Budget 2025 : François Bayrou propose de supprimer deux jours fériés pour faire des économies

Un effort national qui tombe sur les jours de repos

Le 15 juillet 2025, François Bayrou a dévoilé un plan de rigueur budgétaire d’une ampleur inédite depuis des décennies : 43,8 milliards d’euros d’économies sur cinq ans. Objectif affiché : ramener le déficit public à 2,8 % du PIB d’ici 2029 et stopper ainsi la progression de la dette française. Un plan présenté comme « un moment de vérité » par le Haut-commissaire au Plan, désormais en première ligne du redressement national.

Mais une mesure en particulier fait polémique : la suppression de deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai. Ces suppressions, selon Bayrou, permettraient d’économiser 4,2 milliards d’euros. L’idée reste « proposée », mais elle a immédiatement déclenché des critiques, tant sur le fond que sur la symbolique.

Un choix qui évite les sujets sensibles

Alors que le gouvernement promet un « effort collectif », aucune allusion n’a été faite à la question migratoire ou aux coûts induits par certaines politiques sociales controversées. À la place, ce sont les jours fériés qui sont visés, une mesure perçue comme facile et déconnectée des enjeux structurels.

Le lundi de Pâques, jour chrétien fort, et le 8 mai, date de la capitulation nazie, portent chacun un poids historique et culturel. Leur suppression serait un signal politique lourd : celui d’un pouvoir qui choisit de rogner sur les marqueurs de l’histoire et de la tradition nationale plutôt que de s’attaquer à des lignes de dépense plus sensibles.

Une logique comptable qui aggrave le fossé social

En supprimant des jours fériés, le gouvernement espère augmenter mécaniquement la production et donc les recettes. Mais cette vision strictement productiviste risque d’accentuer le ressentiment populaire, dans un contexte de défiance généralisée. Le signal envoyé est clair : ce sont les salariés, les familles, les citoyens ordinaires qui doivent payer l’addition, pendant que d’autres domaines restent intouchables.

Cette mesure arrive alors que la France traverse une crise sociale profonde, marquée par une inflation persistante, un service public affaibli, et une population de plus en plus sceptique sur l’utilisation de l’argent public.

Un plan d’économies à haut risque politique

En visant les symboles, François Bayrou cherche peut-être à marquer les esprits. Mais en touchant aux jours fériés, il prend le risque de cristalliser la colère sociale, dans un pays où ces journées de pause sont perçues comme des acquis fondamentaux.

Le pouvoir fait le pari d’un sacrifice accepté au nom de la rigueur. Mais il pourrait bien provoquer l’effet inverse : une nouvelle vague de contestation.

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