veut laisser sa marque, détricotant ce que son prédécesseur avait mis en place. Les professeurs s’éloignent de leur mission.

Silence dans les rangs, l’autorité est priée de se taire
Nos dirigeants substituent l’affichage politique à l’ambition pour l’éducation. Ils sont forts pour les communiqués de presse, moins pour comprendre ce qui se passe dans les classes.
L’école, jadis lieu de savoirs, est devenue une zone de guérilla. Plus aucun prof ne peut exercer son autorité sans risquer de se faire lyncher.
Dans les quartiers difficiles comme dans les beaux quartiers, les enseignants marchent sur des œufs. Beaucoup pratiquent l’autocensure : gonfler les notes, éviter certains sujets, fermer les yeux sur des comportements limites. Par peur.
Le déficit dramatique de recrutement : disciplines et territoires sinistrés
Le gouvernement vante l’excellence de son système éducatif, mais les chiffres disent autre chose.
Les lettres classiques s’effondrent, un tiers des postes n’a trouvé aucun preneur. Le latin et le grec disparaissent des programmes, faute de professeurs. Les sciences ne sont pas épargnées : physique-chimie, allemand, disciplines techniques… Les taux de vacance sont alarmants.
Comment préparer nos jeunes aux défis de demain quand les disciplines fondamentales sont délaissées ?
Former des ouvriers ? Trop ambitieux pour la République
L’enseignement professionnel est sacrifié sur l’autel des économies budgétaires. Les concours CAPET et CAPLP perdent plus de 15 % de leurs postes. Ces filières, qui forment les artisans et techniciens, sont vitales. On les laisse mourir à petit feu.
La crise frappe partout, mais certaines régions sont à genoux. À Versailles, 475 postes non pourvus. À Créteil, 382. En Guyane, 85 % des postes restent vacants.
Comment s’étonner que le niveau s’effondre ?
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