Assurances et émeutes : SCOR alerte sur une France de moins en moins assurable

🔥 Les essentiels de cette actualité

  • SCOR alerte sur une France de moins en moins assurable face aux émeutes, un risque devenu structurel.
  • Thierry Léger identifie trois menaces majeures : changement climatique, digitalisation et polarisation sociale.
  • Les assureurs envisagent des restrictions, risquant une assurance à deux vitesses et une fracture territoriale.
  • SCOR appelle à une coopération avec l’État pour éviter que certains risques ne deviennent inassurables.

Trois risques majeurs pour la réassurance selon Thierry Léger

Dans une prise de parole relayée par Les Échos, Thierry Léger, directeur général du groupe de réassurance SCOR, a identifié trois menaces croissantes qui pèsent sur l’équilibre du secteur : le changement climatique, la digitalisation et la polarisation sociale. Ces risques, combinés, bouleversent les fondamentaux de l’assurance et fragilisent la capacité à couvrir certains événements, notamment en France.

Face à ces défis, le patron de SCOR plaide pour une politique de prévention plus ambitieuse, notamment sur le volet climatique, ainsi qu’un partenariat renforcé avec les autorités publiques. L’objectif : éviter que des risques aujourd’hui couverts ne deviennent progressivement inassurables.

Émeutes : un risque devenu structurel en France

Le constat de SCOR est sans appel : la France est aujourd’hui le pays le plus exposé au monde au risque d’émeutes, tant par leur fréquence que par leur coût pour les assureurs. Alors que dans la plupart des pays ces événements restent couverts, l’Hexagone se distingue par l’ampleur des sinistres et par une couverture qui devient de plus en plus difficile à maintenir.

« Plus de 40 000 véhicules sont incendiés chaque année », rappelle Thierry Léger.
« La situation a basculé avec les Gilets jaunes, puis les troubles en outre-mer. »

Des centaines de communes françaises peinent désormais à trouver une couverture assurantielle contre les émeutes. Ce phénomène inquiète fortement les réassureurs, dont la vocation est justement de couvrir les dommages matériels provoqués par de tels événements. Or, selon SCOR, ces biens sont de plus en plus perçus comme de simples dommages collatéraux, ce qui affaiblit leur protection effective.

Un désengagement progressif qui menace la stabilité

Alors que la guerre reste la seule exclusion quasi systématique dans les contrats d’assurance à l’échelle mondiale, les émeutes, elles, sont encore largement couvertes. Mais cette spécificité française pourrait changer. Le niveau de sinistralité est tel que les assureurs et réassureurs envisagent des restrictions, voire des exclusions progressives sur certains territoires.

Le message de Thierry Léger est clair : sans coopération avec l’État, certains risques ne seront bientôt plus assumés par le privé. Cela poserait une double menace : un risque de désassurance pour les collectivités locales et les entreprises, et une fracture territoriale aggravée dans les zones déjà vulnérables.

Vers une assurance à deux vitesses ?

Si les tendances actuelles se poursuivent, la France pourrait basculer dans un système à deux vitesses : des territoires bien couverts, et d’autres laissés à l’écart. Un scénario que SCOR souhaite éviter, en appelant à un sursaut collectif. Car au-delà du simple marché de l’assurance, c’est la résilience nationale face aux chocs sociaux qui est en jeu.

IMPORTANT - À lire

Les émeutes en France révèlent une polarisation sociale croissante et des territoires de plus en plus difficiles à assurer. Face à ces défis, les réassureurs appellent à un sursaut collectif pour éviter un système à deux vitesses.

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