🔥 Les essentiels de cette actualité
- Oublié derrière le détroit d’Ormuz, le détroit de Bab el-Mandeb s’impose désormais comme le nouveau point chaud du conflit au Moyen-Orient, malgré ses 3 000 km de distance avec l’Iran.
- 75 % des exportations européennes transitent par ce passage stratégique reliant la mer Rouge au canal de Suez. Un chiffre vertigineux qui illustre ce qu’un blocage pourrait coûter au continent.
- Les Houthis, alliés yéménites de Téhéran, connaissent parfaitement cette zone. L’Iran menace d’y ouvrir un nouveau front, une perspective qui fait déjà peser une incertitude majeure sur le commerce mondial.
- La France et ses partenaires européens pourraient être directement touchés dans leurs capacités d’exportation et d’approvisionnement, par une crise dont la source se situe à des milliers de kilomètres.
Alors que les regards restent fixés sur le détroit d’Ormuz depuis le début du conflit au Moyen-Orient, un autre passage maritime s’impose désormais au cœur des préoccupations stratégiques : le détroit de Bab el-Mandeb. Situé entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, ce couloir de navigation figure parmi les plus fréquentés de la planète. Sa position géographique en fait un accès stratégique vers le canal de Suez, puis vers la Méditerranée.
La journaliste Nivin Potros rappelle l’éloignement de cette zone par rapport au théâtre principal des hostilités :
« Il est situé entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. C’est l’un des couloirs de navigation les plus fréquentés au monde parce qu’il permet de rejoindre le canal de Suez, puis, dans un second temps, la Méditerranée. On est très loin de l’Iran et à plus de 3 000 km du détroit d’Ormuz. »
Pourtant, malgré cette distance, le détroit de Bab el-Mandeb se retrouve désormais dans le viseur du conflit. L’Iran, face à la menace d’une intervention militaire américaine, a évoqué l’ouverture d’un « nouveau front » du côté de la mer Rouge. Les Houthis, rebelles yéménites alliés de Téhéran, connaissent intimement cette zone et pourraient constituer l’instrument de cette stratégie de déstabilisation.
Un passage vital pour l’économie européenne
Les chiffres rappelés par Nivin Potros donnent la mesure de ce que représenterait un blocage de ce détroit. Jusqu’en 2023, plus de 12 % du trafic maritime mondial empruntaient ce passage. Plus frappant encore : 75 % des exportations européennes y transitaient. Ce chiffre illustre à quel point la stabilité de cette route maritime conditionne directement l’économie du continent.
« En cas de blocage du détroit, l’accès au canal de Suez pourrait devenir totalement impossible. Jusqu’en 2023, plus de 12 % du trafic maritime mondial y passait. C’est même 75 % des exportations européennes. »
Ces menaces s’ajoutent aux tensions déjà perceptibles dans plusieurs secteurs économiques, alors que les conséquences du conflit au Moyen-Orient se font sentir bien au-delà de la région. Le simple fait que l’Iran agite la menace d’un blocage de Bab el-Mandeb suffit à faire peser une incertitude considérable sur les flux commerciaux mondiaux, en particulier sur ceux qui font vivre l’économie européenne.
La France, comme ses partenaires, se trouve ainsi exposée à des risques géoéconomiques majeurs, dont la source se situe à des milliers de kilomètres de ses côtes mais dont les effets pourraient se faire sentir très concrètement sur ses capacités d’exportation et d’approvisionnement.
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